Francesca di Rimini
désirable. Rien de plus universel que cette adjonction à l’amour. Les bêtes n’en souffrent pas moins que l’homme, témoin le taureau vaincu et vexé du troisième livre des Géorgiques.
11 y a la jalousie, cette forme extrême de l’amour, qui malheureusement n’est que trop souvent fondée , mais qui souvent aussi peuple de fantômes le champ d’une passion déjà assez fantastique par elle-même, et à force de les évoquer finit encore par les convertir en réalités.
Il y a l’ambition, le désir de joindre à la possession, à l’union la plus convenable même et la plus souhaitée, le moyen de s’élever par elle à une position, une fortune, que toute autre alliance n’eût pas donnée.
Il y a enfin le mélange de tous ces sentiments, de toutes ces passions, de toutes ces idées , mélange qui, chauffé et adultéré par la lecture des romans, par la vue et l’audition des mensonges et des exagérations du théâtre, plus encore par la vue et l’audition des réalités du théâtre du monde, fait de l’amour une sorte de monstre à mille faces ou plutôt à mille masques , au-dessous desquels il n’y a qu’une figure de vraie , la figure que Rabelais, Montaigne, Voltaire lui ont en maints endroits donnée, et qu’il tient des lois de la physiologie.
Or, que dit la physiologie sur cet amour, ce désir du rapprochement sexuel? Qu’apprend-elle ou plutôt que montre-t-elle de ses conditions organiques?
Ceci d’abord : que l’instinct sexuel est l’instinct, le sentiment qui a dans l’organisme les conditions les plus