‹ Physiologie de la̕rtChapitre 12 sur 48 · O. BIRTH · texte numérisé non relu

O. BIRTH

i8 PHYSIOLOGIE DE L'ART

bien compris; je le remarquais et en ressentais quelque ehagrin, mais je me reprenais toujours à espérer en lissuo heureuse du combat que ne cessaient de se livrer en moi les souvenirs de mon père et de ma mère. Il y a aujourd'Imi I rente ans qu'ils n'existent plus, ils sont morts étrangers l'un à l'autre; mais ils survivent en moi, ils se sont unis en moi, j'entends leurs voix chaque jour, à chaque heure, et je me l)lais à les entendre. Et voilà que, d'un seul coup, la justesse de toutes ces déductions devrait ôtre mise en question? Nous nous tromj)erions en reconnaissant à notre tour, chez nos enfants, nos traits, et nos qualités tant acquises que reçues par héritage?

C'est là nn degré de doute où je ne puis décidément pas m'éleverl La science biologique, j'en garde la conviction, arrivera à tenir pleinement compte des milliers d'observations et d'expériences personnelles dont disposent tous les hommes pensants (les médecins notamment), et sera ainsi amenée à cette impérieuse conclusion, qu'à peu près tous les phénomènes désignés par nous sous les noms d'aptitude spéciale, de talent . ., etc., ont pour base réelle la transmission des souvenirs, l'organisation acquise de générations antérieures. Nous n'avons pas besoin d'aller aussi loin, de songer au retour effectif d'images actuelles délerminées des oiiiq sens, d'entre les j)erceptions de nos ancêtres, et de les faire servir à l'explication de ce qu'on nomme « les altérations de la mémoire * ». Ces dernières consistent dans l'éveil, rapide comme l'éclair, de cette conviction que le phénomène perçu à l'instant, par l'œil, par l'ouïe, etc., s'est déjà présenté une fois à nous sous la même forme. Nous pouvons concevoir ces images de notre fantaisie comme un « écho » de reproductions

1. Voir les clissortations do Sander et do Kraoïiolin daus les vol. IV et XVH des Archives de Psychiatrie. Il faut distinjjuer les cas où nous nous bornuns à trouver une grande ;inalogio entre une perreption îietuelle et une perception antérieure, de oeu\ où s'impose à nous la conviction que nous avons déjà uin! fois passé de façon identique par l'état actuel, à savoir, avec les mêmes circonstances concomitantes, au même moment du jour. C'est le sentiment Jo l'identité des deux images dans le temps et l'espace. Le fait que les ahérations du souvenir se produisent plus chez les jeunes gens que chez les vieinards, et chez les personnes bien portantes plus (juc chez les malades, nous permet de conclure (ju'il s'agit simplement, eu ces cas, d'une organisation incomplète de la mémoire.

CONSTRUCTION DES SOUVEiNlRS 19

actuelles ou comme « des souvenirs prématurés » . A vrai dire, le poussin qui, à peine [glissé hors de l'œuf, s'échappe, reconnaît sa nourriture pour telle et la mange, pourrait bien se figurer qu'il a déjà une fois agi ainsi; ce serait là une vraie illusion de la mémoire in optimâ forma !

Cependant le cours entier du développement humain indique bien plus une héi'édité générale des forces nerveuses o[ de leurs relations mutuelles : nous avons donc plutôt à chercher le souvenir (inconscient) de générations antérieures dans le degré d'énergie et de vivacité des fonctions du cerveau en général; dans les grandes tendances de la mnémotechnique; dans le rapport des souvenirs simplement reconnaissables à ceux qui se peuvent librement reproduire; dans la faculté d'évoquer très vite les souvenirs agréables, (4 de refouler les souvenirs importuns (présence d'esprit) ; dans la communication mnémonique des différents domaines dos sens ; dans le procédé de cristallisation des images collectives simples et combinées de la mémoire; et surlout dans l'organisation des souvenirs d'exécution pi*atique et dans toutes les activités où la réflexion motrice et musculaii*e joue un assez grand rù\o. Ce sont, en somme, s'il m'est permis d'user de cette expression vague, les dispositions qui se transmettent, elles forment le sol fécond pour les acquisitions ultérieures convenables. L'homme qui, doué d'une l'orle disposition spéciale innée, s'essaie à acquérir quoi que ce soit par la mémoire, se trouve à peu près dans la situalion de celui qui a parlé couramment une langue dans sa première jeunesse, puis l'a totalement oubliée et veut la rapprendre à un âge avancé; de même, là où le talent est inné, il ne s'agit pour ainsi dire en tout que de rapprendre.

