‹ Physiologie du coiffeurChapitre 21 sur 34 · LES BUREAUX · texte numérisé non relu

LES BUREAUX

L* agent dramatique des coitFeurs est celui qui tient leurs bureaux de placement.

Il y en a deux : Beaumont et Durand. — Tous deux demeurent sur le quai des Orfèvres, sous Toeil de la préfecture de police et en face de la Vallée, où les pauvres ouvriers peuvent voir les volailles qu'ils ne plumeront pas.

Ces bureaux sont ouverts de neuf heures du matin à cinq heures du soir, suivant la saison.

Avant toute chose, je commence par déclarer que ce monopole de placement ne sert ni à l'ouvrier, qu'il ruine, ni au patron, qui n'en profite pas.

L'ouvrier placé par un bureau lui donne une remise sur ses émoluments futurs^ Cette remise est variable suivant l'importance de la place. Si l'ouvrier ne la paye pas , le patron chêt qui il est placé en devient responsable.

Or, plus l'ouvrier change de place, plus le bureau reçoit d'honoraires.

Admettons, par exemple, qu'un ouvrier donne 8 francs au biu^eau pour avoir une place de 30 francs par mois. Le bureau l'ayant placé dans une maison qui, par les exigences de sa clientèle, pe pourra le gar-

der, le replacera dans une autre maison semblable huit jours après et touchera encore 5 francs. — Si bien que, pai' le fait, les ouvriers se trouvent souvent exploités el les patrons aussi.

Mais, direz-vous, pourquoi les patrons ne font-ils pas cesser un tel état de choses ?

Ah! oui, pourquoi? — Parce que, s'ils se ï;évoltaient, quand ils auraient besoin d'ouvriers et d'aides, le bureau leur enverrait des incapacités encore plus grandes ou leur répondrait qu'il n a personne à leur envoyer.

Les aides, — ces malheureux dont je vous parlerai tout à l'heure, — sur une journée de ti francs donnent un franc au bureau. Ceux qui ne donnent que 50 centimes ne sont pas sûrs d'avoir toujours de l'ouvrage ; le buraliste leur fait manger du pavé^ suivant l'expression pittoresque de la profession.

En ce moment, d'autres bureaux se montent, qui, je Tespferç, feront uji© concurrence utile et détruiront ce monopole.

Je viens d'indiquer, ses procédés direct.»

pour gagner de l'argent ; voici maintenant * les procédés' indirects.

U Annuaire ^i\e Cours de coiffure,

\J Annuaire-BeaumQnt est Talmanach des coiffeurs. Moyennant une redevance de 20 fr.

par an, on a droit de se voir imprimé tout vif dans ce catalogue capillaire.

Le Cours de coiffure est ainsi coté :

(Entrée libre pour les dames.) — Pour tous les mardis, 1 fr. — Pour tous les lundis et vendredis, les patrons, 1 fr. ; les employés, 50 cent. — Par abonnement pour toute la durée des classes, S fr.

Vous voyez que c'est aèsez gpntil pour des rentiers à 2S fr. par «in !

Les classes sont divisées en trois degrés, savoir :

Troisième classe. — Études élémentaires de la coiffure.

Deuxième classe. — Coiffures de genre en cheveux, sans ornement.

Première classe. — Coiffures d'innovations et ornées.

J'extrais maintenant quelques articles du prospectus :

« A la fin des classes, aura lieu un grand concours entre tous les élèves de T école; des médailles et des diplômes seront décernés aux élèves qui auront fait preuve de capacité. Ces litres seront accordés par suite de la délibération et du vote des membres du jury, composé des coiffeurs de Paris les plus éminents. Aucun des professeurs de l'école ne pourra faire partie du jury.

» Pour encourager les élèves de l'école, nous annonçons b part les prix que nous décernions les années précédentes. Ils se composaient de médailles d'or, de médailles d'argent, de médailles de bronze, de diplômes, etc.

» Nous ajouterons cette année un prix d'honneur, qui sera offert par le jury et le bureau général de placement, et à la suite du concours qui aura lieu dans la grande soirée de coiffure et de distribution de prix dans le mois de décembre prochain.

» Le prix sera dénommé GRAND PRIX

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