NASILLEMENT DE LA VOIX
Il est encore clans la voix un effet sur la cause duquel on n'est pas d'accord , c'est le nasillement de la voix.
Yoici , pour moi , ce que j'ai observé. Pour que la voix ait toute son intensité, toute sa clarté, il faut qu'elle s'échappe librement par la bouche et les fosses nasales.
Si Ton ferme la bouche et qu'on force la voix à passer par les fosses nasales, elle devient sourde mais non pas nasillarde.
Le nasillement n'est produit que lorsque, dans son passage, la voix est interrompue par le voile du palais qui, se relevant, présente aux ondes sonores un corps mou , non élastique qui change alors le timbre vocal et lui donne ce caractère qu'on appelle nasillement.
Cette assertion me paraît démontrée : i° parce que l'on peut nasiller sans fermer les narines, et en laissant la bouche ouverte; seulement il faut alors établir une contraction musculaire telle que le voile du palais soit relevé horizontalement de manière à ce qu'il soit percuté par la voix ;
2° C'est que si vous fermez la bouche et que vous laissiez les narines ouvertes, il vous est impossible de produire le nasillement 5 la voix devient sourde, mais voilà tout. Si vous relevez le stapylum pour que la voix vienne se briser contre lui, vous ne pourrez plus faire entendre aucun son , parce que les fosses nasales, fermées postérieurement par ce voile qui s'applique sur elle comme une soupape , ne laissent point échapper d'air;
3° Chantez la bouche fermée, placez sous vos narines la flamme d'une bougie , elle est agitée par l'air qui sort; dan3 ce cas la chant est sourd , obscur, mais point nasil-
lard, et cependant le son a traversé les fosses nasales.
Nasillez la bouche ouverte et les narines restant ouvertes aussi , le nasillement est moins sourd que lorsqu'on ferme les narines avec les doigts, mais il existe évidemment.... Eh! bien, alors, la flamme de la bougie placée sous les narines ne reçoit aucun ébranlement; placée sous la bouche elle est agitée.
La conclusion est facile.
Ces considérations ne seront pas, je l'espère, sans influence sur les améliorations dont nos instrumens sont susceptibles.
Tous les musiciens connaissent l'effet que produit sur la nature du son un petit verre appliqué contre la corde sol du violon , tout piès du chevalet et reposant sur la table d'harmonie. Il rend le son nasillard. Il fait pour le violon ce que le voile du palais fait pour la voûte palatine. Les violonistes se servent de ce petit verre pour imiter avec leurs instrumens la voix du capucin, et l'illusion est bien remarquable. Ce verre ne fait que gêner les vibrations des cordes et de la table d'harmonie.