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LE SOMMEIL

cesser une attitude fatigante. Ce qui semble confirmer cette explication, c’est la faculté que possèdent les personnes hypnotisées de supporter pendant un temps extrêmement prolongé les attitudes les plus fatigantes, la station sur un seul pied, par exemple, sans manifester aucun sentiment de fatigue. Il est permis de croirque, chez ces sujets, la disparition de la fatigue est due à l’anesthésie des filets nerveux et à l’abolition de la sensation douloureuse. Cette anesthésie se manifeste , comme on sait, dans tous les nerfs sensitifs chez les hypnotisés, puisqu’on peut piquer profondément le sujet et transpercer la peau avec des épingles sans déterminer aucune douleur.

Ainsi, en résumé, le repos des muscles a pour effet:

1® De faire cesser certaines sensations douloureuses en faisant cesser les contractions capables de froisser douloureusement les filets nerveux et de tirailler les fibres musculaires ;

2° De donner aux déchets de combustion le temps de s’éliminer;

3® De permettre aux éléments plastiques du sang de réparer les matériaux enlevés aux organes par les combustions du travail ;

4® Enfin de donner le temps aux éléments musculaires ou nerveux de faire une nouvelle provision d’énergie, par un mécanisme physiologique qui est encore inconnu.

Le repos est l’état diamétralement opposé au travail, et les phénomènes qu’on observe dans ces deux états si différents sont absolument inverses. Le travail musculaire produit l’exagération des phénomènes vitaux et donne à toutes les fonctions une intensité plus grande : il accélère le pouls et la respiration et élève la température du corps. Le repos amène le ralentissement du pouls et de la respiration et abaisse la température.

De même que le travail, le repos a des degrés, et ces degrés sont très relatifs. Pour le sujet habitué à courir, c’est se reposer que d’aller au pas ; pour le malade habitué à la position horizontale, c’est faire un travail que de se tenir assis.

Le repos complet, c’est le sommeil, parce que dans cet état tous les muscles de la vie de relation sont dans le relâchement, et ceux de la vie organique fonctionnent avec moins d’énergie. La respiration et le pouls sont moins fréqiaents qu’à l'état de veille et la température s’abaisse. De plus, un organe qui travaille sans cesse à l’état de veille, le cerveau, se repose à l’état de sommeil, F. Laoranoe. ,,

LA FATIGUE

et sa circulation devient beaucoup moins active, ainsi qu’on a pu s’en assurer en étudiant des hommes atteints d’une plaie de la boîte osseuse du crâne.

La diminution de température pendant le sommeil est une preuve que les combustions diminuent, et que les déchets sont réduits à leur minimum. Du reste, on a pu constater que l’acide carbonique rendu pendant le sommeil n’était que la moitié de celui qui s’élimine pendant l’état de veille.

La continuité dans le travail produit une fatigue d’autant plus intense que la dépense de force est plus considérable. Un violent effort ne peut être soutenu longtemps ; mais si l’exercice le plus violent est coupé de temps de repos même très courts, suffisamment rapprochés , cet exercice peut être continué pendant un temps fort long.

En Angleterre, dans les combats de boxeurs, la lutte est suspendue toutes les trois minutes et les champions prennent deux minutes de repos entre chaque reprise (1). Cette manière de couper le combat de temps d’arrêt très fréquents paraît au premier abord un adoucissement à la brutalité de la lutte; c’est au contraire une manière d’en rendre le résultat plus meurtrier Autrefois , quand les reprises étaient plus longues , les boxeurs restaient en garde pendant dix minutes à frapper et à parer; ils se fatiguaient promptement. Leurs coups devenaient moins assurés et produisaient des lésions moins sérieuses. La lassitude, autant que les blessures, amenait l’impossibilité de continuer la lutte. Aujourd’hui, avec des reprises très courtes et des temps de repos très fréquents, les adversaires conservent leur force intacte, et les coups de poing sont aussi terribles à la fin qu’au début. Le vaincu demande à cesser, non parce qu’il est exténué, mais parce qu’il est gravement blessé. Malgré leur force et leur résistance incroyables, les champions ne pourraient, sans ces temps de repos, supporter les fatigues prolongées de ces combats, dont la durée est souvent de plusieurs heures.

(1) Esqüiros, l’Angleterre et la Vie anglaise,

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