‹ Physiologie des passions (volume 2)Chapitre 28 sur 40 · RAGES HUMAINES · texte numérisé non relu

RAGES HUMAINES

an lypc le plus parfait acluellement, à l'Indo-Germain. Le dernier diffère du singe par mille caractères de force, de noblesse, d'intelligence, mais combien Tauire s'en rapproche.

L'Indo-Germain a en moyenne un cerveau de 153Zi gr. ; le cerveau de l'Australien pèse en moyenne 1228 gr. (Morton) tandis que le nègre d'Afrique, cérébralement intermédiaire, a des centres nerveux dont le poids s'élève à 1371. On obtient naturellement un résultat analogue en comparant les surfaces crâniennes chez l'Européen et chez le nègre : la mesure moyenne de la surface crânienne en millimètres carrés est, chez l'Européen mâle, 59 305 millimètres, et chez le nègre mâle 53 206 seulement. Chez la femme européenne et chez la négresse, les surfaces comparatives sont chez la preinière 53 375 et chez la seconde 1x9 868 (1).

Mais comme l'a très-bien dit Gratiolet (2), la forme prime le fond, et celte différence de 300 grammes a une bien autre signification quand on remarque que^ chez le nègre, la masse cérébrale se groupe surtout vers l'occiput, que chez le blanc ^ elle se masse surtout dans les lobes frontaux, la fleur du cerveau, conmie le disait si bien le même auteur.

Ainsi tandis que la surface de la vertèbre frontale est, chez le nègre, de 7,7 relativement à la surface crânienne totale, elle est, chez le blanc, de 9,7, différence d'un quart environ. Pour la vertèbre moyenne, les chiffres sont, chez le nègre, 75,7; chez l'Européen, 72,7, différence ici en faveurdu nègre, 5 ou un quinzième environ.

Enfin la même comparaison pour la vertèbre occipitale donne, chez le nègre, 24,3; chez l'Européen, 27,3. Différence ici, en faveur de l'Européen cette fois, 3 centièmes ou un sixième (3).

La somme des deux vertèbres postérieures relativement au

(i) Huschke cité par Pruner bey, Mémoires de la Société â^ anthropologie, t. L

(2) Bulletins de la Société d* anthropologie, t. L

(3) Les (iimcnsioiis sont rapportées ici à la somme des deux vertèbres postérieures représentées par 100. Ces chiflres sont empruntés à Hiiscbke. (Pruner bey, Mémoire sur les nègres,) ^ - / •

crâne entier est, chez le nègre, 92,3; chez l'Européen, 90,3 seulement.

Ces chiffres mêmes n'expriment qu'une portion de la vérité, car chez le blanc les frontières des lobes frontaux débordent notablement celles de l'os frontal (Broca).

Enfin ils sont pris sur le nègre africain, bien supérieur à son pauvre confrère l'Australien.

Indiquons rapidement quelques autres caractères. Le principal qui est d'ailleurs corrélatif du peu de développement cérébral, c'est la saillie en avant des maxillaires et des dents, le prognathisme, d'où un angle facial d'autant plus petit que le cerveau est plus arriéré dans son développement et l'appareil de la manducatjon plus développé. La moyenne de cet angle serait 70 degrés chez le nègre d'Afrique. Elle tombe à 65 chez le Néo-Galédonien (1) et est certainement plus faible encore chez l'Australien.

Si au lieu de l'angle facial de Camper dont la valeur est souvent criiiquable, nous prenons un angle ayant son sommet au trou auditif, l'extrémité de l'un de ses côtés au bregma (point de rencontre de l'angle supérieur de l'os frontal et des angles antéro-supérieurs des deux pariétaux), l'autre côté se terminant au-dessus de la racine du nez, au point médian du plan des voûtes orbitaires séparant la cavité crânienne de la face ; nous trouvons que les variations de cet angle auriculO'Crânien signalé par M. Broca, et qui correspond assez rigoureusement au développement des lobes frontaux, sont plus significatives encore que les variations de l'angle facial de Camper, ainsi que l'indique le tableau suivant :

Angle frontal.

Griincs anciens de la Cite (xii^ siècle au moins). 55o,35

Crânes des Innocents (époque inlerméfliairc). . . 56°, 6

Crânes du xix® siècle 57°, 7

Crânes basques modernes (trcs-orlliognathes).. , 54°, 4

Nèîj'res 54°

, (1) Bourgarcl.

