L'inconscient ne se fatigue pas
3. Toute image consciente a la forme de la sensibilité, la pensée inconsciente seule peut être de nature non sensible.
4. L'inconscient n'oscille et n'hésite pas ; il n'a pas besoin de temps de réflexion, mais il saisit instantanément le résultat au môme moment où il pense d'un seul coup, non pas l'un
La mémoire latente est sujette à la maladie aussi bien que la mémoire consciente d'après la loi de régression. (Page 66.) Et cela substantiellement et localement. Si dans une maladie générale l'activité psychique inconsciente survit à l'activité consciente, la seule cause en est une force de résistance plus grande de l'organisation devenue automatique que des acquisitions les plus récentes.
La mémoire latente est soumise aux mêmes lois de nutrition, de tension et de fatigue que la vie matérielle et fonctionnelle générale de l'écorce cérébrale.
Au-dessous même des points de nullité de la conscience (preuve : la conscience du rêve) il y a travail ; or, chaque travail enferme en soi dépense de forces : — il doit donc se produire une fatigue dans la mémoire latente, faute de restitution suffisante.
Un travail de pensée sans images (ou images collectives), substitutions et associations des centres sensoriels me paraît inconcevable au-dessus comme audessous des points de nullité de la conscience et inconciliable avec les expériences.
La plupart des actes de choix et associations à apparition spontanée, se produisent en des espaces de temps d'une brièveté incommensurable, mais il ne manque pourtant pas non plus
après l'autre, mais l'un dans l'autre, tous les éléments du processus logique qui engendre le résultat, c'est-à-dire qu'il ne les pense pas, mais par l'infinie pénétration de son coup d'ieil logique embrasse le résultat d'une intuition intellectuelle immédiate.
S. L'inconscient ne se trompe ])as.
Comme prétendues erreurs de l'instinct, Hartmann cite quatre sortes de cas :
a) Par exemple, le choc irraisonné et sans but de deux jeunes Ixieufs, qui n'ont pas encore de cornes.
à) L'étouffement de l'instinct par des habitudes contre nature.
c) Le cas d'absence complète de la suggestion inconsciente, par exemple, le cas du porc qui dévore ses petits.
d] Le cas où l'instinct, il est vrai, opère régulièrement sur l'image consciente, sur laquelle il doit opérer, mais où cette image consciente contient une erreur, par exemple, le cas de la poule qui trouve sous elle un morceau de craie rond comme un œuf et le couve. Hartmann est même convaincu que « toutes les aberrations mauvaises et maladives des conceptions mystiques et artistiques dérivent, non de l'inconscient, mais du conscient, c'est-à-dire de débordements morbides d'imagination, i< ou d'une fausse éducation et formation des principes, du ju- {içement et du goût ». Là où on entend parler de fausse lucidité.
de processus lents dans la mémoire latente. (Page 63.) Les sympathies et antipathies, par exemple, tant qu'elles ne nous dominent pas encore à titre do sensations clairement motivées, expriment de lentes et incertaines associations d'images mnémoniques au-dessous des points de nullité de la conscience.
En partant de ce point de vue :
Tout ce qui est, est raisonnable, on pourrait dire aussi du conscient qu'il ne se trompe pas.
Mais si l'on entend par « absence d'erreur » l'acconmiodation la plus parfaite possible des images et actes de pensée à une convenance instinctive ou consciente, nous devrons désigner comme erreur tout acte de pensée qui repose sur de fausses associations. L'attention latente est-elle plus exposée à l'erreur dans l'état de sommeil que dans l'état de veille, lors de la pleine activité des organes périphériques?
Il n'est guère possible de le décider d'une façon générale, mais seulement d'un cas à l'autre. Toujours est-il incontestable que le travail de la mémoire inconsciente dispose, à chaque nouvelle image et association devenue automatique, d'un matériel plus riche, et qu'un matériel automatisé des plus vastes est nécessaire à la production des bonnes œuvres d'art, comme de celles à « excroissances morbides ». Quant aux indications fantastiques sur « la fausse lucidité », « les rêves non justifiés »
et « les aberrations des conceptions mystiques », elles échap-
pcnt à mon entendement. Un certain état maladif de la con^ science n'est-il pas requis pour comprendre l'impossibilité de la maladie, de la fatigue, de l'erreur chez l'inconscient ?