Il faut nous familiariser avec cette pensée que les transmissions héréditaires, loin d'atteindre leur terme avec la naissance, n'apparaissent bien plutôt en grande partie, pour la plus grande partie peut-ôtre, que dans les âges ultérieurs. Envisagée à ce point de vue, la question acquiert une grande dîversilé. Depuis les premiers balbutiements jusqu'au dernier déclin de la vie, nous assistons à l'éclosion et à la disparition successives de souvenirs acquis par héritage sous les

mille influences accidentelles de la Aie externe. Les périodes tranchées de la vie sociale, qui font si souvent violence au développement individuel, sont-elles autre chose qu une confirmation conventionnelle des stations physiologiques susceptibles d'être distinguées dans la construction et Felfondrement de nos souvenirs? Nulle part, sans doute, la ♦< moyenne » n'agit plus cruellement qu'ici ; nulle part aussi l'individualisation n'est plus difficile, puisque Fôtre en formation défie tout calcul. Tout d'abord apparaissent les étapes de la marche ascendante : la sixième année, le début de lc\ge ingrat, la puberté, la virilité, enfin Taplanissement dans les impulsions alternatives des souvenirs moteurs, sensoriels et associants. Puis, vient la marche descendante, avec un aussi grand nombre de stations. Ce n'est pas seulement en amour, c'est encore dans les facultés créatrices et dans le talent qu'on voit des retours d'âge, et, par contre, maint enfant prodige a plus promis qu'il ne lui était donné de tenir. Ici floraison rapide aussi vite flétrie, là force de tension qui croît et s'épure sans cesse. La vigueur d'esprit et de corps dans la vieillesse n'est aussi, au fond, que mémoire héritée. Nulle part ce fait ne paraît mieux au grand jour que dans le domaine des arts plastiques : si la vie du seul Titien excède trois générations ordinaires d'artistes, si, Agé de près' de cent ans, il manie le pinceau presque avec la force intacte du jeune homme (il mourut de la peste et non de débilité sénile), la seule explication physiologique de ce phénomène est l'hypothèse d'une force héréditaire bien supérieure à la moyenne humaine.

Nous pouvons ainsi caractériser en général l'organisation innée, fondement de l'organisation à acquérir, comme une conservation de la qualité nerveuse ou des tempéraments de mémoire : avec la disposition anatomique du système nerveux et la boîte crânienne extensible le nouveau-né reçoit en même temps, préformées à l'état d'agrégat des molécules cérébrales, et emporte avec lui dans la vie toutes les combinaisons électriques, qui, à la faveur d'une nutrition et d'un exercice noimaux, font peu à peu de l'écorce cérébrale le siège de souvenirs égaux ou analogues en force à ceux qui

sT'taient développés chez les ancôtres. De la vigueur et du bon état du germe dépend la transmission à l'enfant de qualités acquises des derniers ou avant-derniers parents à côté des qualités plus anciennes de l'espèce : des parents débiles, au système nerveux fatigué, doivent se résigner à voir leurî- <»nfants ressembler plutôt aux ascendants qu'à eux-mômes, (^t heureuse alors la race qui dispose encore d'une phalange solide de grands-pères et de grand'mères sains de corps ! (Vest la tension électrique par voie d'atavisme du protoplasme humain qu'une nutrition et une circulation modérées entretiennent et accroissent d'abord, jusqu'à ce qu'une pratique convenable vienne la fortifier et augmenter sa capacité d'action.

