chapitre XV
HYSIOGNOMONIB. - ART DE CONNAITRE l’hoMME
INTÉflliitR PAR l’hOMME EXTÉRIEUR J ÉTUDE DES PLUS UTILES AUX FEMMES.
Ainsi que chaque tempérament et chaque idiosyncrasie portent avec eux leurs avantages et leurs défauts, de même chaque physionomie offre, par des signes plus ou moins appréciables, les qualités physiques et morales de l’individu. La physiognomonie , ou art de connaître l’homme intérieur par l’homme extérieur, n’est pas aussi conjectural que beaucoup de gens le pensent ; si parfois cet art est sujet à erreur, il a, dans d’autres circonstances, une exactitude presque mathématique ; mais, pour arriver à bien le posséder, il exige un esprit d’observation soutenu, et de longues études pratiques faites sur une grande variété d’individus.
Nous pensons que l’art physiognomonique est
d’une haute utilité pour les femmes qui fréquentent le monde, et nous ne saurions trop les engager à se livrer à l’étude de cet art afin d’en acquérir les notions principales ; car la connaissance du caractère des hommes par leur physionomie, leur évitera des liaisons dangereuses et d’amères déceptions.
Toute personne possède involontairement l’expression physionomique de son caractère ; et, malgré les changements, les altérations que la maladie, la volonté ou l’hypocrisie peuvent y apporter, cette expression ne saurait complètement s’effacer ; il en reste toujours quelques traces pour le connaisseur.
L’initiation aux secrets physiognomoniques n’offre, en réalité, que des difficultés d’observation et d’application. Il faut donc s’appliquer d’abord à connaître les signes caractéristiques de chaque tempérament, de chaque physionomie, afin de ne point confondre l’air sombre avec l’air sérieux, l’air de l’indifférence avec celui de la douceur ; afin de discerner l’étourderie de la vivacité, la timidité de la gaucherie, etc., etc.
L’homme sombre est ordinairement faux, méchant ; l’homme sérieux est, au contraire, vrai, discret, on peut compter sur lui.
L’étourdi a rarement du caractère; sa con-
duite est inconsidérée, il peut vous compromettre.
L’homme vif a de l’esprit et de la sensibilité ; rindolent est doux, mais indifférent, etc.
L’homme d’un tempérament bilieux est concentré, patient, énergique; susceptible de grandes passions ; il est opiniâtre à poursuivre une idée, à atteindre un but.
L’homme d’un tempérament sanguin est léger, ouvert, galant, empressé auprès des femmes, mais indiscret, volage; il recherche la variété dans les affections et les plaisirs.
Le lymphatique est lent, paresseux, égoïste, avare, sans chaleur ni passion ; il vit dans l’indifférence, et si, parfois, un rayon d’amour vient réchauffer son cœur, il retombe bientôt dans son indifférence habituelle.
La physionomie indique très-distinctement certaines bonnes et mauvaises qualités, telles que la colère, la patience, la franchise, la fausseté, la modestie, la vanité, etc., etc. L’homme emporté est presque toujours franc, loyal, mais impérieux. L’homme faux se présente sous deux aspects : dans l’un, il est timide, il évite les regards, craignant d’être deviné ; sous l’autre aspect, il est hardi, ef»
fronté, il cherche dans les yeux d’autrui si aucun doute ne s’élève contre lui. Cependant, si on l’observe attentivement, on finit par reconnaître soit une effronterie, soit une indécision qui ne laissent aucun doute à son égard ; la fausseté de l’homme hypocrite est toujours accompagnée de ruses, de mensonges gazés, d’airs feints, d’expressions de commande, de flatteries insidieuses; avec un peu d’attention, ôn n’est jamais dupe de la fausse piété, ni de la fausse tolérance, pas plus que des fausses joies et des fausses douleurs ; la vérité a son cachet qu’on ne saurait contrefaire.