Tout est mémoire, même la prétendue lucidité, qui, considérée au grand jour, se trouve n'être qu'un don plus ou moins heureux de combiner des images antérieures en images d'apparence toute nouvelle. L'inconscient de M. de Hartmann n*a besoin ni d'expériences, ni d'images sensibles. Mais que sait-il alors au moyen de sa lucidité?
Et que peut solliciter instamment de lui la volonté, sinon quelque progrès dans nos pensées et nos actes, composés à leur tour de souvenirs et d'images?
Si nous voulions transporter aux actes de pensée de la mémoire latente ce qui est dit cicontre de l'inconscient, nous les rebaisserions au niveau de l'instinct animal le plus bas. Restonsnous fidèles à la croyance que chez l'homme le travail intellectuel caché, automatique ou lent, subit du fait des dispositions individuelles, de la pratique et de l'éducation, des moditications multiples, et qu'aussi l'activité scientifique et artistique se développe en grande partie dans la mémoire latente, cette mémoire latente nous apparaît alors, non seulement comme le théâtre de nos instincts naturels, mais aussi comme la source fertilisante, comme l'atelier préparatoire de notre vie intellectuelle consciente. Là seulement où règne un vouloir conscient, la mémoire latente sera en état de déployer toute sa force à titre d'in-
on peut être siir d'avoir affaire à une illusion volontaire ou non ; c'est le cas pour les rêves non justifiés: ils ne sont pas* dus à des inspirations de l'inconscient ».
6. La conscience ne tient sa valeur que de la mémoire : nous ne pouvons, au contraire, attribuer à l'inconscient aucune mémoire. L'inconscient pense aussi en un seul moment et à la fois tout ce qui lui est nécessaire pour un cas déterminé ; il n'a donc besoin ni d'instituer des comparaisons, ni de s'appuyer sur des expériences antérieures, puisque sa clairvoyance lui donne la connaissance de tout et le pouvoir de tout connaître, à la moindre sollicitation pressante de la volonté.
7. Dans l'inconscient, volonté et représentation sont unies en une unité inséparable, rien ne peut être voulu sans être représenté, rien non plus ne peut être représenté sans être voulu; dans la conscience, au contraire, il ne peut y avoir non plus, il est vrai, volonté sans représentation, mais il peut y avoir représentation sans volonté : la conscience est la possibilité pour l'intellect de s'émanciper de la volonté.
ternipdiaii-e toujours Piiiprcsst' d'images et associations, et pourra accomplir ses (eiivrcs ïea plus hautes; elle n'obéira là aussi dans ses actes de choix et conclusions auto m a tiques qu'à une seule volonté, celle qui s'harmonise avec la volonté de la conscience. 1^ mémoire latente peut alors nous surprendre par son instinct (le découverte, mais non pas nous induire en erreur à rencontre lie notre volonté consdenle.
La popularilé dont jouit îa Philosophie de V Inconscient, de Hartmann, m'a détermini! à établii' le court parallèle précèdent. Celui qui étudie superficiellement l'essence de l'œuvre d'art n'est que trop portiî à chercher la force impulsive dans HQ enthousiasme elTréné, dans le « divin didire platonicien, meilleur que la sobre ré(le\ion ». Il est dange rciix de proposer à des jeunes gens ces doctrines litauesque s ; mieux vaut les ptinéti-er de cette conviction modeste, que l'art vérilable et achevé peut croître seulement sur le terrain d'une organisation affermie par l'élurle la plus laborieuse de la nature, par l'exercice assidu, incessant des sens et de la main. Une telle organisation précède naturellement le développement, presque toujours aussi la révélation de tout génie artistique. Quant à la mémoire latente, elle n'est ni plus ni moins féconde pour l'art que l'écorce cérébrale n'était capable do produire de.s souvenirs arlistiques, et ne se (ronvait peuplée <-a fait d'images fructueuses.