Je serais tenté de comparer la consistance des souvenirs liérités à la force coercitive de l'acier aimanté : plus l'acier est dur, plus l'aimant sera durable ; plus l'aimentation a été longue, plus la désaimentation sera. difficile. Il en est de môme de notre mémoire : l'organisation reçue de nos premiers parents est celle qui défie le plus longtemps la dissoliilion; il n'est môme pas besoin toujours d'im exercice systématique, pourvu que la nutrition et la circulation assurent le maintien de la croissance moléculaire une fois transmise. L'homme qui, dans sa jeunesse, s'est appliqué à la gymnastique, conserve son biceps d'athlète même dans les années postérieures de repos corporel* ; de môme, le vigoureux développement du cerveau se perpétue à travers les générations, sans que chacune de ces dernières fasse un usage étendu de la disposition primitive. Les acquisitions les plus reculées survivent ainsi aux moins anciennes, et les plus récentes disparaissent dès le second ou le troisième <legré, si une nouvelle pratique ne vient pas les fortifier et les protéger contre la prépondérance des plus anciennes. Il

1. J'en ai fait rexporieiice sur mot-mèmo. En 1866, j'avais eu le suprrieur du fémur droit fracassé par une balle : avant que mon sauveur L. Stronieyer n'entreprît l'opération de la résection qui devait me rendre la santé, j'eus à supporter pendant deux mois une suppuration eflrayante, qui me réduisit peu à peu à l'état de squelette. Après la guérison la musculature d'autrefois reparut et dans ses parties essentielles est restée la même, sans que j'aie repris les exercices de corj>s pratiqués auparavant par moi avec passion. Aujourd'hui même, je peux exécuter plus d'une traction à la barre fixe.

est vrai, nous ne prônons conscience de la force héritée que par Tusage que nous en faisons, par des perceptions actuelles, par Texercice et le travail. Mais comme le mécanisme le plus savant peut être anéanti par un choc brutal, de môme la force nerveuse accumulée de nombreuses générations est détruite pour toujours, si nous la dépensons à la légère ou la mettons à de trop rudes épreuves; alors apparaissent, pour réclamer leur Iriste prérogative, les « charges héréditaires » tant redoutées, cette malédiction qui pèse sur les actions mauvaises.

Le fait que ces tares et dispositions maladives se transmettent non seulement de la mère, mais encore du père à l'enfant, est, comme Pauly le met justement en relief, de la plus grande importance pour la question de l'hérédité . Nous n'avons pas besoin d'aller aussi loin et d'ériger en règle un(* égale transmission de toutes les qualités (dispositions do mémoire) des parents. Dans une mémo famille, tel enfant tient en somme plus du père, tel autre plus de la mère : do même, dans les souvenirs des domaines isolés des sens ol des organes d'exécution, dans les différents tempéraments de mémoire et systèmes d'association, il peut se présenter bien des différenciations, des affaiblissements et des renforcements ; tandis que le père estpeut-ôtre plutôt la source dos qualités acquises par l'individu et par les derniers ancêtres, l'héritage do la mère consiste plus peut-être dans les qualités ataviques do l'espèce. Les mariages mixtes enirc chrétiens et descendants d'Israélites, entre Germains et Latins, donnent souvent lieu à dos observations de ce genre. Le concours dos innombrables facteurs de l'hérédité peut bien prêter, dans chaque cas particulier, à des conjectures ultérieures, mais quant à une loi générale a priori, nous ne saurions en énoncer une. Tout au plus pouvons-nous essayer d'arracher à la nature le secret de quelques-unes des conditions sous lesquelles elle consent à produire certaines organisations mnémoniques d'un développement supérieur.

Au nombre de ces conditions se trouve, selon moi, en première ligne, un certain apaisement, une certaine épuration do ces tempéraments de mémoire des parents, dont on attend la

