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acte seulement intellectuel, c’est aussi un acte volontaire

Que si de ces relations ou plutôt de cette union des phénomènes intellectuels proprement dits avec les phénomènes de l’ordre affectif, moral et volontaire, on passe à l’union, à la solidarité des premiers de ces faits entre eux , on arrivera , sur ce point , à des résultats identiques, et, s’il se peut, encore bien plus manifestes. Pour en douter, il ne faudrait jamais avoir réfléchi à ce que sont ces phénomènes de l’entendement.

Au delà de la perception, ou plus exactement, de la sensation, dans laquelle encore il est si difficile de séparer la passivité de l'activité, il n’est aucune des manifestations intellectuelles proprement dites pui puisse se concevoir sans les autres. Le rappel des idées suppose leur perception et leur distinction et même leur jugement; la conception et la composition imaginative des idées, ou, plus brièvement, l’imagination, suppose au moins aussi et leur distinction et leur rappel, et, pour ce qui est de l’imagination inventrice, la perception, le prononcé de leurs rapports, c’est-à-dire le jugement; le jugement, à son tour, suppose et nécessite et la perception et la distinction et le rappel, et même, pour être plus parfait, l’imagination. Ainsi il se fait un perpétuel mélange, une perpétuelle combinaison de tous les actes intellectuels, et par conséquent de toutes les facultés auxquelles on les rapporte; mélange tel que nous ne pouvons pas, pour peu que nous y réfléchissions, concevoir la chose autrement. Et tout cela, toute cette soli-

NATURE

darité, ce mélange n’est pas dans la succession de cause à effet, de condition à résultat, d’une de ces manifestations psychiques à l’autre. 11 est dans l’état instantané, actuel, qui constitue chacune d’elles. Aussi ne faut-il pas s’étonner, non-seulement de la divergence radicale de tous les systèmes de psychologie, en ce qui est de la détermination des faits et des pouvoirs intellectuels, mais de l’importance médiocre, qu’une fois les grands principes et les grands traits admis, ont attachée le? plu; grands philosophes aux classifications psychologiques.

Parmi ces philosophes pourtant, quelques-uns, pardessus les autres, ont cru devoir établir une différence, une ligne de démarcation profonde, entre la dernière des grandes facultés de l’âme, la volonté , ou les acte? qu’elle représente, et ce qu’il semble y avoir de plus voisin d’elle, les désirs et les passions. Cette différence, personne ne saurait la nier ; cette ligne de démarcation, il n’est pas possible de l'effacer. Il importe toutefois de remarquer que ces désirs , ces passions, qui sont de? mobiles d’action, et des mobiles parfois bien puissants et bien redoutables, n’atteindraient jamais leur but, si la volonté, soit libre, soit abusée, ne joignait, dans une association souvent très-étroite, son action a la leui , à ce point qu’on a pu, plus d’une fois, la confondre a"sec eux et eux avec elle. Cette dernière opinion, cette erreur, a été celle de philosophes, d’ailleurs éminents, et par exemple de Descartes. Le désir et la volonté ne leur ont pas paru différer dans leur essence. Ils n’y ont vu que deux degrés ou deux modes de l’action d une même fa-

ET DIFFICULTES DU SUJET

eulté ; prouvant, ainsi une fois de plus, par leur erreur même, la vérité du principe du mélange et de la complexité des phénomènes de l’intelligence.

Or, et c’est là où j’en voulais venir et où aboutit toute cette discussion, c’est en présence de cette nature de la pensée, en présence de cette union, de cette solidarité des faits de toute sorte qui la constituent, faits sensitifs, intellectuels, volontaires, en présence par conséquent de l’indétermination des facultés qu’on lui attribue, que doit être tentée, sinon faite, la détermination des conditions organiques , qui, dans le corps qu’elle anime, sont corrélatives à ces faits et à ces facultés. 11 n’était pas possible, on doit le voir, d’entreprendre une pareille tâche sans l’avoir ainsi préparée. Mais on doit aussi le voir, ou plutôt le pressentir, cette préparation n’est pas suffisante. Malgré cette indétermination naturelle des faits et des pouvoirs de l’intelligence, il est nécessaire de rechercher quelle est approximativement la meilleure division à en faire, quant aux rapports à établir entre eux et les conditions organiques de leur manifestation ou de leur exercice. Peut-être même que, d’un point de vue général, ce ne serait pas le plus mauvais moyen de mettre un peu plus d’exactitude et de vérité dans ces systématisations difficiles dont l’esprit est le sujet. C’est dans ces considérations que devra trouver place l’étude de cette partie de la nature morale de l’homme qui a les relations les plus directes avec certaines parties, au moins, de sa constitution physiologique. Je veux parler de ces appétits, de ces instincts, de ces penchants, de

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ccs passions, do ces aptitudes, qui, pour De&caites comme pour Aristote , pour ficid comme poui Cabanis, forment une division si importante de 1 ensemble psychologique, et, dans leurs rapports avec 1 organisation, y occupent peut-être un rang analogue à celui des ~ens et des sensations externes.

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