‹ Physiologie des passionsChapitre 4 sur 43 · PRÉFACE. VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. VII

et le papillon, exposés à être entraînes au large par toute brise un peu forte, auront bien moins de chances de vivre que le carabe, cloué au sol par son organisation même.

C'est aussi la sélection qui règle et décide le succès ou la défaite de tel ou tel groupe humain dans la rivalité ethnique. Mais ici Tinfluence aveugle des agents naturels n'est plus seule à agir, et le résultat de la compétition est bien autrement varié ; car il dépend en grande partie des idées et des sentiments, des désirs et des caprices de l'homme, toutes choses muables et variables à l'infini.

Sûrement, depuis Tâgede pierre jusqu'à nos jours, le résultat général de la vie de l'humanité a été le développement progressif. Mais ce sont précisément des luttes, des rivalités, des efforts sans trêve qui ont été les facteurs de cette évolution. Partout et à la longue les nations ont succombé ou survécu, suivant qu'elles étaient mal ou bien douées, suivant' qu'elles prenaient la mauvaise route ou la bonne. De tout temps et en tout lieu les peuples qui se sont engourdis, endormis dans l'inertie, la mollesse et les plaisirs niais ont disparu de la scène du monde. Le terrain de l'histoire est tout jonché de leurs débris.

Sans doute, la sociologie est loin encore de mériter le nom de science; sans doute, les procédés propres à accélérer le développement, l'élevage de l'homme

Page 1