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rien alors ne saurait les arrêter dans leurs ébats; la plus timide d’entre elles vous dit, par l’expansion de sa jolie figure : Ma foi, tant pis ;
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d’abord, j'étouffe ; et ensuite , je ris; c’est bien la moindre chose.
La triste mine du pipeur oppose un contraste superbe de noblesse et de résignation; mais sa tragédie à lui-même tourne bientôt au vaudeville, et le tout se termine en pot-pourri , à la fin duquel chacun se croit le droit légitime de chanter :
On s’en souvierdra, larira.
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| Une pipée peut se ||! faire fructueusement le |l'soir comme le matin ; let quand le temps couvert a protégé les :
gluaux, on peut profiter encore de sa tendue :
c'était la seule indemnité que le pipeur pou- | vait se promettre; 1l se la promettait, le mélancolique pipeur qui s'é-
tait vu forcé de rire quand il avait envie de pleurer ; il n'avait pas cru devoir cacher son projet, lorsque deux femmes de la société , d’un âge très-raisonnable et dont les traits avaient pris tout le temps nécessaire pour acquérir de la gravité, dirent tout bas dans l’oreille du chasseur :
— Ce sont des folles ; mais nous, vous savez bien que nous ne rirons pas ; à preuve que nous recevons dans nos salons des imbéciles qui ont des places, et des niais qui se croient beaucoup d'esprit, et que jamais il ne nous arrive de leur rire au nez.
L’argument parut acceptable.
— Nousvoudrions voir ça, disent les mamans:
le matin, c’est impossible; mais le soir, rien de mieux.
— Eh bien, partons. On part, et l’on arrive.
Le chasseur remarque avec plaisir que, naturellement voûtée, l’une d’elles pénètre facilement dans la cabane; l’autre la suit; il entre le troisième. Grave silence , et déjà le pipeur opérait, Vune de ses voisines annonçait lerecueillement le plus propice; l’autre s’agitait en silence, mais enfin $’agitait ; quand tout à coup frappant à coups
de poings sur l’un et sur l’autre, elle s’écria : J'étouffe ! touffe!... touffe!... j’étouffe!... dé... déla..…. délacez-moi. Le chasseur pressait du geste l’autre dame d’agir avec célérité; mais celle-ci ne bougeait pas. — Grand Dieu! s’écriat-il. Elle était évanouie : il s’empresse d'ouvrir ou de renverser la porte et les parois de [a cabane ; tout revient aussitôt, l’air et les femmes. Mais elles n’y reviendront pas, soit qu’on les consulte , soit que la question soit soumise au : chasseur, qui est un homme de conviction, et qui ne cessera de dire, la main sur la conscience : Toutes les femmes sont charmantes.
A quoi du reste, et il le sait bien, chacun pourra répondre : — A qui le dites-vous ?
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uisque j'ai juré de ne pas suivre le chasseur qui décrade son nom en descendant à la souricière, je Vais revenir au premier
du nom. | Il est sauvage et gaiment Misanthrope ; il aime assez le duo, il chasse avec un ami, MaIs quand il aime et De à à 0 apprécie considé-
MR Ar AGE L È 7 0 0%) rablementcetam.] Vous voyez que c’est très-rare. À Seul, il est avec la nature, et c’est un char-
mant tête-à-tête.
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Il aime assez que son vêtement soit gris et large comme un sac.
Quand il tire , il tue ; et il ne tuerait pas si un autre lui faisait prendre à gauche, quand il faut prendre à droite : il ne tuerait pas toujours, s’il fallait tirer dans la fumée d’un autre. Il aime assez à ne jamais savoir l'heure qu'il est, il y verra quand on n’y verra plus.
Seul, il ne dit rien ; et lorsqu'on ne dit rien on a quatre-vingts fois plus d'idées que quand on parle, en dépit de tout ce qu'on prétend et prétendra soutenir de bouche ou par écrit.
Ce qu’on appelle la liberté, c’est la solitude.
Quand on est deux, l’un est esclâve par inspiration ou par concession : toutes les sociétés sont des concessions à temps ou à perpétuité.
Si vous allez voir votre maîtresse, vous vientil dans l’idée d'emmener quelqu'un avec vous? Je ne le suppose pas. Eh bien, l’amant de la chasse, l'homme vraiment passionné pour elle , n’éprouve pas, oh! j'en conviens, l'éloignement que je vous suppose pour ma proposition, mais il ressent une portioncule du monopole que vous ambitionnez. Dieu nous garde d’un siècle où tout le monde mangerait à la gamelle : sans
le secret, sans le mystère, sans les verrous et les rideaux, il ne saurait y avoir de volupté possible. Les seuls bonheurs omnibus sont la pluie et le: beau temps : la jalousie , sœur de la nature j n’en permet pas davantage.
