ÉVOLUTION DE L'ÉCRITURE MUSICALE
Le temps et les moyens me manquent pour rechercher les origines de l'Ecriture musicale dont l'usage est universel. Cette écriture, fondée sur la construction des instruments à archet où les cordes sont accordées de quinte en quinte, est le comble de l'absurdité quand on l'emploie pour le piano et surtout pour la musique vocale. Si l'on veut conserver la portée, il serait raisonnable de prendre, pour le piano, la double portée de trois lignes du célèbre général de Reffye, où, chaque portée recevant sept notes, on écrit, sans lignes supplémentaires, deux octaves pour chacune des mains. Il en résulte la suppression des clefs et, pour les commençants, une facilité de lecture incomparable.
Deux portées de trois lignes chacune pour la main gauche donnent deux octaves dont l'écriture est identique (Fig. 17)>et il en est de même pour la main droite.
Fig. 11.
La routine de l'écriture musicale a résisté aux efforts de J.-J. Rousseau, de Galin, de Paris, de Chevé et de leurs successeurs.
Pour la musique vocale, J.-J. Rousseau avait proposé une notation modale, c'est-à-dire que le même signe était constamment employé pour désigner la même fonction dans la gamine, le chiffre 1, par exemple, représentant toujours la tonique, 3 la médiante et 5 la dominante. L'inconvénient de ce système est de ne pas donner un aspect synoptique, incon-
vénient réel, quand il s'agit de lire simultanément plusieurs parties.
Pour la musique vocale et surtout pour son enseignement populaire, les avantages du système Galin-Pâris-Chevé l'ont fait adopter avec le plus grand succès, partout ailleurs que dans son pays d'origine.
La figuration des durées, telle qu'elle est employée par la méthode Galin-Pàris-Chevé, n'a pas été sans influence en ce qui concerne les améliorations que l'écriture sur la portée a subies depuis bientôt un siècle.
L'écriture chiffrée de la musique a servi de point de départ à la musicographie Braille employée par les aveugles.
Dans l'introduction dont les continuateurs modestes et anonymes de Rousseau, Galin, Paris et Chevé ont fait précéder leur ouvrage : L'instituteur et l'élève musiciens,- ils s'expriment ainsi (1) :
Nos maîtres vénérés, Jean-Jacques Rousseau, Pierre Galin, Aimé Paris, Nanine Chevé, ont débrouillé le chaos introduit petit à petit dans le système assez rationnel des maîtres musiciens du moyen âge; ils ont fait de la langue et de la notation musicales un idéal de perfection logique, de son enseignement une splendeur pédagogique qui n'est atteinte dans aucune autre branche et qui devrait être imitée dans toutes.
Voici quelques indications sommaires sur la notation Galin-Pâris-Chevé :
Principe. — Chaque idée est toujours représentée par le même signe clair et précis. Le même signe représente toujours la même idée.
I. Intonation. — La série des sept sons de la gamme est représentée par les sept premiers chiffres. On ajoute un point au-dessus des chiffres pour l'octave supérieur, au-dessous pour l'octave inférieur.
Sons graves
On les nomrîie :
Sons du médium
ut ou do, ré, mi, fa, sol, la, si Fig. 18.
Sons aigus
(1) L'instituteur et l'élève musiciens, cours préparatoire en 12 clefs, précédé d'une instruction générale, prix : broché in-8, 0 fr. 50 ; cartonné, 0 fr. 75, 3e édition, Lefargue et O, 25, rue de Lille, Paris, et 46, rue de la Madeleine, Bruxelles.