MESURE PHYSIOLOGIQUE DU TRAVAIL
effectué est pins intense. Nous avons montré, au chapitre de X Essoufftemcnt, la liaison étroite qui existe entre l’accroissement du besoin de respirer et l’augmentation du travail musculaire. L’énergie et la fréquence des mouvements du cœur augmentent suivant les mêmes lois. L’accélération de la respiration ne devient excessive^que dans les exercices déterminant une très grande dépense, de force. La fatigue musculaire peut, au contraire, se manifester avec intensité sans que la somme du travail effectué soit très considérable : dans le cas, par exemple, où le travail est exécuté à l’aide d’un très petit nombre de muscles.
La forme que prend la fatigue à la suite d’un exercice peut donc donner physiologiquement la mesure du travail effectué pour un temps donné. La fatigue musculaire d’une région du corps peut servir à évaluer l’intensité du travail local qu’elle a subi; la mesure du travail total sera donnée par la violence des troubles que subissent le poumon et le cœur, c’est-à-dire par l’intensité de l’essoufflement et l’accélération du pouls.
La mesure que nous indiquons ne peut évidemment s’appliquer qu’à un même sujet ou à des sujets égaux en résistance, en force , et en accoutumance au travail ; mais cette restriction étant faite, on peut adopter comme critérium de classification l’indication suivante :
Lorsqu’après une séance d’exercice, un homme de force moyenne n’a éprouvé ni fatigue ni essoufflement, l’exerciee pourra être appelé doux. Lorsque l’exercice aura produit de la fatigue locale sans amener l’essoufflement, il sera moc?eré. L’exercice sera appelé um/eiinorsqu’il sera accompagné et suivi d’essoufflement.
Cette division nous paraît la plus juste au point de vue physiologique ; elle est basée non sur la difficulté de l’exercice, mais Sur la réaction physiologique qu’il produit sur l’organisme. Or cette réaction est toujours, pour un même sujet, proportionnelle à la quantité de travail que subissent les organes en un temps déterminé.