‹ Physiologie du débardeurChapitre 4 sur 20 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

L’Entrée au Bal.

Où ira ce brelan de débardeurs?., à quel bal donnera-t-il la préférence?.. Tous les bals publics 11e sont-ils pas les memes, à quelques détails de mise en scène près?

L’Opéra s’étaii jadis réservé le privilège d’être la plus triste réunion carnavalesque de la capitale, il s’y faisait moins de bruit que dans les salles d’étude des sourds-muets.

Le chef d’orchestre aurait pu réclamer le titre de maître de chapelle... A cette époque, Musard n’était pas encore inventé. C’était un cloître où l’on n’entrait que sous le froc du domino, et l’on n’y parlait pas plus haut qu’à la Chartreuse. Tout cela est changé , l’Opéra est aujourd’hui à la bacchante : c’est sa nue-propriété; et si elle ne porte pas encore au foyer, champ d’asile de l’intrigue classique , les hardiesses de sa danse échevelée, c’est qu’il faut réserver quelque chose à faire au progrès au risque de faire passer notre siècle marcheur pour une époque stationnaire.

L’avocat qui a dit à la septième chambre correctionnelle : Avant cent ans l’étude du cancan entrera dans l’éducation des sergents de ville et du garde municipal, comprenait parfaitement la marche des choses.

Ce qui distingue les bals publics, ce sont des nuances presque insaisissables. Partout le débardeur règne, il se fait le même partout, il a les mêmes allures, c’est le même type, à

l’organe près. Seulement, à l’Opéra, ses rubans sont plus frais, sa perruque plus touffue,

Son velours est plus beau.

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