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VII. — OPTIQUE DE L'ŒIL

sives de la manœuvre de l'instrument d'Helmholtz, nous fûmes conduits à y introduire successivement divers changements dont le succès nous amena graduellement à faire construire, par l'habile opticien Laurent, un ophtalmomètre (Fig. 30) si pratique qu'en une journée nous eûmes la joie d'effectuer plus de mensurations d'astigmatisme qu'il n'en avait été fait en vingt-cinq ans par les nombreux observateurs qui ont employé l'ophtalmomètre primitif. — D'autre part, progrès non moins utile, un procédé d'examen de l'œil, imaginé par le médecin militaire Cuignet, a été perfectionné et introduit dans la pratique courante par le Dr Parent, de Paris, sous le nom de skiascopie. Grâce à ces deux procédés : ophtalmométrie et skiascopie, tout oculiste doit reconnaître facilement l'existence de l'astigmatisme, en évaluer aisément l'importance, et savoir s'il doit procéder à une mesure subjective au moyen du cadran horaire (Fig. 31), que j'emploie à cet effet, depuis 1865, avec mon optomètre (Fig. 32).

L'introduction de la mesure de l'astigmatisme dans la pratique quotidienne est un bienfait.

Il importe, en effet, de remarquer que, dans l'ordre naturel des choses, les yeux ont une force de résistance tout à fait extraordinaire ; les personnes qui ont une bonne vue peuvent travailler indéfiniment, de jour et de nuit, sans aucune fatigue et sans aucun inconvénient pour leurs yeux, et elles peuvent continuer ainsi jusqu'à l'âge le plus avancé, sans autre condition que d'avoir à prendre des verres convexes quand elles deviennent presbytes. Il n'en est plus de même pour celles dont la vue est défectueuse : leurs yeux, sous l'influence de la fatigue, refusent plus ou moins le service ou contractent des inflammations qui résistent à tous les collyres, mais qui disparaissent comme par l'emploi de verres appropriés; or, parmi ces verres, les cylindriques tiennent le premier rang, car c'est l'absence d'astigmatisme qui caractérise un œil régulièrement construit. Tou-

r enchantement

tes les fois qu'une personne se plaint de sa vue, s'il ne s'agit pas du retentissement d'une maladie générale de l'organisme ou d'une maladie infectieuse, il faut rechercher l'astigmatisme.

Fig. 32.

La qualité d'un œil est si bien liée à son astigmatisme qu'on peut affirmer presque à coup sûr, chez les strabiques, la présence d'un astigmatisme plus fort sur l'œil dévié que sur l'œil sain.

On peut lire dans certains auteurs qu'il existe dans la plupart des yeux sains un astigmatisme normal ou physiologique dont il est inutile de tenir compte; c'est aussi faux que si l'on parlait d'un emphysème normal ou d'une insuffisance

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