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Fonctions de Vécorce cérébrale^ pages 97 et

2. Fonctions de Vécorce cérébrale, page 98. Nous trouvons une garantie remarquable de la justesse de cette conception dans un nouvel examen du chien auquel on a extirpé d'un côté la partie Aj. Avec l'œil opposé, il ne reconnaît rien, et pourtant le quart extrême de la rétine de cet œil est relié, non à la sphère visuelle lésée, mais à la sphère intacte, qui se trouve en possession non interrompue de tous ses éléments représentatifs. C'est la preuve de la diversité des rapports entre les éléments représentatifs de la partie Aj et les divers éléments perceptifs de la même rétine, rapports même presque nuls avec nombre des derniers éléments qui appartiennent à la périphérie. Ces observations, plus encore que le seul état loccil ou anatomique, nous assurent de ce que j'avançais tout à l'heure, à savoir que les éléments représentatifs de la partie A| se trouvent en relations particulièrement étroites avec les éléments percep-

porte sur une perception qui doit provoquer dans les éléments représentatifs des modifications durables? Peut-être serait-il plus simple de dire : « l'intensité de la perception mesure aussi en règle générale la netteté et la fixité de Timage mnémonique. » Énoncée sous cette forme, la loi nous explique aussi ces images mnémoniques assez fréquentes, dont nous ne savons pas comment elles sont devenues nôtres. L'enfant, notamment, perçoit (au sens le plus large du mot) une foule d'objets qu'il n'a pas, à coup sûr, considérés avec attention ; il semble môme que la conception du monde générale du sens de la vue s'édifie pour une très grande part sans le concours de ce que nous nommons attention. Nous devrions alors attribuer au sens de la vue, à côté de l'attention consciente, une seconde attention, en quelque sorte automatique; mais, en ce cas, il serait plus intelligible, au point de vue physiologique, de se borner à parler d'états de tension nerveuse différents en force et en durée dans un domaine central ou dans plusieurs de ces domaines, reliés par des fibres associantes. Nous reviendrons sur cette question dans le chapitre suivant. Dans sa dernière communication (novembre 1880) H. Munk traite de certaines relalions, prouvées par excitalion électrique, qui s'élablissent entre la sphère visuelle et d'aulw^s centres pour la production de mouvements*. « Nous le savons maintenant, la Corona radiata (Stabkranz) de la sphère visuelle contient, outre les fibres nerveuses optiques, dont l'excitation centrifuge portée jusqu'à la sphère visuelle permet la vision, des fibres radiées, dont l'excitation transmise de la sphère visuelle vers la périphérie à des parties

tifs de la môme i)artie. Mais, phénomène bien plus important et siirnificatif encore, si môme nous laissons notre chien courir çà et là librement des moi? entiers, il ne recouvre pas les imajfes mnémoniques perdues d'un côté. Aussi difficile parait ici tout d'abord l'éniurme, aussi simple en est la solution définitive. Le chien, qui ne trahit ni inquiétude ni curiosité, qui ne montre pas traro d'un regard affaibli ou égaré, mais conserve toujours le regard du chien intact, fixe les objets, un examen attentif nous l'apprend, après l'opération exactement comme avjint ; en conséquence, il reconnaît tout avec l'œil correspondant ; mais dans l'œil opposé, les images des objets considérés tombent toujours sur la partie rétinienne de la vision directe atteinte de cécité corticale, il ne peut donc se produire là, ni perceptions ni images représentatives, et par suite, non plus, aucune nouvelle image mnémoniijue. 1. Fonctions de Vécorce cérébrale, pages 295-311.

SIÈGE DE LÀ MEMOIliE VISUELLE H

inférieures (subcorlicales) du cerveau provoque des mouvements ; il ne se produit pourlant par celte voie que de simples mouvements d'yeux à la suite de la vision ; tous les autres mouvements , conséquence de la vision , demandent lintorvention de fibres associantes et d'autres régions de l'é-

corce Il existe ainsi deux voies pour la production des

mouvements qui suivent la vision, et la voie la plus courte, celle des fibres radiées de la sphère visuelle, est celle des mouvements réflexes optiques inférieurs : c'est là un fait qui nous permet de pénétrer plus avant dans la structure et dans les fonctions non seulement de la sphère visuelle , mais encore, la suite le montrera, de l'écorce cérébrale en général. La projection des rétines sur les sphères visuelles apparaît maintenant dans toute son importance comme substratum pour les signes locaux des sensations visuelles, alors que les mouvements d'yeux involontaires provoqués par les fibres radiées fournissent le complément nécessaire La recherche anatomique, par le fait de ces fibres radiées nouvelles de la sphère visuelle, perd la possibilité d'appeler conduits optiques tout ce qui disparait après la perte de la sphère visuelle du côté de la périphérie ; mais elle gagne en retour l'attrayante perspective de pouvoir s'appuyer sur les relations existant, d'une part entre les fibres radiées et les éléments perceptifs des centres, d'auti:e part entre les fibres associantes et les éléments représentatifs, et sur cette base de pouvoir distinguer aussi à leur tour les deux sortes d'éléments des centres, et en démontrer la dissemblance morphologique. » Les derniers résultats ici mentionnés de l'étude cérébrale la plus récente sont aussi en parfaite harmonie avec la description que j'ai donnée des fonctions de Y « œil interne », fondée purement sur des considérations optiques. Nous trouvons ici la confirmation des faits suivants : les mouvements fixatifs de l'œil double sont régularisés en fait dès leur naissance dans les éléments perceptifs des centres ; il se produit dans l'œil double une formelle addition de lumière ; non seulement les perceptions lumineuses, mais encore les souvenirs du môme ordre sont liés à des éléments nerveux localisés et des plus précis, et ces éléments sont

