‹ Physiologie descriptive des trente beautés de la femmeChapitre 16 sur 50 · SCIENCES. — PHILOSOPHIE. — POLITIQUE · texte numérisé non relu

SCIENCES. — PHILOSOPHIE. — POLITIQUE

L’esprit de la femme s’élève rarement, dit-on, aux sphères de la science pure ; cette étude exige un enchaînement d’observations, de faits, et une série de raisonnements trop longtemps soutenus pour que son organisation délicate n’en soit point fatiguée. Descartes et Malebranche n’étaient point de cette opinion ; ils prétendaient, au contraire, que, s’il y avait autant de femmes que d’hommes qui se livrassent, dès le bas âge, à l’étude des sciences, l’avantage resterait peut-être aux premières.

Le nombre des femmes qui, chez les anciens et les modernes, se sont fait un nom dans les sciences, est assez considérable pour confirmer l'opinion de Descartes et de Malebranche.

Aganice, de Thessalie, se livra à l’étude des astres, et, par ses observations astronomiques, étonna les plus savants astronomes de son siècle.

Hipparchie, femme du philosophe Cratès, composa plusieurs ouvrages de philosophie qui lui valurent la réputation de savante.

Léontium, maîtresse d’Épicure, enseignait et commentait la philosophie de son maître; elle étonnait ceux qui l’écoutaient, par la finesse de ses jugements et la facilité de son élocution.

Diotime fut célèbre par ses connaissances philosophiques. Socrate aimait à s’entretenir souvent avec elle.

Laïs, de Corinthe, réunissait chez elle les grands hommes de la Grèce, et discutait avec eux sur différentes questions de philosophie et d’économie sociale.

Arétie, fille d’Aristippe, éludia la philosophie sous son père ; elle ouvrit, à son tour, une école d’où sortirent plusieurs hommes remarquables, entre autres le philosophe Métrodidactus.

Aspasié, de Milet, fut également versée dans la littérature, la philosophie et la politique. On lui dut, en partie, les merveilles du siècle de Périclès.

Cléobuline, fille d’un des sages de la Grèce, possédait toutes les connaissances de son père.

Hypathie, fille du philosophe Théon, avait fait de si profondes études philosophiques et littéraires, que l'évêque Synésius fie craignait pas de la nommer sa maîtresse en philosophie.

Athénaïs, simple fille d’Athènes, porta si haut ses connaissances en physique et en morale, que Vempereur Théodose, saisi d’admiration, lui fit partager sa main et son trône, sous le nom d’Eudosie, qui signifie vraie gloire.

Théano, fille de Pythagore, philosophe etpoëte, mit en vers la philosophie de son père.

Laure de Bassi, femme extraordinaire par l’é-

tendue de ses connaissances et sa brillante élocution ; elle soutint publiquement des thèses de pby sique, de philosophie et de théologie. L’Université de Bologne, étonnée de sa vaste érudition, lui décerna, avec solennité, les honneurs du doctorat.

Maria Agnesi, très-savante en mathématiques, fut nommée professeur à la même Université.

Isabelle de Gordode possédait le grec, le latin, le syriaque et l’arabe; elle reçut aussi le titre de docteur.

Louise Sigea, de Tolède, très-versée dans la philosophie et la théologie, écrivit au pape Paul III une lettre en cinq langues : latin, grec, hébreu, arabe et syriaque.

Émilie de Breteuil, marquise du Châtelet, éclaircit Leibnitz, traduisit et commenta Newton, et composa, en outre, des institutions physiques où se révéla toute la profondeur de son esprit mathématique.

Dona Oliya de Nantes se rendit célèbre par Ja découverte d’un nouveau système philosophique et médical.

Dorothée Bucca, remarquable par sa vaste érudition, professa la philosophie à Bologne; ses concitoyens lui érigèrent une statue.

Agnès de Milan eut une grande renommée comme algébriste.

Piscopia Cornaro subit avec éclat les épreuves du doctorat en philosophie.

Laure Patin reçut également le grade de docteur en philosophie.

Maria Ardhingoli commenta la Statique de Haies ; le célèbre Boissier de Sauvages lui dédia sa Nosologie méthodique.

La comtesse Malateste publia un traité' de sphère armillaire, et un autre traité sur les infiniment petits de Newton. Ces deux ouvrages la firent placer par les savants de l’époque à côté de Descartes et de Filanghieri.

Jeanne de Montaigut étudia avec succès la physique, les mathématiques et l’histoire naturelle ; de plus, elle se livrait à la poésie, et fui

couronnée plusieurs fois aux Jeux floraux de Toulouse.

Catherine Cockburne, versée dans les sciences physiques et mathématiques * défendit trèsingénieusement les opinions de Locke.

Lady Fourni écrivit, eh chimiste habile, sur la combustion, et inventa de nouveaux procédés de teinture et de dorure.

Miss Priscilla Wackfield a rédigé un charmant petit ouvrage sur la botanique.

Plusieurs dames françaises, après avoir suivi assidûment les cours des professeurs du Muséum d’histoire naturelle, ont produit d’excellents ouvrages sur la botanique et l’horticulture.

Y ers le commencement de notre siècle, la célèbre accoucheuse, madame Boivin, passa ses examens à la Faculté de médecine de Paris, et soutint sa thèse d’une manière fort remarquable. Les examinateurs, en lui confiant le diplôme de docteur en médecine, lui décernèrent une médaille d’encouragement.

Lady Brigham a prouvé, dans son Traité élé-

mentaire d'astronomie, que la mécanique céleste n’était point inabordable à l’intelligence des femmes.

Madame de Staël, femme de génie, fit l’admiration des savants de son époque. Le théâtre, la littérature, la philosophie et la politique lui servirent alternativement à faire briller ses talents, et à prouver que l’aptitude de la femme est égale à celle de l’homme dans les sciences comme dans les arts.

Mary Wollstonecrag a élucubré un gros volume intitulé : Défense des droits des femmes, où elle prouve logiquement que la femme n’est inférieure à l’homme qu’à cause de la pauvre éducation et de l’instruction très-bornée qu’on lui donne. Elle démontre la tyrannie des législateurs qui relèguent toujours la femme au fond du gynécée, comme s’ils craignaient sa supériorité. Elle fournit la preuve que si les hommes recevaient une éducation analogue à celle des femmes, ils seraient de beaucoup inférieurs aux femmes. D’où elle conclut que la prééminence de l’homme sur la femme est un paradoxe, un affreux mensonge. Cet ouvrage fut dédié au prince de Talleyrand-Périgord, ancien évêque d’Autun.

Mistress Chapone et miss Macaulay ont produit des ouvrages sur l’éducation des femmes, où l’esprit d’observation, la finesse des aperçus et la philosophie brillent à chaque page. Cette dernière, surtout, était regardée en Angleterre comme réunissant les talents les plus distingués.

Madame Gati de Gamond a écrit un livre trèsphilosophique sur la condition des femmes au dix-neuvième siècle ; les éclaircissements qu’elle a donnés sur le système de Fourier, ont démontré que les questions sociales et politiques n’étaient pas au-dessus de l’esprit des femmes.

On pourrait prolonger la liste des noms féminins illustres dans les seiences physiques et morales ; c’est ce que nous nous proposons de faire un jour dans un travail plus étendu; pour le moment, il nous suffit d’avoir nettement démontré que les hautes facultés intellectuelles se rencontrent également dans les deux sexes.

SECTION XV

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