‹ Physiologie de la lecture et de l'écritureChapitre 73 sur 147 · XIII. — LE MÉCANISME DE LÉCRITURE · texte numérisé non relu

XIII. — LE MÉCANISME DE LÉCRITURE

rable à la rapidité de l'écriture, car la rotation de l'avantbras se fait graduellement, sans exiger le moindre temps, tandis qu'il se produit nécessairement un arrêt quand on déplace le bras en totalité pour mener la plume tout le long de la ligne. Un autre avantage de ce système, c'est que la rectitude de la ligne se conserve, pour ainsi dire, automatiquement; avec le coude bien appuyé, rien n'est plus facile que d'écrire des lignes parfaitement régulières avec les yeux fermés.

L'emploi du coude comme pivot entraîne d'autres conséquences. — La première est la position oblique du papier, qui est adoptée par tous les écrivains rapides, la diagonale qui joint l'angle supérieur droit à l'angle inférieur gauche de la feuille se trouvant à peu près perpendiculaire au bord de la table. — La seconde est la pente de l'écriture; du moment que la ligne qu'on écrit est perpendiculaire à l'avant-bras, les mouvements du poignet produisent forcément une pente qui serait supérieure à 45°, si les mouvements des doigts et le mouvement de translation de la main ne venaient pas l'atténuer très notablement, surtout pour les pleins.

La méthode graphique permet d'analyser les mouvements de l'écriture; mettez au poignet et au petit doigt de l'écrivain un bracelet et une bague munis chacun d'un crayon. Pendant que sa plume trace l'écriture, qui est une résultante, ces crayons tracent sur le même papier les mouvements de l'avant-bras et de la main, qui en sont deux composantes.

Avec la position du bras et du papier telles que nous venons de les décrire, les pleins viennent naturellement prendre une position à peu près perpendiculaire au bord de la table. Il en résulte que, pour écrire sans pente, l'écrivain habile qui se tient comme nous avons dit, n'a qu'à mettre la feuille droit devant lui : aussitôt les mouvements du poignet dont nous avons parlé cesseront de produire la pente et, sans aucun apprentissage, il écrira droit avec une assez grande rapidité et tout à fait involontairement ; la seule difficulté, c'est que pour chaque mot et même plusieurs fois dans le courant d'un mot un peu long, il devient nécessaire de déplacer l'avant bras, et, par conséquent, le bras, vers la droite, sous peine de tracer des lignes montantes, comme le font bien des personnes qui s'obstinent à tenir leur papier droit devant elles, ainsi qu'on le leur a enseigné dans

Page 1