VIII PRÉFACE
sont imparfaits et mal connus. Pourtant la voie est déjà tracée et frayée dans son ensemble ; dès aujourd'hui on peut, ou la suivre approximativement, ou lui tourner le dos. Nous savons que, pour durer et progresser, un peuple doit se composer en majorité d'individus physiquement robustes, moralement bons, dévoués et énergiques, intellectuellement sagaces et instruits. Nous savons aussi, au moins en gros, comment il faut s'y prendre pour développer Thomme de cette triple manière. Nous n'ignorons pas non plus que, si par malheur un peuple prenait le contrepied de cette, loi générale, il marcherait forcément à sa perte.
Supposons, par impossible, qu'il puisse y avoir au monde une nation assez infortunée et assez peu éclairée pour remettre le soin de ses destinées à des guides intellectuellement aveugles, sevrés de toute lumière scientifique, imbus de préjugés homicides et travaillant de toutes leurs forces à entraver le développement de leur pays. Alors, si le malheureux pays que nous supposons était doicile et malléable jusqu'au bout, tout y serait bientôt organisé à rebours du sens commun, ou plutôt du sens scientifique. Ce qui devrait être honoré y serait honni ; ce qui mériterait d'être honni y serait honoré. Dès la première enfance, on inculquerait à l'homme des idées fausses sur la nature, sur la condition humaine, sur les so-