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Velléités artistiques chez des aliénés

L'un des arguments favoris en faveur de la proche parenté du génie et de la folie, est l'observation que des hommes d'esprit ordinaire et môme d'instruction inférieure, une fois devenus fous, mettent souvent au jour des idées très curieuses, ingénieuses, et môme de temps à autre un talent de création artistique. De là, on a tiré (par la voie devenue habituelle !) la conclusion que le génie, qui possède en tout temps et en tout lieu cette force créatrice, ne se trouve à vrai dire que dans l'agréable situation de jouir des fruits de la démence sans souffrir de ses mauvais côtés ; la folie s'est transformée chez lui en organisation normale sous le masque de la santé I

Sans doute, les rapports que la littérature psychiatrique nous fournit sur ces accès de génie, sont des plus intéressants. Nous y rencontrons les vues les plus ingénieuses sui* les propres souffrances du malade; de curieuses maximes do sagesse, des pensées d'une haute poésie exprimées sous une forme très originale, souvent achevée — et cela chez des individus qui, dans leurs jours de bon sens, n'avaient ni produit rien de semblable, ni possédé le degré de culture nécessaire à cet effet. Il existe môme en beaucoup d'asiles des journaux écrits et illustrés qui, sous la surveillance des médecins, sont rédigés exclusivement par des fous. Lombroso lui-même, dans l'Ospizio di Pesaro, a provoqué, en 1872, la naissance de la première feuille de ce genre, et y emprunte, ainsi qu'à d'autres sources, des articles très curieux et saisissants qu'il nous communique*. Notre compassion pour ces

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