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VII. — OPTIQUE DE L'ŒIL

presbytie ou l'hypermétropie et l'autre surface suivant une forme cylindrique, qu'on choisira convexe ou concave, selon les cas.

C'est un physiologiste hollandais Donders, vulgarisateur de premier ordre qui, s'inspirant d'un travail de Helmholtz, révéla au monde médical, vers 1860, l'existence de l'astigmatisme et l'utilité des verres cylindriques. Avant cette époque, quand un consultant leur semblait avoir besoin de lunettes, les oculistes l'envoyaient se pourvoir chez un opticien. Actuellement, les oculistes mesurent eux-mêmes, tant bien que mal, les défauts optiques de l'œil, et on en cite, en Amérique, pour qui cette occupation constitue la part principale de leur activité professionnelle.

En Amérique, la précision apportée à ce travail n'a pas cessé d'augmenter sous la pression de clients méfiants qui consultent de plusieurs côtés, jusqu'à ce que deux oculistes leur aient délivré des prescriptions dont les chiffres soient identiques.

En Amérique aussi, nous voyons apparaître une organisation qualifiée de retour en arrière par les oculistes et qui constitue, à mon avis, un progrès considérable : on voit surgir de toutes parts des cours à l'usage des commis opticiens, où on leur enseigne à mesurer la réfraction oculaire et à fournir au public des verres et des montures convenablement adaptés.

Dans l'intérêt du plus grand nombre, il me paraît désirable de voir arracher le monopole de ce travail minutieux aux médecins qui, nécessairement, font payer le public, en raison de leur position sociale et de leurs études antérieures dont l'utilité est nulle, dans l'espèce.

Si l'emploi des verres correcteurs de l'astigmatisme est encore infiniment loin d'avoir pris l'extension désirable, cela tient surtout aux applications inexactes qui en sont faites journellement : les mesures, surtout les mesures d'angles (1), se font, le plus souvent, avec une inexactitude déplorable. Rien d'étonnant si le client, pourvu de verres cylindriques

(1) Il serait urgent qu'un accord international intervînt pour uniformiser la notation de l'angle des verres cylindriques. Voir, à ce sujet, Annales d'oculistique, 1902, t. CXXVII, p. 10, dans mon article sur la vérification des ophtalmomètres.

mal adaptés et par cela même inutiles ou même nuisibles, jette le discrédit sur toute cette affaire de l'astigmatisme.

La situation changera du tout au tout quand le monde sera doté, par centaines de mille, de modestes praticiens moins avares de leur temps qui, dans les boutiques des opticiens, feront avec soin et pour un prix modéré une besogne infiniment utile.

Anisométropie . — Il est rare que les deux yeux d'une même personne soient suffisamment identiques pour qu'on ne puisse trouver entre eux une différence mesurable, mais cette différence est généralement assez faible pour être pratiquement négligeable. On peut classer les anisométropes en trois catégories, suivant que leur anisométropie est accidentelle, naturelle ou acquise.

Dans la première catégorie nous mettrons, par exemple, les personnes dont l'un des yeux a été plus ou moins mutilé par un traumatisme, une opération, une affection aiguë.

Les anisométropes de la seconde catégorie, qui constituent l'immense majorité du genre humain, sont ceux, j'insiste sur ce point, dont l'astigmatisme n'est pas exactement le même aux deux yeux. La différence est généralement légère, et chez la plupart des sujets, elle n'est bien démontrable que depuis les derniers progrès de l'ophtalmométrie. Il est impossible de mesurer quelques centaines de cornées sans être frappé de la concordance extrême entre les rayons de courbure des deux yeux de la même personne. Quand il n'y a pas d'astigmatisme, ou qu'il est le même des deux côtés, les mensurations des rayons de courbure concordent à un cinquantième de millimètre près.

Enfin, dans la troisième catégorie, nous rangeons les personnes dont les yeux ont subi des modifications par le temps : celles par exemple dont l'un des yeux est devenu myope, l'autre étant resté hypermétrope ou emmétrope, ou bien encore les sujets dont la myopie des deux yeux est devenue inégale par suite de renonciation à la vision binoculaire pendant la lecture.

Pour compléter ce chapitre relatif à l'optique de l'œil, je reproduis ici une communication que j'ai faite, en présence de M. Helmholtz, dans la section de physiologie au Congrès international des sciences médicales, tenu à Berlin en 1890.

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