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Traité de physiologie, 1839, t. 1, p

Enfin, et tout récemment, M. Flourens, enchérissant sur M. Longet et sur lui-même, donne, comme suprême résultat de ses dernières expériences, la détermination du siège du centre respiratoire à la pointe du V de substance grise de la moelle allongée, dans une étendue d un millimètre tout au plus C’est là, comme le remarque M. Longet, un point presque mathématique, au delà duquel il n’y a plus évidemment que zéro. Il est donc probable que nous possédons, sur cette question, le dernier mot de la physiologie expérimentale 1 2.

En cherchant à déterminer les conditions nerveuses, diverses, concordantes et de plus en plus essentielles de la fonction respiratoire, les physiologistes et surtout les physiologistes expérimentateurs, n’ont pas pu ne pas se préoccuper de la seule chose qui, ici, nous occupe, le

1. Note sur le point vital de la moelle allongée. (Comptes rendus des séances de l’Académie des sciences de Paris, octobre 1851, p. 437.)

2. Je me trompais , ce n’était que l'avant-dernier mot de cette science, représentée ici encore par M. Flourens. Le nœud, le point vital, a, suivant cet illustre physiologiste, plus d’étendue qu’il ne lui en reconnaissait en 1851 : « Ce nœud, dit-il, est double, c’est-à-dire formé de deux parties ou moitiés réunies sur la ligne médiane, et dont chacune peut suppléer Fautre. Pour que la vie cesse, il faut que les deux moitiés soient coupées, et toutes deux dans la même étendue , dans une étendue de deux millimètres et demi chacune : pour les deux et en tout, cinq millimètres. Une section transversale de cinq millimètres dans un point de la moelle allongée (c’est-à-dire passant sur le milieu du V de substance grise), voilà tout le peu qu’il faut pour détruire la vie. » (, Nouveaux détails sur le nœud vital. — Comptes rendus des séances de l’Académie des sciences, 24 novembre 1858.)

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besoin, l’acte sensitif qui est au fond de cette fonction. Ils n’ont pas pu même , de temps à autre, ne pas se demander quelle est, parmi ces conditions nerveusesres piratoires , la condition plus précisé , plus centi ale de cet acte psychologique. Mais ils 1 ont fait, la plupart du temps , il n’y a pas moyen de le nier, d’une façon incomplète, insuffisante, contradictoire, qui tient d abord à ce que la plupart du temps aussi ils se sont aventurés, armés à la légère, à la discussion d’une question de cette nature , qui tient ensuite et surtout au sens vicieux et louche que presque tous donnent au mot de sensibiüté, de sensation , quelquefois même de perception.

Il n’y a, en effet, presque pas un physiologiste, et j 'ai déjà donné de cette allégation de nombreuses preuves, il n’y a presque pas un physiologiste qui , quand il arrive au système nerveux , quelquefois même quand il est encore dans le tissu musculaire, substituant la sensibilité à l’excitabilité , à la vie , ne parle de sensibilité sans sentiment, sans conscience, de parties, de nerfs et même de moelle épinière et allongée, qui sentent sans que rien l’annonce au moi, sans que le sujet s en aperçoive, d’impressions qui sont des sensations, de sensations qui, à leur tour, sont des impressions, et auti es confusions de ce genre.

Or, ce que les physiologistes ont fait à peu piès partout, ils n’ont pas manqué de le faire à propos de 1 acte et du besoin respiratoire ; c’est-à-dire quils n ont pas manqué d’en placer le siège dans des parties du système

nerveux auxquelles la plus simple analyse ne permet pas d’attribuer cette prérogative.

Tantôt ce sont les nerfs qui ont été, ou à peu de chose près, le siège ou la condition de cet acte ou de ce besoin. C’est là au moins ce qu’il serait très-facile de faire sortir d’un grand nombre d’énoncés physiologiques sur le besoin et la sensation respiratoire , et , par exemple , de ce qu’en disent Rolando1, Broussais 2, Marshall-Hall3, M. Claude Bernard 4, et autres physiologistes.

