‹ Physiologie de la penséeChapitre 24 sur 51 · J 54 BESOIN DE L’ALIMENTATION · texte numérisé non relu

J 54 BESOIN DE L’ALIMENTATION

de ses hémisphères. Ceci nous fait revenir encore, quoi que nous en ayons, à la phrénologie, et nous oblige à lui rendre, à cette occasion, la part de justice qui lui est due.

C’est la phrénologie, en effet, qui a dit que, comme le besoin de la respiration , comme tous les besoins, comme toutes les sensations, le besoin, la sensation alimentaire doit avoir pour organe définitif le cerveau. Mais ici, bien entendu, comme partout, la phrénologie a fait à une sensation , à un besoin , à un acte plus ou moins indéterminé, une part tout à fait déterminée dans le cerveau. Le besoin d’alimentation, a-t-elle dit (je fais grâce du barbarisme), a pour siège ou pour organe encéphalique une partie de la pointe du lobe cérébral moyen , placée dans le voisinage immédiat des organes de la respiration, de la destruction, de 1 amour de la vie. C’est là, au temps où il y avait des phrénologues, ce que disaient les plus avancés parmi eux, MM. Hoppe et Spurzheim en tête , Vimont et Broussais en queue. Et ils disaient encore bien autre chose. Ils disaient que l’organe del ’ aliment ivi té (voilà que le barbarisme m est échappé) est fort développé chez les grands fumeurs. Pourquoi? Voilà ce qu’on ne sait pas encore; ce qui serait pourtant bien intéressant à connaître. Des recherches sur ce sujet pourraient prendre pour titre : Des rapports de la pipe à la fourchette. Une telle tâche, nous n’avons pas besoin de lé dire, serait au-dessus de nos forces. Ce nous sera un assez grand honneur d avoir osé la signaler.

Nous nous bornerons donc à dire que le besoin de l'alimentation , la sensation de la faim et de la soif, a certainement , comme tous les autres besoins, comme toutes les autres sensations, pour une de ses conditions organiques , pour le couronnement de ces conditions , le cerveau, la couronne encéphalique, mais qu’il n’a à y réclamer aucun siège, aucun fleuron isolé. Willis, après avoir dit de si bonnes choses sur les usages intellectuels du cerveau, a donc eu d’autant plus tort de faire du cervelet, entre autres affectations de cet organe à d’autres instincts ou besoins , l’instrument du besoin ou de la fonction alimentaire, alimenti concoctio , chyli protmsio. S’il y a, ou s’il paraît y avoir maintenant quelque chose de démontré en physiologie cérébrale, c’est ce fait, que le cervelet est plus particulièrement affecté à l’exercice des mouvements, et est, à peu près, étranger à toute autre destination particulière.

En résumé, de même et plus encore que pour le besoin respiratoire , l’actif actuel et tout probablement à venir de nos connaissances sur les conditions organiques du besoin et de la sensation de la faim et de la soif se réduit à ceci : Deux nerfs (sans compter quelques branches, plexus et ganglions nerveux de la vie organique, empruntés au grand sympathique), les nerfs pneumo-gastrique et glosso-pharyngien , sont en rapport plus particulier avec les fonctions de l’alimentation et la sensation de la faim et de la soif, sans que les expériences ou la pathologie aient démontré qu’ils en sont les conditions périphériques , particulières ou ex-

Page 1