LES JEUNES SUJETS LES SUPPORTENT MAL
dont l'acide urique et les urates sont la base. Les exercices de fond, (jui permettent à l’acide carbonique d'être éliminé à chaque respiration, ne produisent pas l’accumulation de ce gaz, mais ils peuvent produire l’accumulation des déchets uratiques, car ceuxci ne commencent à être expulsés , ainsi que nous 1 avons démontré, que trois ou quatre heures après l’effort musculaire qui leur a donné naissance (1). Un exercice pourra donc être continué pendant ([uatre heures et donner lieu, pendant tout ce laps de temps , à. la formation des déchets uratiques sans qu’une seule parcelle en soit éliminée. Tous les déchets se trouveront donc réunis à la fois dans le sang au moment où l’exercice cessera. L’organisme qui auraéchappé aux effets de l’acide carbonique, gaz qui s'élimine au fur et ù mesure de sa formation, ne pourra échapper à ceux des déchets azotés accumulés à haute dose dans le sang. Il y aura, après la cessation de l’exercice de fond, une véritable uricémie, une surcharge du sang par les composés uriques.
Ce résultat nous expli([ue comment les jeunes sujets qui, grûce à la puissance d’adaptation de leurs organes respiratoires, ont supporté impunément un exercice de vitesse sans s'essoutller, vont tomber facilemeni sous le coup d’une lièvre do couiLaturo et subir même les etl'ets du surmenage fébrile, à la suite d'une trop longue marche.
I JjCs goutteux, comme les enfants, sont exposés ti des accidents < de fatigue consécutive après les exercices de fond. C’est qu’ils t ont déjà, par leur tempérament, une disposition à l’accumulation I de l’acide urique dans le sang, et, l’exercice musculaire produi-
■ saut des déchets uratiques qui ne peuvent s’éliminer à mesure de
■ leur production, il se trouve qu’à la lin d’un travail de durée le sang ' charrie en abondance des composés uriques. On sait que l’accès
de goutte est la conséquence de cotte saturation urique du li- ' (juide sanguin, et ainsi s’expliquent les accès de goutte qui surviennent presque inévitablement chez les goutteux le lendemain d'une très longue partie de chasse d'ouverture, alors que le sujet ne s’est ) j)as préparé par l’ontrainoment gradué, dont nous avons vu les I salutaires eflcts pour empêcher la formation des déchets uriques.
En résumé, les exercices de fond permettent de faire beaucoup : de travail avec une grande économie de fatigue. Ils donnent à ; l’organisme le bénéfice d’une ac(iuisition supplémentaire d'oxy-
I (1) Voir plus haut k* chapitre : la Courbature, \\. 108.
Les Exercices dé fond
gène sans l’exposer aux dangers de la respiration forcée. Ils activent la circulation du sang sans fatiguer le cœur et distendre violemment les vaisseaux. En un mot, ils ménagent toute la machine pendant le travail.
Mais, s’ils préservent l’organisme des accidents de la fatigue immédiate, ils ne le mettent pas à l’abri de la fatigue consécutive. S’ils peuvent empêcher l’essoufllement, ils ne peuvent empêcher la courbature.
L’exercice modéré et prolongé, celui dans lequel le travail total est considérable, mais très bien divisé, convient aux sujets dont il faut ménager la respiration. 11 ne peut être appliqué sans entraînement préalable aux sujets goutteux, et ne doit jamais être appliqué aux enfants.
L’exercice de vitesse s’adapte bien aux jeunes sujets, qui éliminent facilement l’acide carbonique. L’exercice de fond convient mieux aux sujets d’âge mur, dont les tissus azotés résistent mieux aux mouvements de désassimilation et forment moins de déchets uriques. — Les conscrits sont excellents pour les manœuvres de vitesse, et les vétérans pour les manœuvres de fond.