AUTO-INTOXICATION PAR SURMENAGE INTELLECTUEL
marche des affections aiguës ou chroniques. Les maladies internes les plus banales, aussi bien que les lésions externes les plus simples, peuvent prendre un cachet de gravité particulier chez un liomme qui a subi des travaux musculaires trop violents et trop longtemps soutenus, aussi bien que chez celui dont le cerveau a été soumis à des efforts trop intenses, h une tension d’esprit trop prolongée. Une pneumonie revêt la forme infectieuse chez un soldat surmené par des marches forcées, aussi bien que chez un jeune garçon qui a travaillé avec excès à la préparation d un examen. — C’est que, dans les deux cas, le mal évolue sur un terrain vicié par des produits de désassimilation.
Ainsi, en attendant que la science ait pu parvenir à fournir une théorie tout à fait satisfaisante du surmenage intellectuel, les laits d’observation nous obligent à constater une analogie frappante entre les résultats de l’excès d’exercice physique et ceux de l’abus du travail d’esprit.
Cette analogie se traduit aussi bien dans les degrés légers de la fatigue que dans les cas graves du surmenage.
Il y a un phénomène matériel très facile à observer, et depuis longtemps signalé à l’attention des physiologistes, qui accompagne l’excès de travail des muscles : c’est l’état trouble du liquide urinaire. Ce trouble est dû à la présence en excès dans l’urine de produits de combustion incomplète, les urates et l’acide urique. Or, les mêmes troubles qu’on observe dans l’urine à la suite d’une marche forcée se produisent très souvent à la suite d’une forte tension d’esprit; nous avons pu les observer pour notre part, après l’achèvement d’un chapitre laborieusement étudié.
A la suite de l’exercice musculaire , ce sont les déchets azotés du muscle qui s’éliminent dans l’urine sous forme d’acide urique. En est-il de même à la suite du travail cérébral, et sont-ce des molécules azotées de la substance nerveuse imparfaitement brûlée que l’organisme élimine? On ne peut, pour le moment, répondre d’une manière satisfaisante à cette question ; mais ce qu’on peut présenter comme un fait aussi certain que curieux, c’est la similitude de composition que présentent les précipités de l’urine < après le travail physique et après la fatigue d’esprit. Dans les j deux cas, ce sont des urates en excès qui s’éliminent, j L’identité de composition chimique n’est pas la seule analogie 4 que présentent les déchets dus au travail physique avec ceux (pii résultent de l’activité intellectuelle exagérée. L’excès de produc- F. Laokanoe.