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LA COMBUSTION

C’est évidemment en donnant beaucoup d’extension au mot de combustion, et en le prenant presque dans un sens figuré, qu’on a pu l’apliquer aux phénomènes qui produisent réchauffement du corps pendant le travail. Les combinaisons chimiques qui se passent en nous ne s’accompagnent pas de lumière. Les phénomènes qui produisent la chaleur vitale ressemblent plutôt à ceux de lafermentation qu’à ceux de la combustion proprement dite. Ils sont plus semblables, par exemple, à ce qui se passe dans une masse de foin mouillé dont la température s’élève, qu’aux phénomènes observés dans un foyer qui flambe.

Les sources de la chaleur vitale sont donc des combinaisons chimiques, et ces combinaisons varient à l’infini.

On a admis longtemps que toutes les combustions de l’organisme avaient lieu par l’action de l’oxygène sur les tissus vivants. Aujourd’hui on admet toujours l’importance capitale de l’oxygène dans les combinaisons chimiques qui sont les sources du travail ; mais on a reconnu que d’autres corps entrent pour une certaine part dans les actes vitaux capables de produire de la chaleur : l’hydrogène, par exemple.

De plus, beaucoup des réactions chimiques auxquelles est due la chaleur s’accomplissent par simple dédoublement d’une substance en deux corps dont les éléments se trouvaient contenus dans le premier. D’autres fois la combinaison se borne à l’hydratation d’une substance qui absorbe quelques équivalents d’eau, ou bien à sa déshydratation par perte de ces équivalents (E. Lambling, les Origines de la chaleur et de la force).

Le problème des combustions vitales s’est donc beaucoup compliqué ces derniers temps ; on peut dire qu’il s’est aussi un peu embrouillé , et qu’il est difficile d’en donner en quelques mots un résumé clair et net. C’est un chapitre de physiologie qu’on écrit à nouveau , et dont la conclusion ne peut être, pour le moment, formulée.

Tout ce qu on peut dire , c’est que le travail incessant des organes internes , qui constitue la vie , est la transformation d’une force, la chaleur. Cette force elle-même est due à des réactions chimiques qui mettent en liberté le calorique renfermé à l’état latent dans les molécules dont sont composés les organes du corps, et dans les aliments qui servent à l’entretien des organes.

Les réactions chimiques qui mettent en liberté et rendent sensible au thermomètre l’énergie calorique latente se font aux dépens de deux ordres de substances : les substances alimentaires

LE TRAVAIL MUSCULAIRE

que la digestion introduit dans le sang , et les substances organiques faisant partie de notre corps et qui s’en détachent pour faire place aux matériaux nouveaux puisés dans l’alimentation.

Certains produits de la digestion, à peine passés dans le sang, sont utilisés pour subir des combinaisons chimiques d’où résulte de la chaleur, et, après avoir été modifiés dans leur composition chimique par cette combustion , ils sont expulsés du corps sans avoir pris place d’une manière stable dans nos organes. Iis ne font que traverser l’organisme en s’y transformant.

Le lendemain d’un repas trop plantureux, on peut voir au fond du vase où l’urine a été conservée un dépôt diversement coloré en blanc jaunâtre, en rouge brique. Ce dépôt est formé par des substances chimiques très différentes, assurément, des mets qui ont été absorbés la veille ; mais il résulte de la transformation des matières alimentaires en produits nouveaux qui ont été rejetés au dehors parce qu’ils étaient en quantité excessive et que les organes du corps ne pouvaient en faire leur profit. — Voilà un cas où les aliments ont fourni les éléments des combustions vitales.

D’autres fois au contraire, les combustions se produisent aux dépens des éléments qui font partie intégrante du corps. Un homme à jeun depuis deux jours qui exécute un travail musculaire violent ne peut alimenter la chaleur considérable nécessitée par ce travail, à l’aide des produits de la digestion. Pourtant cet homme peut présenter dans les urines , à la suite du travail, des dépôts semblables, comme apparence et comme composition chimique, à ceux de l’homme qui avait trop hien dîné. — Cette fois les combinaisons chimiques qui ont donné naissance à la chaleur, et qui ont produit du même coup les déchets éliminés par l’urine, ces combinaisons, disons-nous, ne sont pas faites aux dépens des substances introduites du dehors dans l’organisme, mais aux dépens de l’organisme lui-même et des tissus qui le constituent.

Puisque l’organisme est fait de toutes pièces avec des matériaux puisés chaque jour dans l’alimentation, il n’est pas étonnant que les substances alimentaires aient leurs analogues , comme composition chimique , dans l’organisme même , et que les éléments du corps puissent suppléer, en cas de jeûne, aux éléments habituellement fournis par la nourriture.

C’est ainsi que les sources chimiques de la chaleur, et par conséquent les forces d’où provient le travail, peuvent tirer leur origine soit des aliments, soit des molécules qui composent le corps.

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