i-eproduclion pleine, à savoir môme double el supérieure en force. Surmenage et propagation semblent ne pas aller ensemble; les deux phénomènes présupposent des tensions toutes différentes. Dans la vie intellectuelle de l'individu, l'épuisement exclusif d'une faculté favorise le progrès d'autres facultés moins mises en œuvre ; de môme dans la propagation les souvenirs ménagés l'emporteront sur ceux qu'un fréquent usage a fatigués. De là peut-ôtre le fait que de saines dispositions générales proviennent presque toujours d'unions entre ôtres pourvus sans doute d'organisations vigoureuses, mais qui ne se sont nullement distingués par une activité de premier ordre. Deux talents moyens, mais .sains et bien ménagés, peuvent engendrer un génie ; c'est par le redoublement partiel de la saine raison que sont nés presque tous les grands esprits. Mais d'autre part la disparition du génie chez les descendants n'a en soi rien d'effrayant; c'est la soustraction toute simple opérée par la natui'e dans son travail pour unir en un nouvel ôlre deux natures très inégales dont elle prend la moitié. Il faut insister sur ce point en présence de la tendance dominante à voir sans plus d'ambages une dégénéi-escence dans tout cas de non-transmission de talent ou de génie purement maternel ou paternel, c'est-àdire seulement partiel. Comment attendre la pleine et entière transmission du génie, là où la seconde moitié apporte tout le contraire d'une aptitude géniale? Si la mère n'y met pas (la sien, le père célèbre doit, sans plus de formes, renoncer au bonheur d'avoir des fils célèbres ; il n'aurait eu qu'à ôtre plus prudent dans le choix de sa compagne. On ne le croii'ait pas, si on ne le lisait souvent ; il n'est pas jusqu'au manque d'enfants, presque toujours suite de la stérilité de la femme, qui ne soit imputé aux hommes de génie comme signe de dégénérescence ! Il nous faudrait pourtant faire un usage plus humain de ce mot à l'ordre du joui'.

D'une façon générale, nous pouvons dire peut-ôtre que les souvenirs d'exécution fortement organisés — les talents techniques — ont moins de peine à se transmettre que les associations qui forment la base de Tabstraction et de la spéculation scientifique et poétique. L'explication de ce phé-

2/i PHYSIOLOGIE DE L'ART

iiomèno ressort à son tour do la marche du développement de l'espèce comme de l'individu : les souvenirs moteurs, plus anciens et plus puissants, parviennent plus tôt à maturité et déclinent aussi plus tôt que les souvenirs sensoriels; par suite les systèmes d'aperception, dont la racine est essentiellement notre appareil moteur, réclament aussi moins de temps et moins de peine pour atteindre un plus haut degré de perfection que les systèmes fondés surtout sur raffinement et l'association des sens. Chez l'homme comme chez l'animal la partie musculaire et motrice est plutôt innée ; la partie sensorielle au contraire, l'élément d'association et de suhstitulion, demande plus l'adjonction de nouvelles qualités heureusement acquises. Chez l'homme les premiers souvenirs arrivent à pleine matuiîté dès la seconde ' et la troisième dizaine d'années, les derniers seulement dans la ti'oisième et la quatrième. La faculté motrice est un bien presque inaliénable de la race ; elle se transmet, dans le cas d'une nutrition et d'une circulation convenables, avec la probabilité de 10 : 1. Il n'en est pas de même de la faculté sensorielle, dont la réapparilion dépend de facteurs moins certains de l'hérédité et de l'éducation.

La connaissance précise des conditions de notre vie intellectuelle a beaucoup souffert jadis d'une conception erronée de la mémoire : on en parlait comme d'un simple pouvoir accessoire, auxiliaire de la conscience, dont l'homme, jmurvu d'aillours de raison, pourrait à la rigueur se passer. On la restreignait en un double sens : d'une part, on lia attribuait pour toute fonction le rappel à la vie de perceptions sensibles et de notions précises, nettement délimitées ; d'autre part, on lui accordait dans l'atelier de notre esprit un espace qui, pour n'être pas strictement borné, n'en était pas moins des plus petits. C'était, pour ainsi dire, l'âge psychologique de la théorie de la mémoire. Aujourd'hui nous sommes entrés dans rage physiologique : nous tendons à regarder la mémoire comme l'état dynamique durable de toutes les excitations réflexes, sensations et images héritées, réellement perçues ou rêvées ; sous des formes multiples, elle constitue la condition indispensable de toute activité intellecUiellc

OU plutôt cette activité môme ; enfin, grâce aux rameaux innombrables de ses conduits et de ses associations, elle remplit non seulement Fécorce cérébrale en toutes ses parties, mais domine encore chaque fibre nerveuse de notre corps.

