‹ Physiologie de la̕rtChapitre 34 sur 48 · DE L'HISTOIRE NATURELLE DES SYSTÈMES DE MÉMOIRE ARTISTIQUE · texte numérisé non relu

DE L'HISTOIRE NATURELLE DES SYSTÈMES DE MÉMOIRE ARTISTIQUE

Il y a des systèmes ménioriels sains otnialsains, selon qu'iK s'accommodent ou non ans dispositions natuieiles el au di'-x i loppcment des mf^moires fondamentales. Oi', cette accomTiiiidation suppose : premièremeni, que tout le poids do 1' «ap|>li cation » ne retombe pas avec persistance sur un seul cenlii' circonscrit; en second lieu et inversement, qu'on n'esifir pas une succession trop Wquentc et ti'op rapide d'imagir. hétérogènes, disparates, tirées des différentes mémoires fondamentales et engendrées par des associations variées; ni ti"oïsième lieu, que les images mnémoniques, objet de la ivproduction, ne sont pas empruntées constamment à la seul<' fantaisie, cest^-dire édifiées par combinaison de souveuiis antérieurs, mais renouvelées ou modifiées par un fréqueui appel aux organes périphériques, appel réglé d'api-ès les conditions naturelles d'existence de ces oi^anes ; en quatriènir lieu, que l'attention consciente n'a pas à fournir tout li> travail, mais que l'activité intellectuelle automatique jom' aussi un assez grand rôle; et cinquièmement, que dans l,-i reproduction et la combinaison d'images mnémoniques, toii^ ne s'eflfectue pas par voie de substitutions de concepts.

Ces conditions, il va de soi, n'épuisent pas les caractères du système mémoriel « sain »; il s'y en associe beaucoii|) d'autres encore, qui appartiennent à l'hygiène corporL'JU' générale et neiTeuse (nutrition, circulation du sang, em-

contrôlables en la plupart des cas, ne jouent après tout qu'un rôle subalt(»rne à côté des influences extérieures, et proprement des modifications continuelles subies par un fonds (limages modèles, c'est-à-dire par le matériel de l'imagination artistique.

Ce fonds d'images modèles se compose des souvenirs les plus différents. La part du lion revient, cela s'entend, à ceux du sens visuel, puisque, nous l'avons vu, toute tentatiie artistique est en soi-même déjà une équation de lumière. Mais là môme où l'artiste ne se propose que de reproduire avec la plus grande fidélité un petit coin de nature, il se forme des fils d'attache avec d'autres domaines mnémoniques. Ces rapports augmentent en importance, dans la mesure où l'artiste subordonne son travail à quelque fin décorative ou pratique, ou du moins tient compte de quelque goût particulier (page 2). A bien regarder, nous voyons tous les domaines mnémoniques imaginables, auxquels on peut faire appel pour expliquer la vie de l'homme et de la natuie, jouer aussi un certain rôle dans l'art plastique. La lumière en mouvement surtout n'acquiert aux yeux de l'artiste une parfaite clarté, que s'il reconnaît le vrai motif ou le vrai sens du mouvement: cette vérité se manifeste à nous dans les œuvres, tant du paysagiste que du portraitiste ; l'un et l'autre ne trouvent jamais l'équation de lumière persuasive que pour les phénomènes dont ils comprennent la vie intérieure. II en est ainsi de la danse des lumières dans les arbres et sur les vagues de la mer, comme des jeux de physionomie sur le visage d'un homme supérieur.

Si nous cherchons à décomposer les contenus de différentes œuvies d'art, appartenant aux différents domaines de mémoires, nous sommes amenés à des résultats très curieux. C'est une crovance salutaire, mais hélas ! très mensongère, que ces contenus proviennent toujours essentiellement de l'observation directe de la nature et des images génériques qui en sont formées. Quant à l'élément artistique spécifique, base du système mémoriel sain, c'est en vain que nous le cherchons, non seulement chez les artistes isolés, mais dans des groupes et des écoles entières. Nous trouvons

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