‹ Physiologie des passionsChapitre 6 sur 43 · PRÉFACE. IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. IX

ciétés, sur ses devoirs envers ses semblables. Plus tard on s'attacherait h ne lui donner qu'une instruction de mots. On le dresserait non pas à penser, à examiner par lui-môme, à faire œuvre de virile initiative, mais à répéter des phrases banales et ronflantes, à se payer de lieux communs usés au lieu des larges données scientifiques, déjà dégagées de l'inconnu au prix d'efforts séculaires ; on lui farcirait le cerveau de sottes et creuses abstractions, décorées du beau nom de philosophie. En même temps, maltraitant le corps du jeune homme comme on aurait géhenne son esprit, on l'étiolerait physiquement en le claustraht pendant des années dans un établissement plus ou moins monastique, où l'air, la lumière, le mouvement lui seraient parcimonieusement mesurés. A l'âge viril, on le lancerait dans la vie aussi mal préparé que possible, ne connaissant rien ou presque rien delà réalité des choses, ignorant de ses vrais devoirs sociaux, tout plein de préjugés d'un autre âge, souvent môme ayant pris la vérité en horreur. Supposons que plusieurs générations aient pu être modelées de cette manière ; alors notre jeune homme, déjà étiolé de corps, de cœur et d'esprit, entrerait dans une société oîi l'énergie, la force de caractère, surtout l'amour passionné de là vérité et de la justice, non-seulement ne seraient pas prisés, mais même seraient des causes de défaveur. Dans ce triste mih'eu social, force serait, à l'entrée de chaque car-

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