Autant de sens et d'organes, autant de mémoires fondamentales. Le fait d'expérience que les fibres nerveuses sensibles, isolées, transmettent toujours les impressions d'un seul et môme sens déterminé, et qu'aussi les centres de j-eprésentation supérieurs des cinq sens occupent chacun un espace délimité dans Fécorce cérébrale, a conduit à Fhypo- Ihèse de substances nerveuses spécifiques; lamasse nerveuse dont Fexcitation produit des impressions lumineuses a été nommée par J. Millier « substance du sens de la vue ». Il est douteux cependant que nous ayons ici partout affaire à une substance de nature uniforme; par exemple, la substance du Xervus opticus, transportée dans l'œil intérieur, serait-elle susceptible de percevoir ou môme d'emmagasiner des impressions lumineuses? Les centres dits inférieurs ou réflexes (notamment pour le sens de la vue, les tubercules quadrijumeaux siège de la réaction pupillaire) comporteraient peutôtre aussi des substances propres. Il semble, par suite, à propos de parler d'une substance centrale de perception et de réception pour chaque sens isolé, par opposition aux substances de transmission et aux substances réflexes inférieures. L'idée semble d'autant plus indiquée, que les faits d'expérience ci-dessus mentionnés se rapportent surtout à des troncs nerveux dépendant, comme on le démontre, d'un seul et môme sens. Mais au centre de perception et de représentation de chaque sens séparé doivent se rattacher aussi des fibres qui assurent la communication avec les autres domaines sensibles.

Nous cherchons donc maintenant la mémoire du sens de la vue là où se produisent les perceptions visuelles, dans les deux lobes occipitaux de Fécorce cérébrale. Indépendamment des recherches retentissantes de Munk * et autres, je me suis

1. M. H. Munk, Fonctions de Vécorce cérébrale. Ensemble de communications (1877-1890), 2« éd. auirmentée, Berlin, 1890.

26 PHYSIOLOGIE DE L*AhT

senli amené déjà, dans les études précédentes, parles observations et considérations optiques et artistiques les plus diverses, à attribuer aux parties cenlj'ales du cerveau une importance éminente, et à i)Ius d'un égard décisive. J'ai surtout été fortifié dans cette idée par les observations sur lagrandissement de Timage rétinienne dans notre représentation, sur l'élargissement bilatéral et le concours de l'image droite et gaucbe dans la vision binoculaire; môme par la disposition stéréoscopique en ])rofondeur des lumières et des couleurs, et enfin, par le fait de l'addition de la lumière dans l'œil double. Ces pbénomènes et d'autres encore, nous forcent d'admettre un organe central d'action dynamique, étendu, ])répondérant, que j'ai simplement nommé l'œil intérieur, sans préjuger la détermination anatomique et physiologique de son siège. Il suffirait aux intentions de ce livre-ci d'en fmir, ])ar l'hypothèse générale de l'œil intérieur, avec le culte jusqu'ici tout-puissant de la rétine *. Je veux, cependant, essayer d'exposer, avec toute la brièveté possible, l'état général de la recherche scientifique sur cette question ; j'ai d'autant plus de plaisir à le faire que ses résultats prêtent une nouvelle force probante aux opinions ici défendues par moi.

1. Il y aurait pourtant injustice à roudro Hdnilioltz responsable do ce culto exclusif; dès la première édition de son Optique physiologique (1867), il n'a laissé en (luelcfues passaj^es (notamment pages 802 et 803) aucun doute sur ce point, qu'il &e représente les perceptions visuelles proprement dites comme produites dans le cerveau. 11 est vrai, ces indications ne sont (fue semées çà et là à l'occasion, et le lecteur superficiel ne les trouve pas sans peine, même avec l'aide du répertoire. La seconde édition ne donne aussi, dans les chapitres parus jus<|u'ici, que des indications très pauvres sur le rôle du cerveau dans la vision ; le § 17 ne contient pas mention des recherches de H. Munk.

Page 1