ORGANISATION PHYSIQUE
L’organisation physique de la femme, loin d’être inférieure à celle de l’homme, ainsi que l’ont prétendu certains philosophes qui n’étaient ni anatomistes, ni physiologistes, se trouve en tous points semblable, hormis les organes qui constituent la féminité ; mais elle lui est supérieure par le développement et la délicatesse du système nerveux. Le tableau des évolutions de la vie, dans l’un et l’autre sexe, en fournira la preuve.
Dans la première enfance, les deux sexes semblent se confondre : même faiblesse, mêmes besoins, même son de voix, même constitution;
l’homme et la femme entrent tous deux dans la vie d’un pas chancelant, et le nom d’enfant leur est ®ommun. A mesure qu’ils dépassent, l’un et l’autre, leur premier septénaire, des goûts différents se manifestent : lajeunefille, quoique aussi bruyante que le jeune garçon, est plus sédentaire, plus docile, plus caressante, plus affectueuse. Elle devine déjà que c’est par la douceur, par la modestie et les grâces qu’elle doit régner un jour. Le goût de la parure semble inné chez elle; son instinct pour tout ce qui est coquet et joli se montre de bonne heure; elle parle plus tôt et mieux que le petit garçon ; l’esprit et le jugement sont plus précoces ; sa gentillesse et la légèreté de ses mouvements contrastent avec la brusque pétulance du petit garçon. — Lorsque la jeune fille approche de son second septénaire, elle s’élance et croît comme une fleur aux chaudes émanations du printemps ; les formes empâtées de l’enfance se résolvent en lignes élégantes; les courbes se dessinent, les contours s’arrondissent, la puberté s’établit. A cette époque, la jeune fille oublie les jeux qui la charmaient naguère; elle devient pensive, rêveuse; souvent elle est en proie à d’indéfinissables inquiétudes et s’attriste aux signes de la puberté qui, jusque-là, lui étaient inconnus. Des rêves fatigants interrompent son sommeil, son cœur se remplit d’alarmes sa
peau devient le siège d’efflorescences passagères, elle pâlit et rougit tour à tour ; elle éprouve parfois des mouvements fébriles, des éblouissements, des vertiges ; tout concourt à la jeter dans un trouble inexprimable. Mais ces signes de la puberté se régularisent bientôt, et la jeune fille a franchi pour toujours les limites qui la séparaient de la femme. Alors, chaque jour ajoute à ses attraits; plus timide, plus réservée, un sentiment la possède tout entière, le sentiment de la pudeur. A ce sentiment, qui la retient sous ses lois, un autre succédera bientôt, celui de l’amour ! car la nature imposa aux femmes le but de la maternité, et celles qui veulent s’y soustraire se préparent, avec d’affreuses maladies, un avenir de tristesse et de douleurs.
L’âge de l’amour est l’âge de la vigueur physique et de l’énergie morale ; le cœur bat si vite et si fort, stimulé qu’il est par tant d’émotions, qu’il se briserait s’il n’était doué d’une vitalité puissante.
A cette phase de la vie où la nature appelle la femme à perpétuer sa race, un léger embonpoint comble les cavités, efface les saillies de sa charpente osseuse; les lignes et les contours s’arrondissent délicieusement; la peau, en conservant sa première fraîcheur, revêt une teinte plus chaude, ses yeux lancent des feux plus vifs, son sourire est plus éloquent, les mouvements de son corps mieux assu-
rës, plus gracieux ; c’est alors que la femme est dans tout l’éclat de ses charmes, dans toute la splendeur de sa beauté.
Nous ne nous arrêterons pas davantage sur les perfections de la forme féminine, cette question ayant été traitée, avec tous les développements et détails qu’elle comporte, dans notre ouvrage intitulé : Hygiène et perfectionnement de la beauté humaine , spécialement chez la femme ; nous y renvoyons le lecteur.
SECTION II