Tantôt, comme à tous les autres instincts5, on a pu donner à cet instinct de la respiration pour condition ou pour point de départ les ganglions du système nerveux de la vie organique, en d’autres termes du grand sympathique, et particulièrement ceux des portions cervicale et thoracique de ce système, qui concourent à la formation des plexus pulmonaires.

Tantôt cette condition, ce siège , a pu être la moelle épinière. La sensibilité, la conscience des impressions a, en effet , été attribuée à ce centre médullaire, même

1. Archives générales de médecine, 2e année, 1824, t. V, p. 126.

2. Traité de physiologie, appliquée à la pathologie, 1834, t. I,

3. Mémoire sur la moelle épinière proprement dite et sur un système de nerfs excito -moteurs , dans les Annales des sciences naturelles, 2e série, t. VII, p. 321 et suiv.

4. Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveux, 1838, t. I, p. 321 et passim.

5. Virey, art. Instinct, du Dictionnaire des sciences médicales. — Dubois (d’Amiens), De l'Instinct, dans les Mémoires de l’Académie de Médecine, 1833, t. II, p. 292.

dans la théorie du pouvoir excito-moteur ou réflexe, par une partie des physiologistes qui l’ont prise pour sujet de leurs expériences ou ont parlé de ses fonctions et de ses maladies. Prochaska n’étendait-il pas jusque dans cette partie du système nerveux central le siège du sensoriurn commune 1 et d’un sensorium commune pei cevant2? Et M. Calmeil n’a-t-il pas été amené, par le résultat de ses expériences, à avoir l’air au moins d’admettre quelque chose de cette opinion 3 ?

D’autrefois et plus habituellement le siège du besoin respiratoire a été la moelle allongée dans le point précis que M. Flourens a regardé comme le nœud de la respiration, de la vie, et même de la sensation. C’est là l’opinion que paraît adopter en définitive M. Longet . Cette opinion lui semble motivée par les expériences deU. Flourens sur cette partie de la moelle allongée4 ; mais elle se rattache bien davantage à la manière de voir ou de dire de ce

Opéra minora; Commentatio de funcüonxbus syslematis nervosi, cap. îv.

‘2. Uisquisitio anatomico-pliysiologica organisai! corporis humant ejusque processus vitalis, in-4, Xiennæ, 1812, p. 34.

3. « La moelle épinière des reptiles, des jeunes oiseaux et des jeunes mammifères semble également susceptible , après l’enlèvement du cerveau, d’être modifiée par nos irritations, de les sentir, et par suite à'ordonner des mouvements calculés, durables, qu’il ne faut pas confondre avec les secousses convulsives et fugaces, dues à l’irritabilité. ( Recherches sur la structure, les fondions cl le ramollissement de la moelle épinière, dans le Journal des progrès des sciences et inst. médic., t. XI, p. 8 / , 1 828. )

4. Anatomie cl physiologie du système nerveux, t. II, p. 203. Traité de physiologie, 18S9, 1. 1, p. et 6/o.

dernier physiologiste sur la sensibilité, la sensation, considérées dans leurs rapports avec les centres nerveux; manière de voir ou de dire sur laquelle nous aurons à revenir tout à l’heure.

Au delà , ou plutôt au-dessus de la moelle allongée, il y a le cerveau, le cerveau proprement dit, et ceux des physiologistes qui se sont rappelé que le besoin de la respiration, en tant que besoin, est perçu, et qu’en outre il n’échappe pas complètement à l’action de la volonté, ont dû lui faire et lui ont fait sa part dans cet organe.

C’est ce qu’a fait d’abord l’habile expérimentateur que nous avons cité plus haut, Marshall-Hall, en vertu de graves expériences , dont le résultat, toutefois, a été contredit par d’autres expérimentateurs non moins habiles, M. Flourens 1 et M. Longet 2.

Yoici en quels termes s’exprime Marshall-PIall :

« Si l’on vient à retrancher à la fois les lobes cérébraux et les deux pneumo-gastriques, les mouvements respiratoires cessent, parce qu’ils ne peuvent plus se produire, ni sous l’influence volontaire ni sous l’influence excito-motrice La respiration , dans l’état

ordinaire , s’opère donc par le moyen du pneumo-gastrique, mais est régularisée et gouvernée par la volition, c’est-à-dire par les lobes cérébraux3. »

1 . Recherches expérimentales sur les propriétés et les Jonctions du système nerveux, 2e édit., p. 204-207.

