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VII. — OPTIQUE DE L'ŒIL

Sur les réglages optiques de l'œil. — Il y a plus de vingt ans que, parlant des imperfections optiques de l'œil, M. Helmholtz, dans une boutade restée célèbre, disait :

<( En présence d'un opticien qui voudrait me livrer un instrument entaché de pareils défauts, je me sentirais parfaitement autorisé à refuser son ouvrage, et à accompagner mon refus des expressions les plus dures ».

Je n'ai pas reçu mission de plaider les circonstances atténuantes en faveur de l'opticien, mais je voudrais dire, à sa décharge, que son œuvre est mieux agencée qu'on ne pouvait le croire il y a vingt ans, et c'est précisément par 1 emploi des méthodes créées par M. Helmholtz que je suis arrivé à cette conviction.

Tous ceux qui se servent d'instruments de précision ne demandent pas à l'artiste de leur fournir des instruments parfaits. Ils préfèrent, avec raison, des instruments munis de moyens de réglage.

Dans mon opinion, les réglages sont nombreux dans l'œil ; je n'en citerai aujourd'hui que quatre, deux sphériques et deux astigmatiques.

Réglages sphériques. — Vous connaissez tous le réglage intermittent, qui constitue l'accommodation. — Il existe dans l'œil un second réglage sphérique, producteur de la myopie, qui fonctionnait avant l'an de grâce 1299, date de l'invention des lunettes convexes, et dont on pourrait se passer aujourd'hui.

Grâce à ce réglage, un très grand nombre de personnes qui font emploi de leurs yeux pendant leur jeunesse pour examiner de petits objets, deviennent myopes précisément autant qu'il convient pour pouvoir continuer leurs travaux jusqu'à l'âge le plus avancé. En général, ce réglage fonctionne d'une quantité rigoureusement égale pour les deux yeux. — Quand il dépasse le but et aboutit à une myopie excessive, il faut souvent en accuser quelque oculiste ou opticien maladroit.

Réglages astigmatiques. — Ici encore un réglage intermittent et un réglage permanent.

Le réglage intermittent, annoncé d'abord par Dobrowolsky, est connu sous le nom d'accommodation astigmatique du cristallin; son existence est affirmée maintenant par presque tous les oculistes qui font usage de mon ophtalmomètre.

J'arrive enfin au point nouveau de ma communication. — On appelle astigmatisme cornéen direct celui où le plus petit rayon de courbure de l'œil est vertical. — Je crois (je n'ose pas encore affirmer) que l'ouvrier de la première heure, désespérant de faire un œil qui fût et restât toujours d'une réfraction homocentrique, a construit cet organe avec un astigmatisme direct, mais avec une résistance moindre dans le méridien vertical, ce qui rend possible d'effacer cette astigma-

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tisme par le moyen d'une augmentation de pression intraoculaire.

Première présomption. — Le Dr. Bull, en ophtalmométrant une fillette dont j'avais soumis l'œil droit à une occlusion permanente pendant plus d'un an, trouva que l'astigmatisme direct de cet œil avait augmenté d'une quantité très supérieure aux erreurs possibles de mesure, tandis que celui de l'œil gauche n'avait guère changé. J'ai relevé depuis, dans mes livres, plusieurs observations analogues, et j'ai constaté avec certitude depuis la suppression de la louchette, une diminution dans l'astigmatisme de l'œil mesuré par M. Bull.

Deuxième présomption. — MM. Martin, à Bordeaux, et Pfalz, à Kœnigsberg, ont constaté simultanément, par des mesures ophtalmométriques, la fréquence de l'astigmatisme inverse chez les glaucomateux, et Martin a même pu constater une coïncidence entre l'augmentation de pression intraoculaire et cet astigmatisme.

On est donc tenté d'admettre que, chez les glaucomateux, l'appareil de réglage dépasse le but.

Enfin, M. Eissen a constaté, sur des yeux de lapins, des transformations dans le sens de l'astigmatisme et ses belles expériences paraissent tout à fait concorder avec les observations de Martin.

Les travaux anatomiques de M. Hocquart sont venus confirmer déjà mes hypothèses sur l'accommodation astigmatique du cristallin. La parole est à l'observation des malades pour voir ce qui en est du réglage astigmatique de la cornée.

Pour terminer, j'ajouterai que l'œil présente probablement d'autres réglages encore : il est présumable que la combinaison de la forme de la cornée et de la contraction de la pupille joue un rôle dans l'aplanétisation de l'œil pour diverses distances. Malgré les admirables travaux de nos devanciers, toute cette optique de l'œil offre encore aux chercheurs des problèmes du plus haut intérêt, et il est fâcheux que son étude ait été quelque peu négligée, sous l'influence de l'admiration légitime inspirée par les travaux de M. Helmholtz et que, dans leur modestie, les contemporains ont eu le tort de considérer comme définitifs.

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