LE MARIAGE
Le mariage est le but vers lequel sont instinctivement poussés tous les êtres qui ont atteint le complément de leur organisation.; Nul ne peut se soustraire à cette grande loi de la nature, sans en être puni par une foule de maladies, d’affections physiques et morales qui rendent la vie amère et abrègent sa durée (1).
Si la perfection pouvait exister ici-bas, on la rencontrerait plutôt dans l’état de mariage que dans l’état opposé. En effet, le mariage suppose la famille, et la famille suppose les vertus nécessaires à l’éducation, à la direction des enfants vers le
(1) Avant de se vouer au célibat, on ne saurait trop engager les jeunes femmes à consulter un médecin. Nous pensons aussi qu’il leur serait très-utile de lire l’ouvrage intitulé s Philosophie Au Mariage.
bien. Ces vertus ne sauraient être pratiquées par le célibataire, qui végète seul.— La famille donne des citoyens à l'Etat, des bras à l’industrie ; elle renaît sans cesse et donne toujours. Le célibat, au contraire, isolé dans le cercle étroit de son égoïsme, ne produit rien, ne donne rien à la société, et meurt sans laisser le rejeton qui devrait le remplacer.
Chez tous les grands peuples de l’antiquité, le célibat fut flétri et le mariage honoré. La civilisation moderne, tout en respectant la liberté individuelle, encourage néanmoins les mariages et offre des primes à la fécondité. La nation aime à citer les familles qui lui ont fourni des grands hommes. —Le père s’enorgueillit des qualités de son fils, et la mère des vertus de sa fille. De quoi peut s’enorgueillir le célibataire? — Les enfants font la joie de leurs parents et soutiennent leur vieillesse. Les célibataires connaissent-ils ces joies, peuvent-ilsespérer un appui dans leurs vieux jours?—Enfin, le mariage est un des bonheurs de la vie ; le célibat n’en est que l’amertume.
Mariez-vous, mariez-vous, jeunes filles 1 le mariage est la plus sainte, la plus ancienne de toutes les institutions.
Mariez-vous 1 car la femme a hesoin d’un appui et l’homme d’une compagne, pour traverser plus courageusement les éoreuves de la vie.
Mariez-vous, pour agrandir le cercle de vos affections et développer vos sentiments.
Mariez-vous, car les joies du cœur sont plus pures lorsqu’elles sont partagées.
Mariez-vous, parce que dans les grandes infortunes qui empoisonnent l'existence, c’est au sein de la famille que vous retremperez votre courage, que vous puiserez de nouvelles forces et des consolations.
Mariez-vous! pour éviter les tristes et nombreuses maladies qu’engendrent le célibat, et dont voici seulement quelques-unes :
1 Hypochondrie.
2 Hystérie.
4 Catalepsie.
5 Mélancolie.
6 Dégoût de la vie.
7 Cauchemars.
8 Insomnie.
9 Rêves érotiques.
10 Épilepsie.
11 Manie.
12 Folie, etc., etc.
Le célibat exerce une si funeste influence sur les facultés intellectuelles de la femme, que le nombre des aliénations mentales, chez les vieilles filles, dépasse toute proportion. Ainsi, dans le rapport fait, en 1832, sur l’hospice de la Salpétrière, à Paris, on remarque ces chiffres :
Sur 1,726 femmes aliénées, 1,276 étaient filles. Devant cette désolante statistique, qui oserait se faire l’apologiste du célibat?
Oui, le mariage c’est l’amour qui rayonne et propage la vie; c’est l’heureuse expansion de toutes les facultés affectives ; le célibat, c’est l’égoïsme, la mort, c’est le néant 1...
Mariez-vous donc, jeunes filles, parce que la nature vous a organisées pour le mariage ; et sachez bien qu’on ne transgresse jamais impunément ses lois.
Dans le mariage, l’homme personnifie la force; .— la femme personnifie les grâces et l’amour.
L’homme est le soutien de la jeune famille ; la femme en est la fleur et le parfum.
L’homme travaille pour assurer l’existence de la famille ; — la femme l’élève, et, mère vigilante, l’entoure de son inépuisable sollicitude.
Ainsi donc, le mariage développe et fortifie l’amour de la progéniture; il met en jeu les forces physiques et morales; il fut toujours considéré comme la base des sociétés et la sauvegarde des bonnes mœurs.
Maintenant, observez les filles qui ont vieilli dans le célibat; analysez leur physique et leur moral, leurs qualités et.leurs défauts ; vous y rencontrerez toujours une lacune et serez forcé de donner la prééminence à la femme mariée.
La vieille fille est intolérante, acariâtre, toujours disposée à mordre, à déchirer autrui ; elle est mes-
quîne, égoïste dans ses actions, souvent impitoyable pour les erreurs des autres; envieuse d’un bonheur dont elle a été sevrée, ses journées s’écoulent Irislementau milieu des regrets. Ni les égards, ni les prévenances, ni les plaisirs de la vanité, ni les douceurs de la fortune, rien ne peut la consoler de son état de vieille fille; son caractère dénote un fond de sécheresse, de jalousie et d'aigreur qui est la preuve la plus convaincante contre le célibat et en faveur du mariage.
Vous le voyez, ô femmes! tous les privilèges sont pour le mariage, toutes les disgrâces pour le célibat. Après cette courte énumération des avantages de l’un, des hontes et des misères de l’autre, hésiteriez-vous encore à vous marier?
Et lorsque vous serez mariées, ô femmes ! vous aurez acquis de nouveaux droits à la considération, à l’estime; mais, vous aurez de nouveaux devoirs à remplir. Vos droits, c’est l’égalité de pouvoir dans la communauté ; vos devoirs, c’est d’aimer votre époux et de le rendre heureux ; c’est d'utiliser votre temps et vos facultés à la bonne direction du gouvernement domestique, à la prospérité de la maison ; c’est surtout l’obligation stricte d’élever vos enfants dans la pratique des vertus sociales, pour çn former des citoyens utiles et distingués. Voilà,
Mesdames, la noble tâche que vous avez à remplir, d’est en la remplissant dignement que vous serez aimées, honorées et respectées de tous.
Nous prions nos jeunes lectrices déliré, avec la plus grande attention, le chapitre suivant, spécia-lement rédigé pour assurer leur bonheur dans le