2. Anatomie et physioloyie du système nerveux, t. II, p. 307, 308.

3. Annales des sciences naturelles, 2e série, 1837, t.VII, p 361.

On voit que Marshall-Hall, dans son opinion sur la part que prend le cerveau à l’exercice du besoin de la respiration , s’appuie surtout sur ce double fait qu’il entre un certain degré de volonté dans l’accomplissement de l’acte respiratoire , et que le cerveau est l’organe central des voûtions. Mais il y aurait ici encore autre chose adiré : c’est, d’une part, que le cerveau n’est pas seulement l’instrument de la volonté, maisqu il est aussi celui de l’entendement, dont le premier degré est la perception ; d’autre part, que le besoin de la respiration n’étant besoin qu’ autant qu’il est perçu, et, ne l’étant que par l’entremise du cerveau, c’est surtout à raison de ce dernier fait qu’il doit avoir le cerveau pour organe.

Or, à qui revient l’honneur de ce dernier point de vue1, point de vue, il faut le dire, à certains égards plus vrai, plus psychologique que celui qui placerait le siège du besoin respiratoire dans un point quelconque delà moelle allongée? C’est (car il faut être juste pour tout le monde), c’est à la Phrénologie! Oui, à la phrénologie, je l’ai déjà dit ailleurs, et ce m’est un devoir de le répéter ici.

Mais il est clair qu’en pensant et en disant cela, la

1. C’est, au foiui, le point de vue où se plaçait Perrault, lorsqu’il disait, il y a deux siècles, que « le cerveau n'est pas seulement le principe du sentiment et du mouvement, mais qu’il est aussi celui de la nourriture (fonctions nutritives, dont fait partie la respiration). » Mécanique des animaux; t. III, p. 133 et 139 des Essais de physique, Paris, in-12, 1680.

phrénologie a dit et devait dire en même temps que ce n est pas par toute sa masse que le cerveau est l’organe du besoin de respirer. Si elle eût dit le contraire, elle n’eût plus été la phrénologie. Elle a donc avancé qu’il y a dans l’encéphale, en communication quelconque (elle ne se préoccupe pas de si peu) avec le reste des appareils nerveux de la respiration, un organe de l’instinct respiratoire, qu elle a appelé, cela va sans dire, organe de la respirabilitê.

Broussais avait placé cet organe dans le cervelet, en compagnie de quelques autres facultés viscérales 1 ; et en cela, et sans le savoir, il faut lui rendre cette justice, il n’avait fait que copier Willis2.

Mais un honorable phrénologue lyonnais, M. Imbert, mécontent et avec raison d’une telle violation des principes mêmes de la phrénologie, d’une telle irrévérence pour la première des déterminations phrénologiques, celle qui est relative à l’instinct de la propagation , M. Imbert proposa, sous le titre d’organe de la respirabilité, un organe destiné à nous avertir particulièrement du besoin de respirer. Cet organe, il en plaça le siège à la pointe du lobe moyen du cerveau, à l’origine d’une

1 . Cours de pathologie et de thérapeutique générales , t. IV, p. 79.

2. Cerebelli autem officium esse videtur spiritus animales nervis quibusdam suppeditare, quibus actiones involuntariæ (cujusmodi sunt cordis pulsatio, respiratio , aliment! concoctio , chyh protrusio et multæ aliæ) quæ nobis insciis aut invitis, constant) ritu fiunt, peraguntur. ( Cerebri anntome, cap. 15.)

des racines du nerf olfactif, et joignit à cette attribution la faculté perceptive des odeurs *.

Je ne crois pas avoir besoin de dire que je ne suis de l’avis ni de Broussais, ni de M. Imbert, en un mot de l’avis de la phrénologie ; je ne l’ai malheureusement que trop dit. Mais je suis d’avis qu’il y a dans ces indications de la phrénologie , dans celle de Marshall-Hall et dans toute autre indication analogue , sur le rôle du cerveau dans l’exercice du besoin de la respiiation, comme au reste de tous les autres besoins, 1 indication d’une des faces du problème ici à résoudre, ou si I on veut du langage à employer pour s’en rendre compte. La détermination de ce langage est la tâche que je vais maintenant aborder.

