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LE TOUR DU TRAPEZE

jjarties agissantes, membres, colonne vertébrale ou bassin, exécutent avec précision, les unes sur les autres, certains déplacements dont la résultante est une attitude favorable à l’accomplissement définitif de l’exercice.

Quand on cherche à exécuter pour la première fois un mouvement inconnu, il semble d’abord que les muscles, si dociles dans les actes habituels de la vie, sont devenus rétifs aux ordres de la volonté. Quand les muscles obéissent enfin, les leviers osseux à leur tour semblent refuser de se déplacer dans la direction , voulue, et l’ensemble du corps, malgré les plus violents efforts, ‘ne peut prendre exactement l’attitude cherchée.

11 y a en gymnastique un mouvement très connu, qu’on appelle le tour du trapèze. Les enfants qui l’ont appris l’exécutent avec la plus grande facilité , et il n’exige qu’une dépense de force très limitée. Ce tour consiste à se suspendre par les poignets à une harre de bois, puis à faire passer les jambes et le corps tout entier au dessus de cette barre, et à continuer le mouvement de révolution jusqu’à ce que le corps ait repris son attitude première.

On peut mettre au défi l’homme le plus robuste et le plus agile, s’il n’a jamais exécuté ce mouvement, de réussir , du premier coup, à l’effectuer.

Une fois suspendu par les mains , le gymnasiarque novice qui cherche à imiter son moniteur se trouve très embarrassé. Il ne sait comment s’y prendre pour imprimer au tronc le mouvement de bascule en vertu duquel les jambes devraient passer audessus du bâton. A ce moment, au milieu de ses efforts musculaires, l’apprenti gymnasiarque fait manifestement un effort cérébral ; il tâtonne, essaie de faire intervenir tel muscle, puis tel autre. S’il s’observe lui-même, il a parfaitement la notion d’i.n travail d’ordre psychologique; ses centres nerveux semblent chercher la solution d’un problème qu’on pourrait formuler ainsi : quels muscles faudrait-il contracter pour faire passer

le tronc de la position verticale à la position horizontale ? La

réponse à cette question ne vient d’ordinaire qu’à la suite de longs tâtonnements; mais presque toujours on éprouve une véritable surprise quand le problème est résolu, quand le mouvement arrive enfin à s’exécuter. On n’a pas notion d’avoir fait un effort plus grand, mais de s’y être pris autrement qu’on ne l’avait fait jusqu’alors. La volonté, après avoir essayé, sans succès, de

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plusieurs groupes musculaires , est enfin arrivée à grouper dans un mouvement d’ensemble ceux qui étaient réellement aptes à produiie l’effet cherché.

Tel un homme qui, après avoir longtemps cherché le mécanisme qui ouvre une porte secrète , met enfin le doigt sur le bouton et fait jouer le ressort

L’anatyse que nous venons de faire nous a permis de voir un des modes d’emploi du travail de coordination ; l’exécution d’un mouvement qui est nouveau pour le sujet. Mais là ne se borne pas le travail des centres nerveux dans les exercices difficiles. Outre l’apprentissage des mouvements qu’on ne sait pas, il y a encore le perfeciionnement des mouvements déjà connus.

Beaucoup d’exercices demandent une très grande précision dans les mouvements. 11 ne s'agit plus de choisir les muscles qui doivent agir : il faut déterminer exactement l’intensité de leur contraction pour que le membre qu’ils meuvent ne reste pas en deçà du but et n’aille pas au delà. Il faut adapter l'intensité de l’effort musculaire à la distance à parcourrir; ou bien c’est la direction qu’il faut apprécier plus exactement encore que la distance.

Tous les exercices d’adresse exigent ce travail d’adaptation des mouvements à une direction ou à une distance déterminées. L’escrime, la boxe, le jeu de la canne et du bâton demandent une pondération parfaite dans les forces composantes du mouvement, puisqu'il faut que la résultante ^ c’est-à-dire la direction finale du bras ou de la jambe, soit déterminée à quelques millimètres près.

On appelle travail de coordination l’opération qui a pour but de régler ainsi l’eflort respectif de chaque groupe musculaire, en distribuant à chaque muscle la quantité d’influx nerveux nécessaire pour obtenir une contraction qui ne soit ni trop faible, ni trop énergique.

Ce travail diffère beaucoup du travail musculaire proprement dit, et ressemble plus à une opération d’ordre intellectuel qu’a un acte matériel. Il exige l’entrée en jeu de la plupart des facultés psychiques , et des parties les plus délicates des centres nerveux. On ne peut l’évaluer au dynamomètre, et pourtant il faut le faire entrer en ligne de compte si on veut apprécier exactement la force dépensée par le sujet.

Un exemple choisi parmi les faits les plus vulgaires de la

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