‹ Physiologie descriptive des trente beautés de la femmeChapitre 45 sur 50 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

SECTION PREMIÈRE

CONSEILS HYGIÉNIQUES RELATIFS A LA CONSERVATION DE LA SANTÉ ET DE LA BEAUTÉ.

T i santé est, sans contredit, le premier de tous lesbiens; ce n’est ordinairement qu’après l’avoir perdue qu’on en apprécie toute la valeur.

Si le soin de la santé n’était un instinct, il serait commandé par le devoir, parce que la mauvaise santé influe toujours sur l’esprit et le caractère. Or, pour conserver la santé, il est indispensable de pratiquer les préceptes de l’hygième physique. Ces préceptes se trouvent exposés avec détail et clarté dans l’utile collection intitulée : Encyclopédie hygiénique de la beauté, dont la liste se trouve

à la fin de cet ouvrage ; nous nous bornons ici à relever quelques-uns des préceptes les plus essentiels.

Vêtements. — Les femmes doivent proscrire les vêtements qui, par leur compression et leurs ligatures, s’opposent à la circulation du sang et au libre exercice des fonctions organiques. (Voyez, à ce sujet, Y Hygiène vestimentaire.)

Air atmosphérique. — L’air pur étant nécessaire à la santé, elles auront soin d’habiter des locaux suffisamment spacieux, et, en cas d’insuffisance, d’ouvrir souvent les croisées pour renouveler l’air.

Elles éviteront les variations brusques de température, de même que le trop chaud et le trop froid, parce que ces deux extrêmes nuisent à la fraîcheur de la peau et gâtent le teint.

Alimentation. —La nourriture doit être saine réglée, et en rapport avec les besoins de l’organk salion. Tous ces gâteaux, pâtisseries, sucreries, ces thés, ces punchs, etc., partie obligée d’une soirée, fatiguent le palais et l’estomac ; les femmes devront en user sobrement et se retirer de bonne

heure des soirées, bals, théâtres et autres lieux de réunion où l’air est épais, chaud, malsain; où le sang s’échauffe et la beauté se fane. Observez les femmes qui vivent la nuit et dorment le jour, et rous verrez à combien d’indispositions elles sont sujettes; combien sont fréquents les dérangements de leur santé. La plupart des constitutions étiolées, chlorotiques ; la paresse et la débilité de l’estomac ; les migraines, les névralgies et la triste cohorte des maladies vaporeuses, n’ont, bien souvent, pas d’autre cause. Yoici, en abrégé, les préceptes d’hygiène alimentaire :

Choisir des aliments de bonne qualité et d’une digestion facile.

Régler l’heure des repas et ne jamais manger lorsqu’on n’en sent pas le besoin.

Manger lentement et n’avaler les aliments qu’après leur complète mastication, afin de donner moins de travail à l'estomac.

Laisser entre chaque repas un intervalle de cinq à six heures, parce que l’estomac a besoin de repos, de même que tous les organes à fonctions intermittentes.

Entremêler toujours les viandes aux végétaux ; car, une nourriture exclusivement animale ou exclusivement végétale, n’est pas aussi favorable au

maintien de la santé que ces deux genres de nourriture combinés.

— Ne jamais manger avec excès ; un estomac trop chargé se fatigue et peut être affecté d’indigestion. Il est sage de quitter la table avec une légère appétence.

Rejeter les aliments faisandés, de haut goût ou fortement épicés; ces aliments altèrent la membrane muqueuse de l’estomac; ils finissent par rendre les digestions paresseuses, et, qui pis est, par développer une gastrite.

Éviter les repas plantureux ; une trop grande variété de mets est nuisible.

User modérément du vin et proscrire toute liqueur forte. Ne jamais boire lorsqu’on n’a point soif.

Prendre un léger exercice avant et après le repas : avant, pour aiguiser l’appétit ; après, pour favoriser la digestion ; nous disons un léger exercice, parce que tout exercice violent, immédiatement après le repas, est des plus nuisibles.

Enfin, les personnes qui ont l’habitude du souper doivent le faire très-léger et, au moins, deux heures avant de se coucher.

