CHAPITRE III
On a toujours exagéré les vertus et les défauts de la femme ; parmi les écrivains qui ont traité cette question, les uns ont voulu établir sa supériorité, les autres son infériorité relativement à l’homme ; cette exagération des deux côtés a laissé la question indécise. Nous pensons que la femme complète l’homme et que l’homme complète la femme ; nous croyons aussi que, pour le bonheur de l’un et de l’autre, il doit y avoir égalité entre eux ; car la supériorité, commandant le respect et l’obéissance, exclut l’amour ; l’infériorité, annonçant une valeur moindre, exclut pareillement l'amour. L’égalité qui existe entre les deux sexes doit être considérée comme le résultat des com-
pensations ; c’est à dire que, si l’homme est supérieur à la femme en telle circonstance, la femme lui sera supérieure en telle autre. Nous n’avons donc aucun avantage sur la femme dans une partie, qu’elle ne le regagne sur nous dans une autre. Chaque sexe a sa destination particulière qui dépend de son organisation physique, et ne peut être, en général, détournée de son but. Cependant, s’il est vrai qu’une plus grande somme de forces ait été dévolue à l’homme qu’à la femme, on sera forcé d’admettre qu’à mérite égal la femme est plus digne d’éloges que l’homme, et qu’elie lui est supérieure, par le fait qu’il lui a fallu surmonter plus d’obstae’ 's, et par conséquent faire plus d’efforts pour arriver à cette égalité. En effet, si cette femme guerrière a égalé les exploits de ce héros ; si cette poétesse est arrivée sur la même ligne que ce grand poète ; si cette femme artiste riv lise avec les artistes les plus renommés, etc., etc on ne saurait conclure autrement qu’à l’avam du sexe faible.
C’est donc pour démontrer la vérité de ce prin c que nous allons parcourir rapidement les ri* annales des femmes célèbres.
SECTION PREMIÈRÈ.I