Un monsieur qui chasse pour sa santé.
|, trouve un original avec deux ou trois Copies dans chaque département;il pourrait remplacer le garde - champêtre dans son inspection quotidienne ; il sait tout ce qui se passe, il reconnaît au pas lesgens qui viennent de passer , il recon-
rs ci monsieur - là se
“22 naît à l'aspect des
LA 4 D CNRS CR Re 2e pigeons le nom de leur propriétaire; c’est un luron qui parle comme le baromètre et qui sait toujours l’heure qu'il est; il ne manque pas de jarret, mais 1l
manquerat de poudre si quelqu'un voulait er emprunter ; il met très-peu de plomb dans son fusil sur lequel on lit de loin : Fer de faux, ov Canon tordu. I va rarement à la chasse, mai:
toujours en promenade avec son fusil, il rap: porte des poires d'Angleterre ou un perdrea blessé qu'il à poursuivi en cassant sa jarretière: Quelquefois il tue une alouette par terre, i a serré la gachette en détournant la tête.
Du sentiment de la chasse.
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de la chasse aussi fortement immaculé que l'instinct de leur conservation, car ils ne peuvent se conserver sans
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manger, et ils ne peuvent manger qu'en Chas-
sant. Depuis l’araignée qui chasse aux mouches, jusqu’au renard qui chasse à la poule; depuis Le loup qui chasse au mouton, jusqu'au tigre et au
lion qui les mangent tous, cette vérité se dé: duit et s'étend.
Le brochet chasse aux carpes : tous les pois sons chassent dans le liquide élément.
Tous les oiseaux chassent dans les airs, n’est pas jusqu’au roitelel qui ne becquette de moucherons.
Puisque l’homme commande aux animaux jugez pour s’en rendre maître, de quelle ardeu de chasse il est animé par la nature.
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De la reconnaissance due aux chasseurs.
RTS SR A A ee esfemmes n’ont 1 To am point d’aver- > SION très - pro- L noncée pour les chasseurs , — parce qu’en général les chasseurs ont l’âme assez bien attachée, et les femmes sont tout âme. Mais en invoquant cette heureuse prédisposition , je crois vraiment qu’à défaut de penchant elles leur doivent de la reconnaissance.
Excepté l’oie et le mouton, qui veulent bien: sans trop de difficulté se laisser tondre dans un: gouvernement constitutionnel, il ne faut pas: croire qu’on puisse aisément apprivoiser les au-tres. Pensez-vous que sans les chasseurs vous: posséderiez ces beaux manchons, ces superbes: fourrures d’hermine, de martre, ces plumes:
aériennes dont la blancheur réagit sur un teintt rose ? Que de riches pelleteries sont les con-quêtes du chasseur !
Vous, messieurs les bourgeois, sans les cas-. tors et les jolis petits lapins qui sont dus à la
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chasse, vous manqueriez peut-être de chapeaux. Et vous, gourmands, gourmets, gastronomes, à qui devez-vous vos renaissantes voluptés?
Vous, messieurs les grenadiers de France, qu'un bonnet d'ours coiffe si noblement, bénissez le chasseur qui vient vous dire : Prenez mon ours.
Quand messieurs les artustes nous diraient merci, sans doute ils seraient polis ; mais ils ne seraient que justes, car c’est aux chasseurs qu'ils doivent en partie leurs pinceaux.
Les naturalistes ne posséderaient pas de collections bien complètes, s'ils étaient tenus de
tuer eux-mêmes les individus qu'ils se chargen: de ressusciter.
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La pêche.
cette chasse plus de morues, plus
de thons, plus de
bateines.
La chasse, sous ce nom, alimente le commerce, l’industrie, l’art culinaire, et la co-
quetterie qui règne sur le monde.
La chasse est la mère-nourrice du genre humaiñ, qui tète toujours.
Les chasseurs sür la terre et sur l’eau som des bienfaiteurs de l'humanité ; et comme con: sommateurs, ils sont prépondérants dans le balance sociale.
Que de fer, que de platine, que d’or, que d’argent ils gagnent, ils perdent, ils remuent dans les: échanges des comptoirs au profit des masses !! que de vêtements, que de chaussures ils paient! aux boutiquiers ; que de droits ils acquittent ,. sans Compter le port d'armes! que de voitures: ils font rouler, que de vaisseaux ils font courir,
que de salpêtre, que de nitre, que de carbone ils emploient ! que d’arbres, que de chanvre, que de goudron, que d’armes, que de machines ils utilisent! Pourquoi ne salue-t-on point un chasseur quand il passe? pourquoi ne lui portet-on pas les armes? Mais cette question est inutile , à cause de cette récente anecdote.
Un monsieur nul et décoré demandait avec une affabilité vive à un homme utile : « Comment et pourquoi donc n’avez-vous pas la croix ? — Parce que vous l'avez. »
Le chasseur est menteur! Tel est le propos généralement et proverbialement accueilli. Il y a du vrai dans ce jugement, ne fût-ce que par ce motif: Omnia sunt in omnibus.
Mais je veux accepter ce reproche au nom de mes collègues, et l’accepter dans toute l’étendue , dans toute la rigueur du mot. Vous affirmez que tout chasseur est menteur; vous l’accusez par une affirmation. Je le défends par une interrogation.
