Recherche de la vérité , in-4, 1712, p
ET DIFFICULTÉS DU SUJET
n’est pas la physiologie qui pourra le combler. Seulement les observations mômes du physiologiste peuvent le conduire jusqu’à ces limites où l’organisme finit, où commence l’empire de l’âme, et servir ainsi à tracer plus exactement la ligne de démarcation qui sépare deux natures essentiellement diverses1. »
Et plus bas :
« La sensibilité, prise dans toute son étendue, avec l’ensemble des facultés qui sont sous sa dépendance (et que Condillac a pu très-bien appeler sensations transformées) , la locomotion spontanée, l’imagination, les reproductions ou associations fortuites d’images et de signes ; enfin tout ce qui se fait nécessairement ou passivement en nous, est vraiment hors du domaine de l’âme pensante2. »
Enfin et aussi formellement qu’on puisse le désirer :
« Tout ce que cette force moi opère par une libre activité, déployée sur les parties de l’organisme qui lui sont soumises, est exclusivement perçu par la conscience, et s’y redouble ou s’y réfléchit. Tout ce qui est étranger à la force du vouloir ou du moi, tout ce qui la contraint, l’entraîne ou l’absorbe, enfin tout ce qui se fait sans elle dans le corps vivant par une fonction quelconque de la vitabté des organes, n’entre pas dans le domaine de l’aperception, ne se redouble pas dans la conscience du moi, mais reste plus ou moins obscur
1. Nouvelles considérations sur les rapports du physique et du moral de l’homme , in-8, 1834, p. 75.