associés à d'autres contres moteurs, perceptifs et représentatifs. Nous comprenons mieux maintenant pourquoi, audedans de certaines limites, deux images rétiniennes de grandeur différente se peuvent fondre en une seule (au profit de la plus grande), dès seulement que le point de fixation est le môme des deux parts ; nous voyons aussi pourquoi, dans la vision binoculaire, un plus grand effet de profondeur est inhérent aux parties vues à travers ou à côté avec un seul œil qu'aux lumières perçues par les deux yeux. En général la disposition dualiste constatée de la sphère visuelle rend plus facilement compte des phénomènes de la vision des corps; et môme l'explication symbolique donnée plus haut du concours des deux images rétiniennes passe du domaine de l'imagination dans celui de la réalité physiologique.

Mais les recherches et hypothèses de Munk relatives à Texplication de la mémoire lumineuse sont bien plus importantes encore. Les images mnémoniques générales se placent dans les éléments représentatifs des deux sphères visuelles différentes, celles des parties de fixation du champ dans chacune de ces sphères par le moyen d'influences lumineuses réciproques ; pour les souvenirs lumineux, au contraire, nous trouvons une conservation redoublée. Les dépôts des deux hémisphères visuels entrent-ils ensuite en mouvement à chaque réapparition de souvenirs; visuels ? La question est, à vrai dire, difficile à trancher. Nous trouvons concevable, tout naturel môme, que notre appareil visuel dualiste perçoive simultanément et dans leur unité des impressions lumineuses actuelles simultanées : nous savons en effet que déjà dans la vision monoculaire le point de fixation se projette dans les deux sphères visuelles ; par suite dans la vision binoculaire les deux moitiés se forcent en quelque sorte réciproquement à admettre un point de fixation commun. Mais la première perception une fois évanouie avec les images primaires qui la suivent, nous ne pouvons dire, à l'apparition plus ou moins tardive d'une image mnémonique, si cette image provient des deux hémisphères ou seulement de l'hémisphère droit ou gauche.

Je me représente le phénomène à peu près de cette façon.

Chaque image projetée par les rétines dans les sphères visuelles ébranle, à titre d'image psychique, les éléments perceptifs et représentatifs ; et peu importe si elle est ici retenue pour la première fois ou se joint à des images homologues antérieures, si sur sa route ou grâce à cette combinaison elle prend ou non la forme d'une image plus intense (attention, conscience). Puisque^ la vision monoculaire môme suppose l'excitation constante des deux sphères visuelles, on peut admettre que, lors de la reproduction à l'état actuel d'une image rétinienne déjà déposée sous une foriûe semblable, les images antérieures qui s'y rapportent (images collectives) des deux loges de la mémoire entrent d'ellesmêmes en vibration. Là où manque, au contraire, l'impression périphérique qui provoque la vibration ou la tension des deux loges indépendantes (par exemple dans le travail poétique ou Imaginatif, dans le rôve, dans riiallucination), il est à penser que les souvenirs de Tune des sphères visuelles demeurent isolés ou n'entrent en rapports avec l'hémisphère jumeau que par l'intervention d'autres contres sensoriels. En fait les créations bizarres et inconstantes du rêve prêtent à croire qu'il y a ici plus d'une fois développement séparé, dans les deux hémisphères, de séries d'images incohérentes, disparates, et, selon l'intensité de ces images, production, tantôt à gauche, tantôt à droite, des états nommés par nous perception et attention*. Un obstacle à cette hypothèse est que, môme dans le rôve (autant que nous pouvons nous le rappeler), nous voyons des images non hémiopiques, mais complètes, et il semble alors bien plutôt que cette chasse aux images, pratiquée des deux parts, dût toujours, ou du moins dans la plupart des cas, nous amener à des représentations consensuelles. — Nous sera-t-il encore donné de voir la solution définitive du grand problème psychique de la lumière ? Car la lumière n'est autre chose que ce qui a éclairé d'une lueur électrique la caméra obscurissima de notre écorce cérébrale et a créé en nous un souvenir.

i. Prière de comparer ce que j'ai dit de la faculté mensuratrice de l'œil, et en particulier les passages relatifs à récartement des deux images rétiniennes.

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