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RÔLE DU SYSTEME NERVEUX

mesurer exactement, on trouve qu’il reste encore une fraction de temps appréciable, pendant laquelle le muscle déjà atteint par l’excitation électrique n’est pas encore entré en contraction.

Helmholtz a donné le nom de temps perdu à cette période de silence pendant laquelle l’organe moteur , ayant déjà entendu l’appel de la volonté, n’y a pas encore répondu par un mouvement.

Or, diverses conditions peuvent faire varier la durée du temps perdu, et rendre plus lente ou plus prompte l’obéissance dn muscle à l’excitation qu’il reçoit. Parmi ces conditions, les unes sont inhérentes au muscle et peuvent se résumer en une seule qui est l'excitabilité plus ou moins grande qu’il présente • les autres dépendent de l’agent excitateur du muscle, et sont subordonnées à l’intensité plus ou moins grande avec laquelle cet agent fait sentir son action.

La condition la plus efficace pour abréger le « temps perdu » est l’intensité de l’excitation reçue par la fibre musculaire. — Supposons l’organe moteur actionné par un courant électrique ; le temps perdu étant, par exemple, de deux centièmes de seconde avec une force électrique représentée par le chiffre 1 sa durée se trouvera réduite à un centième de seconde si on double l’intensité du courant. Supposons , à présent , que l’excitant du muscle soit la volonté : la même loi sera applicable à la durée du temps perdu, et celui-ci sera d’autant plus court que le commandement volontaire s’accompagnera d’une excitation plus forte de la fibre musculaire. Or, une excitation plus forte de la fibre musculaire ne peut être obtenue, ainsi que nous l’avons dit dans la première partie de ce livre , qu’au prix d’un ébranlement plus violent des cellules cérébrales et des fibres nerveuses qui sont les organes conducteurs de l’influx nerveux volontaire.

L’effort de volonté , — synonyme d’ébranlement nerveux — devra donc être d’autant plus intense qu’on voudra rapprocher davantage le moment où l’ordre du mouvement est donné de celui où le mouvement est exécuté.

Les exercices de vitesse qui exigent la répétition très fréquente des inouveinents, c'est-à-dire le passage alternatif ettrês rapide du relâchement à la contraction, du repos au mouvement nécessi ' eront donc un effort de volonté supplémentaire destiné à hâter la réponse du muscle à I appel qui lui est fait. De là un sunnlé. ment de dépense nerveuse qui ne se traduit pas par une contait

LES e.vekch;es de vitesse

lion plus énergique , mais par une contraction plus soudaine; qui n’aboutit pas à une augmentation du travail effectué, mais à une diminution du temps perdu.

Cette explication , que nous croyons pouvoir déduire de la loi d'Helmholtz , se trouve confirmée par l’observation des faits , car les exercices de vitesse s’accompagnent de certains phénomènes de fatigue qui sont hors de proportion avec la quantité de travail mécanique qu’ils représentent et qui doivent être attribués à un surcroît de travail nerveux.

Nous avons vu que , parmi les conditions capables de faire varier la durée du « temps perdu » , il fallait compter en première ligne V excitabilité plus ou moins grande du muscle. L’excitabilité est la propriété qu’a le muscle de répondre par une contraction à une excitation qu’il reçoit soit d’un agent extérieur, soit de la volonté.

Il y a des causes qui diminuent l’excitabilité du muscle ; la plus commune est la fatigue. Un muscle fatigué ne répond plus à des excitations faibles qui, cependant, suffisaient à l’actionner avant qu’il n’eût travaillé. De plus, si l’excitation devient plus forte et acquiert une intensité suffisante pour provoquer une contraction, on remarque que cette contraction se produit lentement, paresseusement, et que la période de temps perdu est plus longue qu’on ne l’observait dans le muscle frais. Pour obtenir d’un muscle fatigué une réponse très prompte, il faut avoir recours à des excitations d’une très grande intensité. — Ce fait nous explique comment la fatigue musculaire fait perdre à l’homme son aptitude à la vitesse, avant de lui faire perdre la faculté de produire des contractions musculaires énergiques.

Plus le muscle est excitable , plus il est apte à obéir vivement à la volonté, plus il est capable d’exécuter des exercices de vitesse. Or, — c’est là un point digne de remarque, — tous les muscles n’ont pas, naturellement, la même excitabilité; tous ne présentent pas la même aptitude à répondre instantanément à l’agent qui les excite.

Chez certaines espèces animales , on observe un très long intervalle entre l’excitation électrique du muscle et sa contraction. Ce sont justement les espèces connues pour la lenteur de leurs mouvements volontaires. Il est curieux de voir qu’un muscle de tortue, par exemple, n’entre en contraction que deux centièmes de seconde après avoir été excité, tandis que chez 1 oiseau

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