TEMPÉRAMENTS. - PHYSIONOMIES. — CARACTERES
Les anciens, meilleurs observateurs que les modernes, avaient fait une foule de curieuses observations, relatives à l’influence du tempérament sur le caractère. Les trois tempéraments, bilieux,sanguin, lymphatique, dont le mélange, à divers degrés, forme les idiosyncrasies ou tempéraments mixtes, avaient chacun leur physionomie propre.
Chez le sexe féminin, le tempérament bilieux était représenté par Junon, déesse irascible, impérieuse, jalouse, vindicative; et, selon les circonstances, pétrie d’orgueil ou imposante de majesté.
Hébé représentait le tempérament sanguin dans toute sa pureté ; le coloris de la santé animait son visage; jamais de nuage sur son front ou de tris-
tesse dans ses yeux ; toujours gaie, folâtre et le sourire sur les lèvres, elle versait aux dieux le nectar et la joie.
Le tempérament lymphatique, froid, tranquille, exempt de passions violentes, avait Minerve pour représentante. Cette déesse, toujours calme dans ses actions, réservée dans ses opinions, ses jugements, symbolisait la sagesse.
L’alliance du tempérament sanguin au lymphatique forme un tempérament mixte qui, à la délicatesse du coloris, unit l’élégance des formes : une peau blanche, un teint rosé, des membres potelés, des courbes ravissantes, des contours enchanteurs ! C’était le tempérament de Vénus, la déesse de la beauté ; c’est encore aujourd’hui le tempérament privilégié, réunissant toutes les richesses physiques de l’organisation féminine. — Les femmes de ce tempérament se font remarquer par leur douceur et leur modestie ; timides et tendres à la fois, elles sont exemptes de ces grandes passions qui laissent au cœur de profondes cicatrices ; elles suppléent, par leur désire de plaire et leur exquise tendresse, à leur défaut de vivacité.
Les deux plus beaux types de femme sont la brune et la blonde; il existe ensuite mille nuances intermédiaires, qui toutes ont leurs charmes, leurs attraits.
La Brune pétillé d’esprit et de vivacité; ses regards, ses gestes, tous ses mouvements sont rapides ; sa conversation est animée, fine, spirituelle, ses réparties sont heureuses et brillantes; mais souvent son imagination, sa pétulance l’emportent, et elle parle avant de réfléchir ; de telle sorte qu’il lui arrive ce qui arrive aux personnes légères, qui mettent trop de précipitation dans leurs jugements. La brune se passionne facilement et s’enthousiasme de même ; elle s’irrite et se désespère pour peu de chose. L’amour fait quelquefois d’affreux ravages dans son cœur, et bien souvent la haine remplace l’amour. La joie, les plaisirs, les chagrins, les douleurs, tout en elle est porté à l’extrême.
Douée d’un esprit moins brillant, mais d’un jugement plus sûr ; d’un cœur moins ardent, mais plus tendre, la Blonde possède au suprême degré tous les attraits de son sexe. Selon plusieurs physiologistes, la blonde est plus femme que la brune, parce que le tempérament lymphatique et ses nuances représentent mieux la féminité.
Ses qualités morales les plus saillantes sont un naturel paisible et bienveillant, une heureuse égalité de caractère, une grande douceur dans tous ses rapports, une bonté qui va quelquefois jusqu’à la faiblesse.
Ses qualités physiques sont en harmonie parfaite
avec ses qualités morales. La blancheur de la peau, le vif éclat du teint, des formes plus développées, des mouvements plus lents, distinguent la blonde. On admire une belle chevelure blonde autant qu’une chevelure noire; celle-ci donne plus de piquant aux traits du visage, celle-là plus de douceur. Si l’étincelle de l’amour jaillit des yeux de la brune, dans les yeux bleus de la blonde se réfléchit la sérénité de l’âme et la bonté du cœur. Le sourire de la brune séduit, celui de la blonde vous charme. La vivacité de l’une vous plaît, les poses langoureuses de l’autre ont un attrait irrésistible ; enfin, les goûts se partagent entre ces deux genres de beauté; la moitié des hommes est pour les brunes, l’autre moitié préfère les blondes.
La dispute au sujet de la prééminence de l’une de ces beautés sur l’autre restera à jamais interminable; parce qu’il faudrait, pour la terminer, unité de goût parmi les hommes, et cela est impossible. ■Celui-là préférera la blonde, et celui-ci la brune. Ce ne sont ni les yeux bleus, ni les yeux noirs qui embrasent les cœurs et troublent les têtes, ce sont ceux dont le langage nous est le plus sympathique. La beauté plaît, la physionomie subjugue. Par physionomie, nous entendons l’éloquence de l’expression, l’attrait qui séduit, le charme qui entraîne. Les deux portraits de la brune et de la
blonde se trouvant plus poétiquement tracés dans la seconde partie de cet ouvrage, nous y renvoyons le lecteur (1).
La nature fait les tempéraments, mais l’éducation les modifie, les réforme ; et, s’il est affligeant de dire que les défauts, les vices, dépendent du tempérament, il est consolant de savoir, par expérience, qu’une bonne éducation morale, débarrassée d’entraves superstitieuses, peut les combattre avantageusement, les vaincre et les effacer.
(1) Hygiène et Perfectionnement de la Beauté humaine pw A. Debay. Chez Dentu, libraire, Palais-Royal, 4 Paris.