‹ Physiologie de la penséeChapitre 6 sur 51 · Méditation sixième · texte numérisé non relu

Méditation sixième

NATURE

objets par les organes du corps, ainsi que nous l’expliquerons dans la suite 1 . »

Maine de Biran a aussi fait un livre sur la physiologie de la pensée, livre auquel il se fût bien gardé de donner ce titre, mais qui, à un certain point de vue, n’a pourtant pas .d'autre sujet. Contrairement à la manière de voir de Descartes, et à cette généralisation de son cogito, Maine de Biran restreint, pour l’élever, la pensée à ce qu’elle a d’absolument pur, intelligent, et surtout de .libre et de volontaire. Tout le reste en est, pour lui, en dehors du moi , et n’appartient pas à l’intelligence. Aussi les animaux en jouissent-ils comme 1 homme. Non-seulement les affections, les émotions, les passions ne sont pas de la pensée, mais les sensations n en sont pas davantage. Elles n’appartiennent pas à l ame; elles sont en dehors de lame, et leur substratum , si elles en ont un , n’est pas autre chose que le corps , l’organisme, le cerveau, qui les impose à l’âme, et trop souvent l’aveugle ou l’absorbe dans les ténèbres de l’action nerveuse.

« Les faits mêmes du sens intime, dit Maine de Biran (car il est nécessaire de citer textuellement), nous obligent de reconnaître que la contraction animale n’est pas plus identique avec un mouvement volontaire ou avec un acte libre que la sensation animale n’est identique ou même analogue à une perception du moi humain; le même hiatus subsiste dans les deux cas, et ce

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