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Munk : Fonctions d« l'écorce cérébrale^ page

2, Dans sa ijoh'miquo contre Scliaefer, (lui place Tendroit A dans chacune des deux sphères visuelles plus au dedans que par derrière, Munk s'exprime ainsi : « La ditférence est d'autant moins importante (|ue nous reconnaissions tous deux l'impossibilité de déterminer exactement, à la suite de nos expériences insuffisantes chez le sincre, la jiosition de l'écîorce en question (c'est-à- «lire de la partie de l'écorce correspondant à la tache jaune des rétines). — Écorce cérébrale, i)iige 399.

Le cerveau et les centres visuels.

La ligure du bas représente les hémisphères cérébraux vus d'en haut; la figure du haut ne représente que l'hémisphère gauche vu par sa face intérieure. Les parties rayées de rouge indiquent la place présumée des centres visuels ; tes points rouges de chaque cAté, le siège Âi.

moniques dans les éléments représentatifs répandus à la surface de Técorce. Munk tire cette conclusion du fait que l'extirpation de cette partie importante, chez des chiens ou (les singes, avait suffi à provoquer l'état si hien désigné par lui du nom de « cécité psychique » : les animaux conservaient la faculté d'acquérir de nouvelles perceptions visuelles, mais avaient perdu le souvenir de perceptions antérieures ; ce souvenir ne réapparaissait total ou ])artiel qu'avec le temps, lorsqu'à l'aide des parties non extirpées (lo leurs sphères visuelles, les animaux avaient recouvré les images évanouies*. Seule l'extirpalion complète de l'ensemble des sphères visuelles entraîne l'entière cécité corticale, ou absolue incapacité perceptive. Cette distinction entre cécité psychique et corticale est de la plus grande importance; aucun des deux phénomènes n'a l'ien à faire avec la cécité de l'œil extérieur : un aveugle-né n'est pas nécessairement adeint de cécité psychique ou corticale, car une opération iieureuse lui rend la vue, les éléments essentiels entrent peu à peu en fonction, quoique afTaibhs peut-être par une longue inactivité; de môme la cécité extérieure, survenue dans un âge avancé, n'entraîne pas le dépérissement des organes essentiels de perception et de représentation; et inversement, l'apparition de l'hemianopie ou de la cécité psychique ou corticale complète n'empêche pas l'œil extérieur de recevoir encore des images rétiniennes parfaitement correctes, et d'accomplir les mouvements réflexes connus (réaction de la pupille à la lumière, clignement, etc.).

On prouve ainsi qu'il existe, à proprement parler, deux « yeux internes », un dans chaque convexité des lobes occipitaux. Chacun d'eux perçoit les champs de fixation des deux rétines ; de plus, la convexité droite perçoit seulement la moitié gauche, la convexité gauche seulement la moitié

1. Au besoin, raUeatioii du chien se dirige maintenant sur des perceptions visuelles produites par d'autres parties de la rétine ; le chien ne fixe plus, et des éléments représentatifs laissés jusque-là sans usage, situés en dehors de la partie A, fournissent des images intuitives de nouvelles perceptions visuelles, «qu'elles font ensuite subsister à l'état d'images muémoniciues : ainsi s'opère avec le temps, la restitution de la cécité psychique : la cécité corticale, même partielle, se montre au contraire toujours fixe et invariable. (Munk : Écorce cérébrale^ page 100).

G. HIRTH. 3

droite du champ visuel binoculaire. Pour rendre la chose plus sensible, je donne ici un Schéma approuvé par Herm. Munk, et communiqué par C. Wernicke dans son Traité des maladies cérébrales (I, p. 236).

L'entrelacement en forme de nattes des faisceaux croisés du Tractus optici donne lieu à une modification visible dans le Schéma ei-contre de la projection trouvée par Munk pour le chien. Chez

le chien, la partie de la rétine employée à fixer, la Macula lutea, n'est représentée que dans l'écorce cérébrale croisée ; chez Thomnie au contraire, cette partie est rattachée aux deux lobes occipitaux ; son milieu doit donc répondre à un centre imaginaire de cette partie de l'écorce, associée au lieu de la vision la plus nette : il y a ainsi un point de fixation non seulement sur la rétine, mais encore sur la sphère visuelle de l'écorce ; en conséquence, toute image de quelque dimension, projetée à cette place de la rétine, est vue.

dans la vision binoculaire, en deux moitiés, à savoir la moitié gauche par l'hémisphère gauche, la moitié droite par l'hémisphère droit. Soit dans chaque œil c le centre présumé de la Macula tutea^ ab et flf,ô, rimage d'un objet fixé : sa moitié gauche ac, dans l'œil gauche, est projetée selon ay, dans l'œil droit a^ c, selon a, y ; sa moitié droite, dans l'œil gauche c b selon y p, dans l'œil droit c ô, selon Y p,. La simplicité de l'image finale doit être attribuée à des systèmes d'associations régulièrement ordonnées, et, sans aucun doute, aux fibres du corps calleux qui rayonnent dans les lobes occipitaux. La projection singulière de tous les objets vus excentriquement mérite notre attention. Chaque point de l'image parvient ici deux fois dans le même hémisphère, aux deux côtés du point de fixation y de la sphère visuelle et probablement à une distance à peu près égale de ce dernier point. Supposons, par exemple, dans les deux moitiés gauches de la rétine, l'image d'un point qui se produise aux lieux x et x, ces lieux se projettent en x etx, de l'hémisphère gauche, de façon, nous devons l'admettre préalablement, que la distance «xy = yx,. L'image se meut-elle vers le point de fixation c de la rétine, elle se rapproche des deux côtés du point de fixation de l'écorce y ; se meut-elle dans le sens opposé, vers la périphérie de la rétine, elle s'éloigne aussi sur l'écorce du point Y vers des parties plus voisines de la périphérie de la sphère visuelle, La position des points identiques de la rétine est ainsi déterminée sur l'écorce par leur éloignement du point imaginaire de fixation y. Le fait qu'on les voit simples doit reposer sur une association innée ou acquise des points connexes de l'écorce. Une paralysie des muscles visuels, par exemple, amène-t-elle un changement unilatéral dans la position du point image sur la rétine, c'est-à-dire l'image vient-elle à frapper des points non identiques de la rétine, elle ne parvient pas non plus alors à dés points connexes dans la sphère visuelle de l'écorce, et nous devons alors la voir double.

