Ibid., 1828, t. XXX, p. 1 59 et suiv., p. 204 et suiv
îi. Ibid., 1828, t. XXX, p. 114 et suiv., p. 140-142.
BESOIN DE MOUVEMENT
tateurs tout à fait modernes, élèves ou successeurs des maîtres qui ont contribué à fonder la découverte de Ch. Bell ou au moins à l’affermir, élèves déjà maîtres eux-mêmes ou en train de le devenir, il se produit sur les fonctions, les relations des deux parties de la moelle épinière et des nerfs qui en émanent, sur le mode d’action particulier à chacune d’elles, action sensible, pour s’exprimer elliptiquement, et action motrice, des divergences d’opinion singulières, et qui étonneraient bien les philosophes et les hommes éclairés du monde qui regardent, avec cette bonhomie que donne un savoir d’emprunt, la distinction absolue des faisceaux nerveux en faisceaux du sentiment et faisceaux du mouvement, comme une sorte d’article de foi.
Ainsi on voitM. Calmeil, reproduisant, ou à peu près, l’opinion de Fodera, de Rolando, de Schoœps, que je rappelais tout à l’heure, regarder les colonnes antérieures et les colonnes postérieures de la moelle épinière comme également sensibles et motrices, ce qui détruirait de fond en comble la célèbre découverte ‘.
Ainsi on voit M. Cl. Bernard, conformément du reste aux idées de son maître, feu Magendie, sur la sensibilité récurrente 1 2 et son mode d’excitation et de transmission, accorder en définitive aux faisceaux antérieurs de
1 . Recherches sur la structure, les fonctions et le ramollissement de la moelle épinière. (Journal des progrès des sciences et institutions médicales, t. XI, 1828, p. 104, 108, 1 14.)
2. Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveux, t. I, p. 20 à 1 13.
172 BESOIN DE MOUVEMENT
la moelle épinière et aux nerfs qui en naissent ou s’y rendent, une bonne part de sensibilité.
Ainsi on voit M. Brown-Sequard dire : « qu’il a longtemps cru, que Rolando, M. Calmeil et surtout M.Nonat s’étaient trompés en annonçant que les cordons antérieurs servent à la transmission des impressions sensitives.... mais que des expériences positives lui ont montré que les cordons antérieurs servent positivement, bien que pour une part peu considérable, à la transmission de ces impressions » On le voit dire : « que la transmission des impressions sensitives ne s’opère que d’une manière passagère par les cordons postérieurs,.... et qu’elle se fait en dernier lieu parla substance grise de la moelle épinièreI 2. » On le voit dire enfin que : «les cordons postérieurs (les cordons dits sensibles de Ch. Bell) de la moelle épinière paraissent insensibles, ou très-peu sensibles, qu’ils sont excitables pour causer des mouvements réflexes et qu’une de leurs fonctions bien démontrée, surtout par les faits pathologiques, est de servir aux actions réflexes 3. »
Ainsi enfin on voit M. Chauveau dire qu’il résulte de ses expériences «que les faisceaux postérieurs (faisceaux sensibles de Ch. Bell) constituent dans la moelle un système indépendant, préposé à 1 exercice des phénomènes réflexes ( sensibilité dite sans conscience); que la
I Comptes rendus des séances de l'Académie des sciences, 1857, t. XLV, p. 146 et suiv.