AMOUR MATERNEL
Sous le rapport de l’étendue et de la force du sentiment qui l’attache à sa progéniture, la femme est tout à fait au-dessus de l’homme ; sa supério-
rité est absolue, incontestable. La mère se sacrifie pour son nouveau-né, tandis que le père se montre parfois d’une indifférence affligeante. Combien voit-on d’hommës, parfaitement aimables, aux courtoises manières, au doux langage, qui s’introduisent hypocritement au sein des familles, et, après avoir trompé une honnête fille, l’abandonnent au jour même où elle devient mère! Le misérable suborneur renie son enfant, tandis que toi, pauvre femme, que l’on dit si faible, tu montres un courage, une force extraordinaires ; tu fais pour cet enfant le sacrifice de ton repos, de ton
honneur, et, s’il le faut, celui de ta vie!.
Hélas ! au milieu de tes longues nuits sans sommeil, les yeux rouges de larmes, le.sein gonflé de regrets amers, tu penses au perfide qui t’a si lâchement abandonnée, au parjure (1) que les lois devraient frapper de toutes leurs rigueurs ; au lieu de le maudire, de lui jeter ton mépris et ta haine, tu lui pardonnerais, tu l’aimerais encore s’il revenait à toi. O femme doublement sublime, en
cette circonstance, que l’homme est petit devant toi !
(1) Voyez la Philosophie du Mariage , ouvrage des plus utiles, où la femme mariée trouvera les conseils indispensables à son bonheur et à celui de sa famille. — Chez Dentu, éditeur, Palais- Royal, h Paris.
Pour ses enfants que ne ferait une mère ! L’ingratitude, l’oubli des plus saints devoirs, ne sauraient éteindre l’amour maternel ; car cet amour est exempt des haines, des fureurs et des vengeances que l’amour charnel traîne souvent à sa suite.
L’amour maternel, si puissant dans le cœur des femmes, ne connaît ni obstacles, ni sacrifices, ni bornes à son dévouement.
SECTION X