‹ Physiologie des exercises du corpsChapitre 62 sur 184 · II · texte numérisé non relu

II

Mais l’élimination des produits de désassimilation et la réparation des tissus n'expliquent pas tous les faits dans lesquels le repos intervient pour rendre aux muscles fatigués le pouvoir d’entrer de nouveau en contraction.

Quand nous étendons le bras horizontalement, et qu’au bout de cinq minutes la fatigue nous oblige à le laisser retomber, il nous sufQt de le laisser inactif pendant une minute pour recouvrer la faculté de l’étendre de nouveau. — Que s’est-il passé dans le muscle pendant cette minute de repos?

Le temps de repos a été trop court pour permettre au courant sanguin de lessiver en quelque sorte le muscle, et d’entraîner les déchets de combustion qui pouvaient imprégner ses fibres. D’autre part, une minute ne peut suffire pour que les matériaux apportés par le sang puissent réparer matériellement les pertes

LA FATIGUE

subies. Il faut donc invoquer un effet dynamique, bien qu’on ne puisse dire au juste en quoi consiste cet effet.

Le muscle, par le fait même de la cessation du travail, fait une nouvelle provision de cette force inhérente à sa fibre, la contrac tilité, qu’un effort prolongé avait épuisée.

Cette explication ressemble plutôt à un aveu d’ignorance qu’à une théorie; mais, aussi insuffisante qu’elle soit, elle est conforme aux faits, en ce sens qu’elle implique l’existence d’une force propre au muscle , et indépendante de celle qui peut lui venir d’un apport extérieur. — Qu’on détruise toute communication du muscle avec les vaisseaux nourriciers qui lui apportent le sang; qu’on fasse disparaître tous les filaments nerveux qui le rattachent aux , centres moteurs de la moelle épinière et du cerveau, ce muscle, ainsi réduit à la seule énergie de ses éléments propres, sera susceptible de subir des alternatives d’épuisement par le travail , et de retour à la puissance contractile sous l’influence du repos, aussi bien que lorsqu’il était associé aux organes de circulation et d’innervation. Si on l’électrise d’une manière continue, il se fatiguera et ne répondra plus à l’excitation du courant ; si on le laisse alors un certain temps sans chercher à le mettre en action , on verra peu à peu son pouvoir contractile reparaître, comme si ses éléments étaient capables d’élaborer d’une manière incessante une certaine quantité de force contractile pour remplacer celle qui a été épuisée par la contraction trop prolongée.

Il est une dernière catégorie de faits où une autre influence doit être invoquée , si l’on veut bien se rendre compte des effets du repos. La cessation d’un effort musculaire semble avoir quelquefois pour unique objet de faire cesser la douleur que provoque la contraction dans le muscle.

Le muscle est traversé par de nombreux filaments nerveux sensitifs, et ces filets sont nécessairement froissés quand un muscle entre en contraction. Tout le monde connaît un phénomène qui montre à quel point la contraction musculaire peut devenir douloureuse quand elle est poussée trop loin la cTüxixpG n est autre chose qu’une contraction musculaire involontaire et exagérée. Ce phénomène nous montre à quel point un muscle qui se contracte peut provoquer des phénomènes douloureux. La douleur qui accompagne un froissement persistant des nerfs sensitifs tiraillés parle muscle est souvent la vraie cause de la sensation qui nous invite et nous force à relâcher le muscle en faisant

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