Qui est-ce qui ne ment pas? Il n’y à qu’une personne peut-être; et encore, voyez, je dis peut-être; c’est la personne inviolable. Pourquoi? parce que c’est juste. Mais ensuite. .…
ÿst-ce un ministre, qui ne ment pas? Est-ce
un orateur ? Serait-ce un médecin ? C’est dona un voyageur; Car ce n’est pas un maquignon.
Il se peut que ce soit le général qui commande l'Algérie : je n’en sais rien. Les journalistes mentent bien quelquefois. L’astronome a beau jeu, plus beau jeu encore que le couvreur. Les savants ne se gênent pas; les élégants, les fa shionables, les fats, les gants-jaunes, mentent plus souvent que les autres, puisqu'ils disent à chaque instant ma parole d'honneur :
puisqu'ils disent mon cher ‘ aux gens qu’ils n’ont jamais vus. Voyons donc, cherchons qui est-ce qui ne ment pas. Ah! je l'ai trouvé. Oui, c'est le Daguerréotype; mais, mon Dieu, non,
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puisqu'il nous rend noir comme la bouteille à l'encre un objet couleur de rose. Tout le monde ment. J’en conclus que l’homme qui se permet de dire que le chasseur est un menteur, ressemble, comme se ressemblent deux gouttes d’eau, à cet industriel, à ce voleur, qui, pour détourner l'attention et pour empêcher qu'on ne prit garde à lui, espérait se sauver en criant lui-même « au voleur! »
Rentrons dans les mœurs du chasseur, qui n’est pas un menteur quand il ment, puisque tout est comparatif en ce monde, et que, cette vérité bien posée, quand il ment comme un gueux, il est encore au niveau de ses honorables contemporains les architectes, les agents de change. Ici je m'aperçois que je commets une erreur ; il est de mon devoir de la relever : de bonne foi, il y a disparate : le chasseur ment quand il dit qu'il a tué; l'architecte. le médecin et l'agent de change mentent quand ils disent qu'ils ne vous ont pas fait de mal; la vérité est que souvent le premier n’a pas tué et que les trois autres ont tué, aucun d'eux ne veut avouer le fait : voilà la nature de l'homme. Eh bien ! je veux que le chasseur ait menti, mais il se réhabilite, mais il efface sa faute,
mais 1] reprend sa revanche, mais il a la chance: de recouvrer votre estime et votre confiance et les trois autres ne le peuvent jamais. Pour “quoi donc ? parce que la prérogative du chas: seur est de pouvoir manquer deux fois la même pièce, mais le sort qui a pitié de nous ne permet pas que les autres concurrents puissen:
tuer deux fois la même bête ; pauvre bête ! c'es: “bien assez d’une fois : il ne faut pas en remercier ces opérateurs, ce n’est pas la bonne volonté qui leur manque, mais à l'impossible nul n’es: tenu.
Les âges, les passions.
es passions et les | âges ne vivent pas \L À toujours bien ensem- Z£ ble; les amoureux de = soixante ans ne veulent jamais accepter le secours de personne, et cependant ils en . ire ont besoin. C’est beau,
c’est grand, c’est courageux de leur part; mais le Cid, qui n’était pas non plus un lâche, le Cid a dit : — O vieillesse ennemie ! un vieillard qui boit de jolis vins se croit d’une jolie force,
et souvent, très-souvent même il se colore
jusqu’à l’apoplexie qui tire un peu sur le cramoisi. |
La chasse dans la vieillesse est tutélaire ; elle vous donne de l’air, de l’exercice ; elle corrige par la fatigue les contresens qu’une constitution robuste pourrait commettre en s’adonnant à des joies périlleuses. La chasse vous dit : — Au lieu de faire quinze lieues, comme autrefois, fais-en deux ; et vous en faites deux.
L'amour ne peut pas, sans rire, vous tenir le même langage ; il viendrait vous dire : — Ne faites qu'un pas — que la concession serait dérisoire, Si Vous ne pouvez pas en faire la moitié d’un.
Mais je veux qu’il ne vous demande que le possible , et que vous lui obéissiez en conscience. Vous voilà fatigué, triste peut-être ; et quand vous aurez fait vos deux lieues à la chasse, vous serez dispos, vous serez gai : n’apprécierez-vous donc pas un désir qui ne s'éteint pas et qui vous permet toujours une jouissance modérée ? Ne vous rendrez-vous pas compte du privilége des champs où tout se fane pour refleurir , où tout se meurt pour renaître ? et n’avez-vous pas besoin de cette annuelle résurrection ? Sans doute, elle n’est pas entièrement
permise à vos éléments, mais vous prenez un atome de ce talisman à la nature qui vous l'offre, et votre empressement à l’accepter d'elle me semble plus rationnel que votre obstination à solliciter l'amour qui vous refuse.
Si tel n’est point votre goût, tel est votre
intérêt.
Considérations philosophiques sur la chasse