VII. — OPTIQUE DE L'ŒIL
l'impossibilité où ils se trouvent de bomber d'une manière permanente leur cristallin pendant la lecture. Mais, par ce moyen, le parcours de l'accommodation se trouve déplacé ; en même temps que le punctum proximum est ramené à une distance suffisamment petite, le punctum remotum, qui était à l'infini pour l'œil nu, se trouve également rapproché, de telle sorte que le presbyte est obligé de regarder par-dessus ses lunettes quand il veut voir nettement les objets lointains.
L'augmentation de la presbytie ne suit pas un cours plus rapide chez les personnes qui se servent de verres suffisants que chez celles qui, sous l'influence d'un préjugé populaire, s'obstinent à lutter et à faire usage de verres trop faibles. Des maux de tête, des conjonctivites et peut-être même des glaucomes, résultent des efforts exagérés d'accommodation que certains presbytes imposent à leurs yeux, par crainte de recourir aux lunettes en temps utile.
Quelques personnes évitent d'augmenter la force de leurs lunettes quand le besoin s'en fait sentir, par crainte de ne plus trouver de verres assez forts quand elles seront vieilles ; mais cette crainte est chimérique.
Myopie. — Tandis que l'œil emmétrope mesure environ 22 millimètres d'avant en arrière, l'œil myope est plus long, et le degré de son élongation peut servir de mesure au défaut de cet œil. Chaque millimètre d'élongation correspond à peu près à trois dioptries (1). Nous dirons que la myopie légère résulte d'un allongement inférieur à 1 millimètre ; une augmentation de longueur comprise entre 1 et 2 millimètres
(1) L'umfé de réfraction, nommée dioptrie, est donnée par une lentille convexe dont la distance focale principale est d'un mètre. L'action réfringente variant en raison inverse de la distance focale, il en résulte le tableau suivant, qui donne la concordance entre les dioptries D, les distances focales F et les verres de commerce numérotés d'après leurs rayons de courbure en pouces, P :
D = 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12. . 20 F = lm 0.5 0.33 0.25 0.2 0.166 0.14 0.125 0.11 0.1 0.09 0.083 . 0.05 P = 40 20 13 10 8 6 | 5f 5 4 4 3 ^ 3 1 . 2
La même unité sert pour mesurer les défauts optiques de l'œil ; par exemple, une myopie de quatre dioptries est celle d'un œil dont la vue distincte est bornée à 25 centimètres et dont la correction exige un verre concave de 10 pouces.
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constituera la myopie moyenne ; la myopie forte répondra à un allongement de 2 à 3 millimètres ; une déformation plus marquée constituera la myopie grave ; en d'autres termes, ces quatre classes sont délimitées par les chiffres de trois, six et neuf dioptries.
La myopie a pour premier effet de nuire à la vision nette des objets lointains, dont les images viennent se peindre en avant de la rétine, à une distance d'autant plus grande de cette membrane que la myopie est plus forte ; pour voir distinctement, le myope doit s'approcher des objets. Pour la myopie légère, le point le plus éloigné de la vision distincte est au-delà de 33 centimètres ; pour la myopie moyenne, il est compris entre 33 et 17 centimètres, et enfin, chez les personnes affectées de myopie excessive, le point le plus éloigné de la vision distincte est distant de moins de 11 centimètres. Tout ceci ressort de la comparaison des trois lignes de chiffres du tableau très important contenu dans la note de la page précédente.
De même que les verres convexes permettent aux presbytes devoir nettement en deçà de leur punctumproximum, les verres concaves donnent» aux myopes la possibilité de distinguer les objets situés au-delà de leur pimctum remotum ; mais tandis que les presbytes sont obligés de quitter leur besicles pour voir au loin, les jeunes myopes peuvent voir d'assez près à travers les lunettes qui corrigent leur myopie et qui ont pour effet d'éloigner de leurs yeux tout le parcours de la vision distincte.
Supposons qu'un myope porte d'une manière permanente les lunettes correctrices exactes de son défaut, il cessera de pouvoir distinguer les objets voisins, précisément à l'âge où les emmétropes deviennent presbytes. Au lieu de mettre, pour lire, des lunettes convexes par-dessus ses lunettes concaves, il sera conduit à quitter ses lunettes ou à en prendre de plus faibles pour le travail, et ce fait a donné naissance au préjugé d'après lequel les yeux myopes s'amélioreraient avec l'âge. Ce n'est pas la myopie qui a diminué, c'est le parcours de l'accommodation ; en d'autres termes, le punctum proximum s'est éloigné sans qu'il y ait eu déplacement du remotum.
Par suite de la diminution sénile du parcours d'accommodation, il peut arriver qu'un myope devienne presbyte, sans