Sommeil. — Depuis le végétal jusqu’à l’homme

tous les êtres sont soumis à la loi du sommeil (1). Accordez donc au sommeil le temps nécessaire pour réparer les pertes faites pendant la veille. Le sommeil est d’autant plus réparateur qu’il csj plus calme, plus tranquille; s'il est agité, pénible, il ne répare nullement les pertes, et l’économie ne tarde pas à s’en ressentir.

Le temps que l’on doit consacrer au sommeil est indiqué par la nature elle-même. Ainsi, depuis l’heure où le soleil se lève jusqu’à celle où il se couche, c’est le temps de la veille ; les heures de la nuit sont le temps du sommeil. Dormir le jour et veiller la nuit n’est point la même chose pour la santé.

En général, la durée du sommeil est fixée à six ou sept heures, jamais au delà de huit ; cinq à six heures de sommeil pour les personnes âgées, six à sept heures pour les jeunes personnës. — Dormir huit heures, c’est accorder une heure à la paresse.

Pour obtenir un bon sommeil, on ne doit jamais se coucher avec l’estomac trop plein ; il faut que

(1) Dans un petit ouvrage intitulé: Les Paefums et les Fledbs, nous avons donné de fort curieux détails sur la sensibilité , le sommeil et le réveil des plantes. Le lecteur y trouvera, en outre, l’explication des mystérieux phénomènes des amours, du mariage et de la fécondation des fleurs.

la chambre soit spacieuse, exempte d’humidité et d’odeurs ; mais la condition essentielle, c’est lac livité physique pendant la journée et le calme de l’esprit en se couchant.

Exercices physiques. — L’exercice est indispensable aux dames des villes, surtout à celles qui, par leur position sociale, mènent une vie sédentaire. L’exercice, réparti à toutes les parties du corps, est, pour elles, d’un effet inappréciable, parce qu’il active les diverses fonctions du corps, favorise leur jeu et rend la santé plus florissante. Mais, il ne faut point perdre de vue que l’exercice doit être gradué et proportionné aux forces de la personne.

Les diverses promenades à pied, en voiture, à cheval, sur un terrain uni, conviennent parfaitement aux personnes qui ne peuvent prendre qu’un exercice modéré.

Les promenades, sur le flanc des collines, dans les montagnes, interrompues de temps à autre par une course lorsqu’on est arrivé à une pente rapide, sont très-favorables à la santé des personnes qui ne peuvent se livrer à des exercices plus actifs.

Enfin, pour les personnes dont la constitution

peut s’accommoder à une dépense de forces plus considérable, le saut, la course, la natation, l’équi» talion au trot, au galop, sont des exercices éminemment utiles.

On ne saurait trop recommander aux dames la natation et l’équitation; le premier de ces exercices possède l’immense avantage d’exercer les muscles des membres, de leur donner du ton et de la vigueur ; le second, communique aux divers organes de légères secousses ^es plus favorables à à la digestion et à la nutrition.

La danse, à l’exception de la valse et de ses analogues, peut être considérée comme une promenade, puisqu’aujourd’hui elle se résume en quelques pas en avant, enarrière, et dans quelques tours pour revenir en place. Cet exercice, qui sourit tant aux jeunes personnnes, devrait toujours avoir lieu en plein air ou dans des salles spacieuses et d’une aération facile. La valse est dangereuse à certaines organisations pléthoriques, parce que le mouvement giratoire étourdit et peut amener une congestion cérébrale.

L’utilité de la danse existe dans les mouvements quelle imprime aux divers organes de l’économie ;

l’art réside dans la bonne exécution des diverses figures, dans l’élégance des poses et la facilité des gestes et mouvements. Nous exigerions d’une danseuse delà souplesse, de l’aisance, des grâces et un peu de vivacité, ce qui n’est guère possible avec un corset baleiné et busqué.

Une recommandation essentielle et de la plus haute importance, pour la santé des danseuses, c’est de ne jamais prendre de boissons glacées lorsque la peau est en moiteur, et de ne point s’exposer aux courants d’air, parce qu’il pourrait en résulter les graves accidents de ce qu’on nomme sueurs rentrées.

SECTION II

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