MODIFICATION DU TEMPÉRAMENT PAR L'ENTRAÎNEMENT
les excrétions diffèrent d’une façon frappante chez les différents individus, suivant leurs conditions de vie habituelle. Les exhalaisons du corps humain ont même une odeur différente, suivant quelles émanent d’un homme qui se livre habituellement à l’exercice musculaire , ou d’un homme qui mène une vie très sédentaire. On a signalé comme caractéristique l’odeur des prisons, qui diffère absolument de l’odeur des casernes. L’une et l’autre résultent cependant de produits volatils éliminés par le poumon et la peau d’un grand nombre d’hommes agglomérés ; mais de ces hommes, les uns vivent dans l’immobilité, les autres dans l’aclivité continuelle.
Il est certainement légitime de dire que l’organisme du sujet entraîné a subi des modifications assez profondes pour en faire un être physiologiquement très différent d’un autre sujet qui ne s’est pas soumis au même régime. Sa conformation est différente, la structure de ses tissus a changé. Ses organes ont subi une transformation et leur fonctionnement n’est plus le même.
Le sujet modifié par l’entraînement et celui qui est resté soumis à l’effet d’une sédentarité excessive doivent être considérés , au point de vue de l’observation ou de l’expérimentation, comme deux unités physiologiques très differentes. Si on les place dans des conditions identiques et qu’on les soumette aux mêmes agents modificateurs, ils ne réagirontpas de la même manière. Le travail surtout modifiera d’une façon toute différente le fonctionnement de leurs organes. Pour un même nombre de kilogrammètres effectués en un temps donné, on n’observera pas chez eux la même Hugmentuliou du pouls, ou de la respiration; l’air expiré ne contiendra pas la même quantité d’acide carbonique ; les urines n’élimineront pas la même quantité d’acide urique.
Jusqu’à présent il n’a pas été tenu assez compte de ces modifications profondes produites dans les résultats du travail par la transformation que subit l’organisme en s’accoutumant à l’exercice musculaire. La plupart des observations faites sur l’homme pour doser les produits d’excrétion résultant du travail sont entachées d’une cause d’erreur tenant à ce qu’on ne fait pas entrer en ligne de compte ce facteur important : l’état d’entraînement du sujet.
De là, très certainement, les divergences si grandes des auteurs qui ont expérimenté l’effet du travail sur les sécrétions, sur l’urine en particulier.
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