ÉTUDB ANALYTIQUE DES BESOINS
dent évidemment à des actes roaiérlels inlra-cérébraux, à des échanges nutritifs, an sein même de l'organe cérébral.
Ces longues et ennuyeuses considérations générales posées, je passe à l'examen spécial et particulièrement psychologique des besoins principaux.
Les besoins nutritifs comprennent les besoins de circulalion et de respiration, le besoin de digestion, et ses annexes les besoins d'exonération et de miction; enfin, le besoin de mouvement musculaire, qui est sur la limite des besoins scnsitifs, et le besoin de sommeil.
Les moins nobles des besoins, mais les premiers dans la hiérarchie de l'importance, tous existent déj!i chez le nouveau-né, aussi bien que chez le mammifère et même le vertébré en général. Sans eux, sans leur vigilance, qui jamais ue s'endort, l'évolution vitale serait impossible. Ce sont les humbles pourvoyeurs de la nutrition, c'est-à-dire de la vie.
Leur siège psychologique est celui de tous les phénomènes de conscience, les centres nerveux céphaliques. L'enfant né acéphale ne sent ni le contact de l'air froid, ni le besoin de respirer. Le poulet auquel M. Flourcns ampute les hémisphères cérébraux ne sent pas davantage l'éperon du besoin, et pour qu'il déglutisse un grain d'avoine, il faut le lui mettre dans le bec; on éveille ainsi par contact une action réflexe, inconsciente (1).
Le caractère commun à tous les besoins nutritifs est une énergie tellement grande, qu'on leur résiste difficilement, et quand parfois on y réussit, c'est la mort qui bientôt vient terminer la lutte.
Ce caractère manque pourtant au besoin de mouvement,
(1) Selon M. Vulpian, la sensibilité consciente persisterait encore après Vablation des hémisphères cérébraux, pourvu que l'isthme encéphalique fut intact [Physiologie du système nerveux). Mais il est bien difficile de distinguer les actes réflexes des acVcs c(^?»Ov^^xy^%,
nutritif par son rapport intime avec la nutrition, la clésoxygénisation des globules sanguins (1), sensitif par sa subordination au cerveau, sa liaison étroite avec la vie de relation.
Nous avons vu que la perception cérébrale du besoin se formule par le désir de le satisfaire. Ce désir, que nous étudierons plus au long, c'est donc l'impulsion irraisonnée, indompiable, dans son essence, d'accomplir un acte ; je dis indomptable, car si Ton peut souvent résister plus ou moins au désir, on ne peut ni l'empêcher de naître, ni l'étouffer quand il a grandi.
Besoins, c'est-à-dire tendances organiques éveillant le désir de les satisfaire^ ce sont les premiers phénomènes de la vie cérébrale chez l'enfant ; ce sont aussi les assises sur lesquelles reposeront les faits cérébraux plus nobles. Après le besoin et sa formule cérébrale, le désir, le fait psychique le plus fondamental, intimement hé d'ailleurs au besoin, c'est l'empression, mode d'une importante propriété cérébrale, l'/mpî'essionnabilité, que nous étudierons longuement.
En effet, quand obéissant à nos tendances organiques, nous satisfaisons un besoin, un besoin nutritif, par exemple, nous en sommes récompensés par une impression de plaisir, et inversement la non satisfaction du besoin provoque une impression de douleur. La conséquence naturelle est celle-ci : toutes les fois que se fait sentir l'aiguillon du besoin, la trace des impressions que son assouvissement a données à l'être se ranime, les cellules cérébrales vibrent, si l'on veut, de la môme façon, et, si les facilités intellectuelles sont nées, il en résulte une image anticipée, quoique affaiblie, de l'impression qui nous attend, d'où une exagération du désir. C'est la première idée et le premier raisonnement de l'enfant, il veut faire cesser une impression pénible, etsait qu'une impression agréable l'attend. Ce fond si simple, nous le retrouverons dans toutes les passions; il en est la pierre angulaire.
(1) Dans les veines musculaires, le sang est d'autant plus noir, que les contractions du muscle ont été plus énergiques et plus nombreuses.