CONSONNES
b v d z j ch II g
Fig. 16.
On remarque comment les signes qui expriment les voyelles nasales et les consonnes douces dérivent respectivement de ceux qui représentent les voyelles simples et les consonnes dures. Appliquons les règles de la sténographie élémentaire, à la phrase suivante de Pascal : « L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature ; mais c'est un roseau pensant ; il ne faut pas que l'univers entier s'arme pour l'écraser, une vapeur, une goutte d'eau, suffit pour le tuer; mais quand
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l'univers l'écraserait, l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu'il sait qu'il meurt; et l'avantage que l'univers a sur lui, l'univers n'en sait rien ». Cette phrase s'écrira :
« Lom né cun rozo lé plu fébl d la natur msé un rozo pansan ; il n fo pa c luniver antié sarm pour lécrazé un vapeur un gout do sufi pour 1 tué mé can luniver lécrazré lom sré an cor plu nobl c s ci 1 tu pars cil sé cil meur é lavantaj c. luniver a sur lui l'uni ver nan sé rien ».
En comptant le nombre de lettres composant les deux textes qui précèdent, on remarquera qu'il s'en trouve 285 dans le premier et 194 dans le second ; les voyelles nasales comptant chacune pour une seule lettre, on gagne déjà de cette manière plus d'un tiers sur l'écriture usuelle.
A cause de la simplicité des signes, on gagne un deuxième tiers, si bien que la sténographie qu'on vient d'exposer, de la phonétique exacte ou élémentaire, permet d'écrire trois fois plus vite que l'écriture ordinaire.
Ainsi qu'on le verra plus loin, au chapitre XIV consacré à la rapidité de l'écriture et de la lecture, ce n'est pas seulement trois fois, mais huit fois, la rapidité de l'écriture que doit obtenir le sténographe professionnel.
Une nouvelle augmentation de vitesse est obtenue par la suppression d'un certain nombre de voyelles.
Enfin, et en dernier lieu, des conventions permettent de remplacer des groupes de sons ou des mots entiers par des signes conventionnels ou sigles.
Il va sans dire que cette phonographie est loin de donner toutes les nuances de prononciation ; par exemple, il n'est fait aucune différence entre Yo et ô. Si je suis bien informé, d'après les travaux de M. Passy, un tableau phonographique complet comporterait plus de cent cinquante signes.
Je transcris ici de nouveau, à l'ordre près, les articulations d'Aimé Pâris telles qu'il les a combinées pour le français, en mettant les dérivés sous sa ligne type. Je transcris au-dessous les récapitulations analogues dressées pour plusieurs langues par les élèves d'Aimé Paris.
Cela donne le tableau suivant :