TIMBRE VOCAL
Je ne rappellerai pas ici toutes les opinions émises sur la cause du timbre de la voix; je veux seulement exposer à ce sujet ce que mes recherches m'ont appris.
Ainsi, pour moi, il n'est pas douteux que le timbre ne soit produit par la résonnance que prend le son en frappant la voûte palatine et. les anfractuosités nasales.
Voici une expérience facile à vérifier.
Sur des chiens vigoureux et sur plusieurs chats, j'ai mis la glotte à nu pour étudier ses mouvemens. Une incision faite entre l'os hyoïde et le cartilage thyroïde, ainsi que l'avaient déjà pratiqué Bichat et M. Magendie , me donnait la facilité d'amener la glotte en avant, de la faire saillir à travers la plaie et de la voir se fermer et s'ouvrir.
Lorsque l'animal crie et que la glotte est hors de la plaie , vous n'avez que le son que vous pouvez obtenir sur le larynx de ce même animal , lorsqu'après l'avoir tué, vous avez enlevé ce larynx et que vous l'expérimentez par insufflation. Il y a vraiment dans ces deux circonstances peu de différence. Sur l'animal vivant,
soumis à votre expérience , ramenez la glotte en position naturelle ; les cris qui s'échappent alors ont une sonorité bien intense. Pour que cet éclat dans les cris ait lieu, il n'est pas besoin de fermer la plaie; quoiqu'elle reste ouverte, le son ne s'échappe pas par elle, il va frapper la voûte palatine et les fosses nasales , et résonne avec force.
Sur un cadavre, obtenez des sons d'un larynx en le faisant saillir par une incision faite aussi entre le thyroïde et l'hyoïde ; ils ne diffèrent en rien de ceux que vous obtenez lorsque le larynx est entièrement séparé du cadavre. Remettez le larynx en place, faites produire les mêmes sons que précédemment, ils présentent alors beaucoup plus de résonnance.
Qui ne connaît l'altération causée dans la voix par une perforation de la voûte palatine ou la présence d'un polype dans les fosses nasales?
Sur un larynx détaché d'un cadavre fixez une vessie bien solidement sur le cricoïde, de manière à ce qu'elle représente le pharynx ; attachez l'autre extrémité de cette vessie autour du pavillon d'une clarinette, d'un haut-bois, etc. Les sons que vous donne la glotte ont alors une force bien plus grande que lorsque ce pavillon n'est pas ainsi placé de manière à vibrer sous l'impression des sons.
Mais le timbre n'est pas seulement produit par la résonnance des ondes sonores qui frappent la voûte palatine et les anfractuosités nasales ; il est bien certainement aussi lié à la grandeur, l'épaisseur des lames vocales, en un mot, à la structure entière du larynx.