J’ai dit tout à l’heure que la plus grande partie, la totalité peut-être de la difficulté où se, sont trou%és le; physiologistes, d’effectuer d’une manière satisfaisante, non-seulement la détermination de l’organe du besoin respiratoire, mais la détermination tout à fait généiale des conditions ou du siège de la sensibilité, vient de la fausse idée qu’ils se sont faite presque tous de cette faculté, et plus encore de l’abus qu’ils ont fait du mot qui la représente.

C’est le moment de le démontrer et d’appliquer les résultats de la démonstration à la question qui uous occupe, la recherche de la condition physiologique du besoin de la respiration.

i. Journal de la société phrénologique de Paris, t. 111, p. 239.

Sentii, c est sentir; cette définition ne serait peut-être pas la plus mauvaise. Transcrivons-en pourtant une un peu plus longue, car, en vérité, nous n’avons pas la prétention de l’inventer. Ce serait probablement tant pis pour nous et pour la vérité.

Dans un acte de sensibilité, dans la sensation, dans la moindre sensation, le moi, la personne morale qui se sent à la fois vivre et penser, ce moi a du même coup conscience de sa personnalité générale et d’une manière d’être particulière qu’il rapporte à un point déterminé du corps. Ces deux parties, ces deux faces de l’acte de la sensation s’impliquent l’une l’autre, se confondent 1 une avec 1 autre, et dans l’une comme dans l’autre il y a perception, un degré quelconque de perception. La sensation la plus humble n’existe qu’à cette condition.

C’est là, du reste, ce qui est généralement ou au moins implicitement admis, même par les physiologistes, pour tout un ordre de sensations, l’ordre des sensations de beaucoup les plus nombreuses et les plus dignes de ce nom, les sensations externes. Mais les physiologistes admettent encore autre chose.

Disciples en ceci de Bichat et de Cabanis, les physiologistes admettent encore qu’il y a des sensations qui manquent absolument de ces caractères, conscience, perception simultanée de la personnalité générale, et d’une manière d’être particulière, rapportée à telle partie du corps où a eu lieu, soit spontanément et intérieurement, soit par voie externe, l’impression, point de départ de la sensation. Ils admettent, en d’autres termes,

sur la parole des deux maîtres, qu’il y a des sensations qui ne sont ni senties, ni perçues, ni rapportées nulle part par le moi , des sensations sans conscience. Cc^ sensations sont ce qui constitue le domaine de la sensibilité dite organique, la sensibilité nutritive et de conservation.

Nous ne voulons pas revenir sur ce que nous avons dit dans d’autres endroits de cet ouvrage. Nous ne voulons pas développer de nouveau cette proposition, qui est ce qu’il y a de plus incontestable, qu’une sensation non perçue n’existe pas; qu’entre les vraies, les seules sensations et les prétendues sensations de la vie organique, il y a la différence du jour à la nuit, de 1 être au non-être, et que malgré tout ce qu’a pu dire sur ce point Richat, il n’y a pas seulement, entre les unes et les autres , différence de degré, mais différence absolue de nature; et ce n’est pas assez dire, puisque encore une fois les unes existent et que les autres n’existent pas.

Mais ce que nous dirons, ce que nous dirons bien haut et bien ferme, c’est que ce mauvais et faux usage des mots sentir , sensibilité , sensation, appliqués aux impressions ou aux actes de la vie organique, a amené ou contribué à amener des mêmes mots un usage également abusif et faux dans l’expression des actes et des conditions physiologiques de la sensibilité externe, de la vraie, de la seule sensibilité.

De même, au dire des disciples ou des sectateurs de Bichat et de Cabanis, de même qu’il y a, dans la vîe organique et les appareils qui lui sont propres, des sen-

sations non perçues, c’est-à-dire «on senties, et des nerfs, seule condition de ces sensations, de même dans la vie de relation, il y a des sensations plus ou moins perçues, mais qui, dans tous les cas, n’ont pour siège que des cordons nerveux ou tout au plus médullaires, lesquels seuls, en dernier ressort, sentent ou ressentent les impressions et même déterminent dans la personne les actes qui en sont la conséquence.