Après ces explications, la question de la vision monoculaire présente encore son intérêt propre. Supposons l'image rétinienne ab projetée seulement sur l'œil gauche, à l'exclusion de l'autre : ac donne l'image ay dans l'hémisphère gauche, cb l'image yp dans l'hémisphère droit. L'objet est vu simple et entier. Mais la dififérence entre l'image ab de la rétine gauche et l'image «, ô, de la rétine droite, fondement de la vision stéréoscopique, n'arrive pas aussi à s'exprimer sur l'écorce cérébrale, puisque chaque sphère visuelle possède une seule image, et non deux comme d'habitude- Nous comprenons alors le but de la projection dans chaque hémisphère de deux images issues de chaque point excentrique : ce doivent être les petites diff'érences entre les distances «y et ya,, py et yPi qui permettent la vision stéréoscopique. »

Quant à savoir rommont il nous est possible dans la vision, soit monoculaire, soit binoculaire, de ne voir que des images simples, malgré la projection sur deux parties différentes de l'écorce, et notamment d'avoir une perception ime de la projection quadruple du point fixé dans le champ visuel l)inoculaire — c'est une question jusqu'à ce jour en suspens. On était tenté de conjecturer une relation entre les éléments des deux sphères visuelles, qui appartiennent à des points identiques de la rétine, par le moyen de fibres spéciales de commissures ou d'associations. « Si de telles fibres existaient, elles devaient s'étendre en biais sur la convexité de chaque lobe occipital d'un côté à l'autre, assez loin de la surface, ou bien encore dans la substance grise de l'écorce ou dans la substance blanche voisine. » Mais Munk s'est convaincu par différentes incisions pratiquées chez des singes vivants, qu'une telle relation n'existe pas. Chaque fois, le singe voyait aussi bien après l'entaille qu'avant, il saisissait le moindre brin de nourriture avec la môme sûreté et la môme délicatesse. Parla, semble écartée toute explication dernière, par l'anatomie, de ce qu'on nomme la vision simple binoculaire ; il nous reste cette seule hypothèse « que les deux rétines sont l'origine d'impressions lumineuses doubles » (Voir plus haut) et que « les seules fonctions supérieures de la splièn» visuelle nous permettent néanmoins la vision simple avec nos deux yeux ». Ce n'est là qu'un exemple plus étendu du dualisnu» qui règne dans notre système nerveux. Nous enregistrons, par exemple, aussi des perceptions auditives simples avec nos deux oreilles, et pourtant, comme Fa démontré égalenn^nt Munk*, les éléments des extrémités périphériques de chaque acusticus sont seuls rattachés aux éléments percepteurs du son de la sphère auditive opposée. Mais l'appareil visuel se distingue des autres systèmes dualistes en ce que chacune des deux moitiés périphériques est eu relation avec chacune des deux moitiés centrales ; il s'ensuit que des troubles unilatéraux dans l'une des premières ou des dernières n'entrahientpas à leur suite une suspension unilatérale complète des fonctions.

l. Fondions de l'écorce cérébrale^ page 119.

Ce qni présente ici pour nous un intérêt particulier, ce sont les vues de Munk sur la [construction de la mémoire lumineuse. « Les images visuelles, issues de perceptions visuelles, sont, ou bien des images intuitives, ou bien des images mnémoniques de ces perceptions. L'excitation des libres nerveuses optiques au service de la yision ne borne pas nécessairement ses suites à l'excitation des parties centrales, chargées de la perception visuelle, mais elle peut encore, parle moyen de cette excitation, émouvoir indirectement des parties centrales de nature différente, et provoquer ainsi des images visuelles. Or, ces derniers éléments, qu'on peut appeler éléments représentatifs, se distinguent des éléments perceptifs: les éléments perceptifs se retrouvent bien vite après l'excitation dans leur ancien état de repos complet; dans les éléments représentatifs, au contraire, l'excitation laisse derrière soi des changements essentiels, et le retour à l'équilibre ne s'opère qu'avec une extrême lenteur. Supposons maintenant que l'excitation des fibres optiques, transmise par les éléments perceptifs convenables, émeuve pour la première fois certains éléments représentatifs; la pure image intuitive de la perception visuelle se trouve alors donnée, et la perception visuelle paraît nouvelle et inconnue. L'excitation des fibres optiques vient-elle à cesser, l'excitation des centres prend aussi fin et l'image intuitive est évanouie; mais grâce aux modifications durables subies par les éléments représentatifs, l'image mnémonique de la perception visuelle se conserve latente (jpotentia) et cette image renaît [actu)^ désormais, chaque fois que les mômes éléments représentatifs entrent en mouvement, sous n'importe quelle impulsion. Cette excitation est-elle provoquée dans la suite par une nouvelle excitation des fibres optiques, l'image intuitive de la perception visuelle réapparaît en môme temps que l'image mnémonique; et ce concours des images intuitive et mnémonique donne à la perception visuelle l'apparence de chose connue. Telle est la seule et unique conception physiologique possible des phénomènes en question*. »

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