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VIII. DE LACUITÉ VISUELLE

pas exactes, rien ne nous oblige à conserver les caractères de forme tout au moins insolite dont s'est servi notre éminent confrère. Nous n'hésiterons pas un instant à choisir les capitales antiques, moins à cause de leur facile exécution, que pour adopter celui de tous les types qui est le moins exposé aux caprices de la mode (Fig. 33). Parmi les antiques, nous choisissons un TYPE CARRÉ et non pas un TYPE ALLONGÉ qui serait moins classique. On verra plus loin que le choix de lettres de ce genre était utile pour obtenir des échelles peu influençables par les variations de l'éclairage.

3° Point de départ. — Le n° 1 figure 33 de Snellen mesure une hauteur de lmm,5 et est formé de traits de 0mm,3, et l'on dit que l'acuité normale est celle d'un œil qui lit le n° 1 à un mètre. — Il faut bien nous expliquer ici sur ce qu'on aurait dû entendre par acuité normale. En effet, M. Snellen a pris pour acuité normale ce que nous appellerions plus volontiers acuité moyenne. Une comparaison fera immédiatement saisir la différence qui existe entre ces deux expressions : la durée de la vie moyenne pourra être de trentecinq ans dans un pays où la durée de la vie normale serait peut-être du double.

En regard de la table de Snellen, réduite au cinquième pour être observée à un mètre, je reproduis une table faite également pour être observée à un mètre (Fig. 33). La dernière ligne de cette table est distinguée à un mètre par une vue excellente, l'avant-dernière, à la même distance, par une bonne vue. La troisième ligne (en remontant) dont les lettres ont un millimètre 4 dixièmes de haut et sont formées de traits épais de 0mm35, sont de la même lisibilité que la dernière ligne de la table de Snellen.

Ainsi les personnes qui lisent à un mètre la dernière ligne du nouveau tableau ont une acuité double de la normale de Snellen.

On verra plus loin les relations entre les grandeurs des lettres et les carrés figurés entre ce tableau et celui de Snellen.

Nous admettrons donc qu'une bonne vue peut lire à la distance d'un mètre des lettres capitales antiques hautes d'un millimètre et formées de traits épais d'un quart de

millimètre, dont on peut voirie spécimen, deuxième ligne en remontant de la nouvelle échelle, lettres identiques à celles du groupe jy de la figure 34 ci-dessous.

IVTOH

- YHATMLFNYP 1 UTXVDPOTZL

- TO A M DH TQ * VH TU LF HV

VH

Fisr. 34.

Les lettres de cette figure mesurent respectivement 8 ; 4 ; 2,1 et 0,5 millimètres de haut et les traits ont 4; 2 ; 1 ; 0,5; 0,25; 0,125; 0,0625 millimètres d'épaisseur. Il en résulte que toutes les lettres d'une même horizontale sont de même grandeur et que toutes celles d'une même verticale sont formées de traits de même épaisseur.

Nous ferons observer que les lettres de la file oblique

YH TO

commençant par V continuant par y-p puis etc.,

sont semblables dans le sens géométrique du mot ; les traits ont une épaisseur égale au quart de la hauteur de chaque lettre ; en un mot, dans toute cette file oblique, les lettres sont comme des réductions photographiques successives d'un type unique.

Théoriquement, l'acuité visuelle, au lieu d'être inversement proportionnelle à la grandeur linéaire des plus petites lettres distinguées, est en réalité inversement proportionnelle

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