On voit de ces manières de dire ou plutôt de penser, chez le plus grand nombre des physiologistes, et parmi eux, chez les plus illustres, ceux qui ont rendu le plus de services à la science :

« La sensibilité, dit M. Claude Bernard, la sensibilité, qui des racines postérieures se transmet par la moelle, peut revêtir deux formes : elle peut être sans conscience ou avec perception.

« Dans le cas de sensibilité perçue, l’impression est conduite jusqu’à l’encéphale, et après la perception, transformée par une opération de l’intelligence en une réaction motrice avec conscience. La volonté est, dans ce cas, le dernier terme qui précède le mouvement. »

« Dans d’autres cas la sensibilité ri est pas perçue ; il y a cependant un mouvement, réaction à laquelle l’intelligence ou la volonté n’ont pris aucune part. C’est là ce que Magendie avait appelé sensibilité sans conscience , et ce qu’on a appelé depuis mouvement réflexe '.

« On pourrait penser, poursuit le même illustre phy-

J . Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveuse, i838, t. I, p. 340.

siologiste, et son livre est plein de semblables assertions, on pourrait penser qu’il n’y a pas de sensibilité dans les organes intérieurs ; nous n’avons, en effet, aucune conscience de leurs manifestations sensibles. Mais bien que les nerfs qu’ils reçoivent soient d’ordinaire impuissant' à transmettre les impressions d’une sensibilité consciente, ils ri en ont pas moins une sensibilité particulière, sans conscience, à laquelle on a donné le nom de sensibilité réflexe. Cette sensibilité inconsciente existe d’ailleurs pour les organes de la vie de relation, dans certains états pathologiques de l’encéphale h »

M. Flourens, dans ses premiers mémoires et dans la première édition de ses Recherches experimentales sw les propriétés et les fonctions du système nerveux , s’était exprimé avec vérité sur la part prise par les diverses parties de ce système dans les actes de la sensibilité et de la perception. 11 y avançait avec autant d’exactitude que de raison que « ce sont les lobes cérébraux seuls qui veulent et qui sentent 2 ; la moelle épinière se bornant, comme le nerf, à exciter la sensation et la contraction, mais ne les éprouvant ni l’une ni l’autre1 2 3; « — « que les lobes cérébraux sont le siège exclusif des sensations , des perceptions et des voûtions4, le récep-

1 . Leçons sur la. physiologie et la pathologie du système nervi ux , 1858, t. I, p. 321 .

2. Recherches expérimentales sur les propriétés et les /onctions du système nerveux, lre édit., 1824, préface, p. x.

,3. Ibid., p. 1b.

4; Ibid., p. 33.

tacle unique des sensations , des instincts et de- l’intelligence', et qu’en conséquence la faculté de sentir , de percevoir, de vouloir, ne constitue qu’une faculté essentiellement une1 2 3 4 ; » — « qu’il n’y a pas dans les lobes cérébraux de sièges divers ni pour les diverses facultés, ni pour les diverses sensations 3 ; » — « que les lobes cérébraux sont l’organe où se consomme et se transforme en sensation l’effet de l’action de l’iris et du nerf optique * ; » et une foule d’autres assertions identiques ou équivalentes.

Cuvier, dans son rapport sur les premiers mémoires de M. Flourens, fait à l’auteur quelques observations critiques sur l’emploi vicieux ou mal appliqué des mots d’irritabilité et surtout de sensibilité. Avec ce ferme et large bon sens qui est un des caractères de son génie, il fait remarquer que le mot sensible est un mot à double et à triple sens, qui peut, si l’on n’y prend garde, donner lieu à bien des confusions et à bien des erreurs ; que dire, par exemple, que le nerf est sensible ne signifie pas qu’envisagé isolément il peut occasionner des sensations, et encore moins qu’il peut en avoir lui-même.

Dans le but de faire droit à ces représentations, M. Flourens, dans la seconde édition de son livre, substitue, dans ces mêmes mémoires, puis dans ses travaux

1 . Recherches expérimentales sur les propriétés et les fonctions du système nerveux, Ire édit., p. 92 et 97.

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