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FAUSSET

Dans le chant, il est des intervalles que la voix ne franchit qu'avec peine , que le chanteur fait entendre avec timidité, parce qu'il n'est pas toujours facile de les entonner avec justesse. Il faut au chanteur beaucoup d'art , beancoup d'habitude pour franchir le passage d'une certaine note à une autre, et cette transition constitue précisément le fausset. L'explication que jusqu'à présent on a donné de ce caractère de la voix, de cette nouvelle physionomie dans le chant, ne me paraît point

satisfaisante. Celle que je présente ici me semble facile

à comprendre.

Supposons. les notes de médium produites, le chanteur veut arriver à des notes plus aiguës , pour cela il met en contraction des muscles qui agissent sur les lames vocales de manière à former ces notes; supposons que l'action d'un muscle constricteur produise ré. Cette action, en devenant plus énergique , pourra rapprocher un peu plus les lames vocales et faire entendre mi. ^

Mais cette contraction forcée est inégale, peu sûre, incertaine ; cette note mi sort mal formée sans netteté ; qu'un autre muscle constricteur, plus fort , je veux dire mieux placé, plus apte à rapprocher davantage les lames vocales, à leur donner plus de tension, entre alors en contraction , saisisse l'air au passage et forme la note ; alors une série ascendante peut être produite , série de notes successivement plus aiguës, formée avec beaucoup moins d'efforts, moins de difficultés

Voità, selon moi, tout le mystère du fausset; c'est la transition de contraction d'un muscle à un autre (i).

(I) Pendant l'impression de ce Mémoire, M. Garcia, professeur de chant au Conservatoire, a présenté à l'Académie des sciences un Mémoire sur la voix humaine , sur lequel M. Dutrochet, au nom de MM. Magendie et Savary, et en son nom, a fait un rapport dans la séance du 12 avril 1841. Tout ce que M.Dutrochet énonce sur la voix de poitrine et de fausset, toutes les observations de M. Garcia, confirment les assertions que j'ai déduites de mes recherches; mais aucune explication n'est présentée, j'espère que celle que j'ai donnée pourra sembler satisfaisante. Dans ce Mémoire se trouvent encore les expressions de voix de poitrine, voix de tête.... Je ne saurai trop le redire, li n'y a poiut de voix ni dans la poitrine, ni dans la tête; ces expressions sont vicieuses; le langage musical ne doit plus les adopter; si une dénomination différente est nécessaire pour peindre deux séries de note3, conservons les expressions de Ier et de 2e registre; elles suffiront pour désigner toutes les nuances d'intonation.

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