[races humaines, 195

Sans compter que les angles exceptionnellement petits (audessous de 52 degrés) sont assez communs chez les Nègres, les Basques^ les Parisiens anciens^ tandis qu'ils sont rares chez les crânes du cimetière des Innocents et 'absents chez ceux du XIX® siècle, au contraire, les angles exceptionnellement grands (au-dessus de 60 degrés) sont au nombre de 2 pour 100 chez les Basques, de 3 chez les nègres, de U chez les Parisiens anciens, de 11 à la seconde époque et de 16 au xïx* siècle (1).

La région inférieure de la face est très-développée chez le nègre, les muscles masticateurs et temporaux puissants, la voûte crânienne souvent en dos d'âne (Calédonien).

Le crâne cérébral étroit et allongé surtout dans la région de Focciput, tandis que chez le blanc, la dolichocéphalie, quand elle existe, est frontale (Graliolel).

Chez le nègre encore, les sutures crâniennes fronto-pariétales se soudent les premières dans la jeunesse ; c'est Tinverse chez le blanc (2).

J'omets comme trop connus la conformation des traits, du nez, des lèvres, etc.

D'autres traits anatomiques rappellent encore le singe, car l'empreinte d'infériorité est visible dans tout l'organisme : la colonne vertébrale est peu courbée, le bassin allongé el étroit ; l'humérus et le fémur plus courts que chez le blanc; pourtant ce dernier caractère manquerait chez le Néo-Calédonien (Bourgarel).

La saillie du mollet est peu développée ; parfois, comme chez l'Australien, elle manque complètement. Le pied est large et plat, le calcanéum saillant.

La cage thoracique est latéralement aplatie et les épaules peu développées. Les glandes abdominales sont énormes (foie, caj)sules surrénales), ainsi que d'autres organes dont le nom ne se peut écrire que dans un traité d'anatomie.

(1) BertiUon, art. Angles céphaliques du Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales^

(2) Gratiolet, loc, cit.

iî)6 rnVSIOGXOMONIE PASSIONNELLE.

L'ombilic se rapproche du pubis comme chez Tenfant européen.

D'ailleurs, en comparant Tenfant européen au nègre, on trouve une conformation cérébrale très-analogue. Tous deux ont une dolichocéphalie occipitale très-accusée. Chez tous deux les circonvolutions sont moins développées, la couche corticale grise moins épaisse; les nerfs plus volumineux relativement aux centres nerveux. Seulement cette conformation, transitoire chez l'enfant blan&, persiste chez le nègre et s'accuse môme d'autant plus que l'individu est plus adulte ; ainsi le nègre nouveau-né n'est point encore prognathe.

Tous les anthropologistes constatent aussi que le crâne et le cerveau sont encore plus imparfaitement développés chez la négresse que chez le nègre. Chez la négresse d'Afrique, la surface crânienne descend à ^9 868 millimètres carrés.

De même le cerveau de la femme européenne est en moyenne assez voi>in de celui du nègre mâle. Chez la femme comme chez le nègre d'Afrique, les lobes pariétaux font saillie. Le crâne esi pariétal, selon l'expression de Gratiolet. Les mensurations de Huschke donnent pour la surface de la vertèbre frontale chez la femme blanche, relativement au reste du crâne, un chiiïre peu inférieur à la même surface relative chez l'homme blanc. Mais chez la femme blanche, comme chez le nègre, la vertèbre moyenne prédomine sur les autres et les dimensions relatives sont très-voisines : 75,4 chez le nègre, 7/i,l chez l'Européenne. Ces deux dernières surfaces sont mêmes comparables absolument, car la surface crânienne totale est, chez le nègre mâle, 53,206, et chez la femme européenne 53,375 (moyenne). « Le nègre est à l'homme blanc, dit M. Pru ;cr bcy, ce que la femme européenne est à l'homme. »

Celte remarque vraie anaiomiquemeni l'est encore plus quand on compare les tendances intellectuelles et morales.

Le nègre, dit encore M. Pruiier bey, et son assertion est en tous points confirmée par les relations des voyageurs africains, Speke, Baker, etc., a pour caractères moraux domi-

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