‹ Physiologie descriptive des trente beautés de la femmeChapitre 12 sur 50 · COURAGE GUERRIER. — ACTIONS HÉROÏQUES. — VERTUS MILITAIRES · texte numérisé non relu

COURAGE GUERRIER. — ACTIONS HÉROÏQUES. — VERTUS MILITAIRES

La femme n’est point faite pour le métier des armes, car son rôle sur la terre est de donner la vie et non de l’éteindre ; son règne doit être un règne d’amour et non de terreur. Sa force réside dans sa faiblesse ; ses grâces, sa douceur, son esprit, sa beauté, forment sa puissance, et cette puissance est cent fois plus solide que celle des conquérants. Telle doit être la femme.

Cependant il est des circonstances où les femmes, oubliant pour quelque temps le rôle que leur imposa la nature, s’élancent dans la carrière des armes et surpassent en courage- les plus illustres guerriers. Il n’est point de peuple qui n’ait quel-

— 7 tiques héroïnes à citer, et qui ne leur attribue le gain d’une bataille ou le salut de la patrie ; souvent elles ont rendu le courage aux vaincus et ont relevé des trônes renversés.

En prenant au hasard des noms parmi cette phalange de femmes qui, à toutes les époques, ont manié l’épée, nous voyons:

Harpalice, fille de Lycurgue, qui, à la tête d’une faible troupe, tomba sur les Gètes et délivra son père qu’ils emmenaient prisonnier.

Cratésipolis, princesse de Sicyone, chassa les insurgés de cette ville.

Archidamie força Pyrrhus de lever le siège de Sparte.

Télésilre, à la tête d’une troupe de femmes, chassa Démarate et Gléomène, généraux lacédémoniens qui saccageaient la ville d’Argos.

Thomyris, reine des Massagètes, vainquit Cyrus en bataille rangée.

Victorine, femme de Yictorin, que Posthume associa à l’empire, était si connue par sa bravoure qu’on la surnommait la déesse des armées.

Les femmes gauloises ne le cédaient point en courage aux héroïnes grecques et romaines. Dans plusieurs circonstances elles firent preuve d’une telle intrépidité et d’un si grand patriotisme, que le peuple, pénétré d’admiration, établit un tribunal de femmes qui décidait de la paix ou de la guerre. Le moyen âge et les siècles qui lui succédèrent sont peut-être encore plus fertiles en femmes guerrières que l’antiquité. On voit, en Europe, les femmes attaquer et prendre des places, commander des armées et remporter d’éclatantes victoires.

Jeanne d’Arc, la terreur des Anglais et la gloire de la France, égala par sa valeur les plus intrépides chevaliers de son temps.

Jeanne Hachette défendit courageusement la ville de Beauvais. Montée sur les remparts, elle en chassa les assaillants qui les escaladaient.

Jeanne de Montfort, à la tête d’une faible armée, reprit plusieurs villes sur le comte de Blois.

Marguerite d’Anjou, grand général, intrépide soldat, soutint longtemps un mari faible, brisa

deux fois ses fers, livra douze batailles, fut faite prisonnière, et supporta courageusement la captivité jusqu’au moment où Louis XI lui rendit la-liberté.

Sans le génie et le courage de Catherine, peutêtre Pierre-le-Grand eût-il été arrêté dans sa brillante carrière.

Francesca, jeune Italienne, se distingua au siège de Casai. Le maréchal qui commandait l’attaque, témoin de son courage, lui fit allouer la paie de quatre soldats et la plaça dans les chevaulégers.

Rita, intrépide Espagnole, chassa les Anglais de la Corogne.

Bonna, fille de basse extraction, se signala dans plusieurs combats, prit le château-fort de Pavana et défendit Négrepont contre les Turcs.

Les exemples multipliés de courage donnés par

femmes des îles de l’Archipel et de la Hongrie, îors de l’invasion turque, méritent attention. Dans les deux sièges de Rhodes et de Malte, les femmes secondèrent parfaitement le zèle des chevaliers ; non-seulement elles montrèrent le cou-

rage impétueux de l’attaque, mais le courage froid qui affronte la mort. A l’assaut de Lemnos, une jeune fille repoussa les Turcs, qui forçaient une porte, et les chassa jusque sur le rivage. Pendant le siège d’une ville de l’île de Chypre, les femmes coururent en foule sur la brèche, combattirent et chassèrent les assaillants. Ainsi, les descendantes des anciennes Grecques se montrèrent dignes de leurs ancêtres.

A la grande époque de 1793 et sous le Consulat, beaucoup de femmes, cachant leur sexe, s’enrôlèrent dans les armées de la République et se firent remarquer par leurs actions d’éclat. Plusieurs reçurent des armes d’honneur, et plus tard des décorations ; quelques-unes obtinrent des grades ; d’autres, ayant été blessées et leur sexe reconnu, furent renvoyées.

Une de ces femmes, nommée Catherine Figueur, dont la biographie a été publiée dans VÉcho français, a fait presque toutes les campagnes de la République, du Consulat et de l’Empire. Ses brillants états de services portent qu’elle était toujours la première au feu, qu’elle a sauvé la vie à plusieurs généraux, qu’elle a reçu six blessures, trois coups de sabre, deux coups de feu et un coup de lance ; de plus, ces mots p ro-

noncés par l’empereur Napoléon ; Mademoiselle Figueur est un brave.

Le nombre des femmes qui ont endossé la cuirasse, manié l’arc, l’épée, la lance, le fusil, est plus élevé qu’on ne le pense généralement ; nous nous bornerons aux citations précédentes, qui sont plus que suffisantes pour établir que le courage, le patriotisme, ne font point défaut aux femmes; que beaucoup d’entre elles ont déployé une intrépidité sans égale et se sont placées à côté des plus valeureux capitaines.

Mais, hâtons-nous de le dire, ce n’est point par la force physique, ni par un mâle courage que la femme établit son empire; c’est, au contraire, dans sa faiblesse et sa douceur, c’est dans son esprit, ses grâces et sa beauté que réside sa toutepuissance. La douceur est son talisman, la pudeur et la modestie composent sa couronne. Dieu la créa pour inspirer l’amour et calmer les sauvages fureurs de l'homme.

SECTION XL

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